L'Action de grâce fait baisser les demandes de chômage aux É-U

Publié le 03/12/2020 à 09:37

L'Action de grâce fait baisser les demandes de chômage aux É-U

Publié le 03/12/2020 à 09:37

Par AFP
Une personne se tient la tête dans une salle

Cette célébration a mis fin au moins provisoirement à la hausse enregistrée les semaines précédentes. (Photo: 123RF)

La célébration de l’Action de grâce a mis un coup d’arrêt à la hausse des inscriptions au chômage aux Etats-Unis mais l’emploi reste à la peine et l’avenir de millions d’Américains demeure suspendu au vote d’un nouveau plan d’aide à l’économie.

Entre le 22 et 28 novembre, 712 000 personnes se sont inscrites au chômage, soit 75 000 de moins que la semaine précédente, a annoncé jeudi le département du Travail.

Pour Ian Shepherdson, chef économiste chez Pantheon Macroeconomics, la baisse enregistrée la semaine dernière est due à l’effet de l’Action de grâce, car les gens sont généralement moins enclins à entreprendre des démarches administratives pendant les périodes de fête.

« Attendez-vous à un rebond la semaine prochaine », a-t-il ainsi prévenu.

Toutefois, lors de la semaine précédant celle de l’Action de grâce, le nombre d’Américains ayant touché le chômage est tombé sous la barre des 6 millions (5,52 millions, soit une baisse de 569 000), précise le département du travail qui publie cette donnée avec une semaine de décalage.

Une petite embellie en somme dans une reprise du marché de l’emploi au ralenti en raison de la résurgence de la pandémie de COVID-19 dans le pays, qui a conduit à de nouvelles restrictions de l’activité.

Le taux de chômage et les créations d’emplois enregistrés au mois de novembre seront publiés vendredi. Un consensus d’analystes table sur un taux inchangé à 6,9 % par rapport à octobre et des créations un peu plus nombreuses (650 000). 

Ces données sont particulièrement attendues et seront scrutées à la loupe alors que le président élu Joe Biden presse le Congrès de voter sans délai un nouveau paquet de mesures pour assister les plus vulnérables, dont les aides vont expirer au lendemain de Noël.

Les économistes de toutes parts exhortent également à agir vite.

La future secrétaire au Trésor, Janet Yellen, a déclaré mardi que cette crise était une « tragédie américaine », soulignant que de nombreux Américains se battaient au quotidien pour mettre de la nourriture sur leur table ou payer leur loyer.

Mercredi, les principaux dirigeants démocrates du Congrès ont annoncé qu’ils donnaient leur appui à un nouveau projet de soutien à l’économie de 908 milliards de dollars, dévoilé la veille par des parlementaires des deux partis.

Nancy Pelosi, la responsable de la majorité démocrate à la Chambre des représentants et Chuck Schumer, le leader démocrate au Sénat à majorité républicaine, ont publiquement annoncé que la nouvelle proposition « devait être utilisée comme base » de négociation.

C’est un grand pas en avant alors que ces responsables s’étaient montrés jusqu’alors inflexibles sur le montant.

Ils réclamaient en effet un programme d’aide avoisinant le gigantesque plan adopté en urgence fin mars de plus de 2 200 milliards

 

Lueur avant les fêtes ?

Les démocrates font ainsi monter la pression sur le président sortant Donald Trump et les républicains du Sénat pour accepter un compromis au moment où la reprise économique est freinée par la pandémie.

Le dirigeant de la majorité républicaine au Sénat, Mitch McConnell, a néanmoins enjoint les élus jeudi à soutenir sa propre proposition qui s’élèverait, selon une source parlementaire à l’AFP, à 500 milliards de dollars.

« Un compromis est à portée de main », a-t-il lancé dans l’hémicycle, ajoutant que son offre était « sérieuse » et comportait des mesures que le président sortant Donald Trump était prêt à signer avant le 20 janvier.

Interrogé par la suite par des journalistes, Donald Trump a assuré qu’il soutiendrait un plan d’aide sans toutefois préciser s’il était favorable au plan McConnell ou à la proposition bipartisane de 908 milliards de dollars.

« Je pense qu’on est très proches d’un accord », a déclaré le locataire de la Maison Blanche. « Je le soutiendrai », a-t-il ajouté.

Sans aval des républicains et de l’administration Trump, le nouveau projet de relance de l’économie n’a aucune chance d’être adopté avant les fêtes.

Ce serait pourtant un signal de la future administration Biden aux millions d’Américains sans emploi qui s’enfoncent dans la pauvreté.

Mardi, en présentant son équipe économique, il a promis d’aider tous les Américains à surmonter la crise.

Dans un entretien au New York Times, M. Biden a également promis que son équipe allait se « démener comme des diables en investissant d’abord en Amérique ».

La Banque centrale a publié un rapport montrant qu’en novembre, le ralentissement économique s’est propagé à de nombreuses régions du pays et que les entreprises sont dans l’ensemble moins optimistes pour l’avenir.

 

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