Climat: nous allons passer à la caisse

Publié le 10/05/2013 à 22:34, mis à jour le 18/10/2013 à 10:01

Climat: nous allons passer à la caisse

Publié le 10/05/2013 à 22:34, mis à jour le 18/10/2013 à 10:01

Par François Normand

ANALYSE - Voilà, c'est fait: la concentration de CO2 dans l'air a franchi cette semaine le cap symbolique des 400 ppm, selon l'Agence américaine océanique et atmosphérique. Ce niveau inégalé depuis des millions d'années annonce un réchauffement climatique qui pourrait coûter des centaines de milliards de dollars par année aux pays du monde.

Selon les spécialistes du climat, l'humanité doit maintenir la concentration de CO2 dans l'atmosphère de 350 à 400 ppm pour être en mesure de limiter le réchauffement climatique dans une fourchette de 2 à 4 degrés celcius. Au-delà de cette variation de température, nous entrons dans une zone d'incertitude et de possibles bouleversements climatiques.

Le seuil de concentration de CO2 franchi cette semaine montre que nous avons échoué. Pourquoi? Parce que les pays ont refusé pour la plupart d'imposer des normes environnementales strictes aux consommateurs et aux entreprises sous prétexte que cela nuirait à l'économie.

Mauvais calcul. Car, si les politiques pour réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) entraînent effectivement des coûts importants, ne rien faire coûte encore plus cher, comme l'a démontré en 2006, chiffres à l'appui, l’ex-économiste en chef de la Banque Mondiale, Nicholas Stern.

Dans un rapport qui avait fait grand bruit à l'époque, il avait estimé les coûts de l'inaction des gouvernements à 7 000 milliards de dollars américains par année. Il s'agissait là de l'impact sur l'économie (en perte de croissance) si tous les pays n'agissaient pas vigoureusement pour réduire les émissions de GES d'ici 2016.

Aujourd'hui, il semble que nous nous retrouvons pratiquement dans cette situation avec le franchissement du seuil symbolique des 400 PPM de CO2 dans l'air, la mort clinique de l'accord de Kyoto, et l'espèce d'essoufflement quasi généralisé à l'égard de la lutte contre les changements climatiques.

Pourtant, le rapport Stern est clair à ce sujet: la réduction des émissions de GES n'est pas seulement un enjeu environnemental, c'est aussi un enjeu économique. Un enjeu qui ne se retrouve jamais ou presque dans les priorités des gouvernements dans le monde.

Lors de la crise financière et économique (de 2007 à 2009), les gouvernements se sont mobilisés pour limiter les dégâts et relancer l'économie. Une telle mobilisation planétaire pour réduire les émissions de GES et de polluants atmosphériques pourrait nous faire économiser de l'argent et soulager la Terre.

Réchauffement du climat, extinction d'espèces, acidification des océans, destruction des stocks de poissons, épuisement des nappes phréatiques... Notre planète vit une crise écologique majeure, même si cette crise ne fait pas les manchettes.

Que faire? Les spécialistes sont formels: il faut notamment investir dans les technologies propres, réduire notre consommation d'énergie, «décarboniser» l'économie, favoriser les transports en commun, recycler davantage, incluant les déchets pour faire des biogaz.

Bien entendu, cela engendrera des coûts importants pour les gouvernements, les entreprises, les citoyens. Mais ne rien faire coûtera encore plus cher, comme le démontre le rapport Stern. Bref, protéger l'environnement, c'est payant.

Et du reste, nous n'avons pas vraiment le choix, selon Jared Diamond, l'auteur du classique Effondrement (comment les sociétés décident de leur disparation ou de leur survie), un essai-choc publié au milieu des années 2 000. Sa conclusion: aucune économie ne peut survivre et prospérer à long terme si elle détruit son environnement.

 


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