Le déficit commercial américain repart à la hausse en mai

Publié le 03/07/2019 à 11:12

Le déficit commercial américain repart à la hausse en mai

Publié le 03/07/2019 à 11:12

Par AFP
Un billet américain sur une carte des États-Unis

(Photo: 123RF)

Le déficit commercial des États-Unis a fortement rebondi en mai sous l’effet d’importations record dans le secteur automobile et d’un déficit record avec le Mexique, contrariant les ambitions de Donald Trump.

Le président américain a fait de la réduction de ce déficit une priorité de son mandat. Mais alors qu’il s’est lancé dans une nouvelle campagne électorale, les chiffres de mai minent une nouvelle fois ses objectifs. 

Le solde des échanges des biens et services s’est en effet établi à -55,5 milliards de dollars, soit une hausse de 8,4 % par rapport au mois précédent. 

En mai, les exportations ont certes augmenté (+2 % à 210,6 milliards), mais à un rythme moins rapide que celui des importations (+3,3 % à 266,2 milliards).

Pour le seul déficit des biens avec le Mexique, lié aux États-Unis et au Canada par un accord de libre-échange, la progression est de 14 %, à 9,068 milliards, en mai comparé à avril, un record depuis 2009.

Ces données sont publiées alors que le traité ALÉNA a été renégocié. Sa nouvelle mouture, baptisée Accord États-Unis Mexique Canada (AEUMC) a reçu l’aval politique à Mexico le 19 juin, mais il est toujours en cours de ratification aux États-Unis et Canada.

Depuis le début de l’année, le déficit des biens avec le Mexique s’est même creusé davantage (+35 % à 40,4 milliards).

Même tendance avec le Canada, dont le déficit des biens a plus que doublé en mai, à 3,65 milliards, et a bondi de 23 % pour la période janvier-mai.

Avec la Chine, autre grand partenaire contre lequel l’administration Trump a lancé une offensive commerciale, le déficit des biens a augmenté en mai de 2,29 %, à 30,08 milliards.

Répit avec la Chine

Mais, fait marquant, au cours des cinq premiers mois de l’année, il a diminué de 10,45 %, probablement sous l’effet de la guerre des tarifs douaniers.

Washington a en effet imposé des taxes douanières supplémentaires de 25 % sur l’équivalent de 250 milliards d’importations de marchandises chinoises. 

Donald Trump et ses ministres, qui menacent d’infliger des tarifs douaniers punitifs sur la totalité des importations de biens chinois, affirment que les importateurs américains ont commencé à se fournir auprès d’autres pays.

Pour l’heure, Pékin et Washington ne sont pas parvenus à enterrer la hache de guerre tant les divergences de vues sont grandes.

En marge du récent sommet du G20 à Osaka au Japon, une rencontre entre le président américain et son homologue chinois Xi Jinping a toutefois permis de faire une trêve.

Les deux dirigeants ont en effet annoncé la reprise des négociations commerciales après un brutal coup d’arrêt donné par les Américains début mai, au moment même où un accord commercial semblait à portée de main.

M. Trump avait mis fin sine die aux discussions, accusant les Chinois de vouloir revenir sur des engagements pris au cours des négociations intenses depuis le mois de janvier. 

Il avait dans la foulée appliqué une hausse des tarifs douaniers.

Ces droits de douane additionnels restent en place. "Ils sont notre garantie que les négociations restent sur les rails", a insisté mardi Peter Navarro, conseiller pour le commerce de la Maison Blanche et considéré comme le principal artisan de l’offensive commerciale déclenchée contre Pékin.

L’administration Trump accuse les Chinois de tous les maux: vol de la propriété industrielle, désindustrialisation aux États-Unis, transfert forcé de technologie. Redoutant de perdre son hégémonie dans le domaine des hautes technologies, Washington exige de Pékin un changement de fond de ses pratiques commerciales.

Dans les données du commerce publiées jeudi, celles concernant l’Union européenne risquent de contrarier l’administration américaine.

Le déficit des biens a bondi de 12 %, à 16,9 milliards. Depuis janvier, il est aussi en nette progression (+7,33 %).

Washington souhaite obtenir une plus grande ouverture des marchés européens. Il menace d’imposer des tarifs douaniers supplémentaires dans le secteur automobile s’il n’obtenait pas satisfaction.

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