Le plafond de la dette américaine, au coeur de toutes les tensions

Publié le 01/02/2023 à 13:35

Le plafond de la dette américaine, au coeur de toutes les tensions

Publié le 01/02/2023 à 13:35

Par AFP

(Photo: 123RF)

Washington — Le plafond de la dette américaine sera au cœur des échanges entre le président Joe Biden et le patron des républicains à la Chambre des représentants Kevin McCarthy mercredi.

Derrière une procédure technique, un risque de cataclysme financier mondial cet été.

 

Qu’est-ce que ce «plafond de la dette» ?

Il s’agit du niveau maximal fixé par le Congrès en matière d’emprunt par le gouvernement américain. Il est actuellement fixé à 31 281 milliards de dollars, à l’issue de négociations déjà compliquées en octobre 2021 entre démocrates, qui disposaient alors d’une courte majorité dans les deux chambres, et républicains. Elles s’étaient conclues in extremis avant une précédente échéance cruciale.

Les prêts concernés sont autant ceux à long terme, dont les obligations émises par le Trésor, que les prêts à court terme, qui sont souvent utilisés par les États pour disposer de fonds de roulement. Et ils permettent de régler l’ensemble des factures du gouvernement, par exemple les pensions des anciens combattants, les aides sociales ou le remboursement des échéances précédentes arrivées à terme.

 

Pourquoi y a-t-il un risque de blocage ?

Si le plafond a déjà été relevé à 79 reprises depuis 1960, le sujet devient parfois un point de tension entre les deux grands partis politiques.

En 2021 déjà, les négociations avaient duré plusieurs mois après un courrier de mise en garde adressé par la ministre de l’Économie Janet Yellen. En 2011, le risque avait été tel que l’agence de notation S&P avait abaissé la note des États-Unis, provoquant de fortes secousses sur les marchés.

Mais, cette fois, le sujet arrive au Congrès au moment où la Chambre des représentants vient de basculer du côté républicain.

Pour eux, les discussions sur ce plafond sont l’occasion de forcer la main aux démocrates afin de les obliger à revenir sur les grands plans de financement votés durant la première moitié du mandat de Joe Biden.

Le «speaker» de la Chambre, Kevin McCarthy, dit vouloir limiter à tout prix les «dépenses hors de contrôle» de l’État fédéral, sans pour autant indiquer où il s’attend à ce que des économies soient faites.

À la Maison-Blanche, on assure que «le relèvement du plafond de la dette n’est pas négociable».

 

Atteindre le plafond signifie-t-il défaut américain ?

Pas dans l’immédiat, mais si la situation devait perdurer, cela pourrait se produire.

Dans un premier temps, cela oblige surtout le gouvernement à réduire ses dépenses. Il doit en effet privilégier le remboursement de ses obligations sur toute autre dépense afin d’éviter le défaut.

Les premières mesures, déclenchées le 19 janvier, concernent le financement de plusieurs fonds de pension de salariés de services publics et consistent dans l’immédiat à de simples transferts de crédits entre différentes lignes de dépense. Le Trésor suspend par ailleurs, jusqu’au 5 juin, toute nouvelle émission de dette.

Si la situation perdure, le Trésor devra aller plus loin, avec une baisse effective d’un certain nombre de dépenses, en théorie de l’ordre du déficit autorisé par le Congrès pour cette année, afin d’équilibrer son budget.

Cela pourrait notamment entraîner des retards dans le versement des retraites, dans les paiements de sécurité sociale ou les salaires des militaires ou la fermeture de services — le célèbre «shutdown» — . Avec un impact certain sur l’économie américaine et qui ne cesserait de grandir, à mesure que l’État devrait couper dans ses dépenses.

Mais surtout, faute d’accord, les États-Unis pourraient se retrouver en défaut, c’est-à-dire ne pas être en mesure de rembourser à la date prévue des échéances liées à sa dette, ce qui constituerait une première dans l’histoire du pays.

 

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