MemProTec : confiant, mais patient pour l’Égypte et la Tunisie

Publié le 20/02/2011 à 12:52, mis à jour le 17/10/2013 à 06:35

MemProTec : confiant, mais patient pour l’Égypte et la Tunisie

Publié le 20/02/2011 à 12:52, mis à jour le 17/10/2013 à 06:35

Par Aude Marie Marcoux

Les soulèvements populaires en Tunisie et en Égypte sont suivis de près par Denis Côté, président-fondateur de MemProTec, depuis son usine de Chesterville, au Centre-du-Québec.

La PME spécialisée dans la fabrication de systèmes de traitement de l’eau par osmose inverse décroche depuis quelques années d’importants contrats de dessalement d’eau de mer avec de grands complexes hôteliers en Égypte, en Tunisie et au Liban.

«C’est sûr qu’on est inquiet quand on voit les événements aux nouvelles», confie l’entrepreneur.

Ne possédant pas d’installations sur place, MemProTec travaille en étroite collaboration avec son partenaire égyptien Watco, qui s’occupe de ses installations, de l’entretien et de l’opération de ses systèmes. Dans ses démarches, M. Côté compte également sur le responsable du développement des affaires internationales de son entreprise, Makram Tobia, un égyptien d’origine établi au Canada depuis 20 ans.

Tant son partenaire Watco que M. Tobia adoptent une attitude très rassurante face aux événements, même un fort optimisme pour la suite des choses.

«Il faut avoir les nerfs solides, mais il ne faut pas paniquer. Ces pays vont reprendre sur des bases plus saines et plus transparentes», dit M. Tobia. «Plus il y aura de liberté d’expression et de transparence, plus on a de chance d’avoir des contrats. Il y aura une atmosphère plus propice, et surtout plus transparente et libérale pour les affaires, donc plus attrayante pour les investisseurs étrangers et les vendeurs comme MemProTec.»

Toutefois, la patience est d’ordre pour l’instant. «C’est sûr qu’il y aura probablement un ralentissement des activités et ce, tant en Égypte qu’en Tunisie, mais les choses vont reprendre. Ce n’est qu’une question de patience, c’est tout», soutient Belgacem Rahmani, chargé de formation au service de l’enseignement des affaires internationales, à HEC Montréal.

«Les fameux contrats excessivement chauds qu’on était en train de travailler seront retardés de peut-être un an, tout simplement. On vient de perdre un an. Ce n’est pas perdu, mais retardé», dit M. Côté.

Le président de MemProTec s’était rendu en Tunisie en novembre dernier, où il avait fait d’importantes avancées sur certains projets. Par contre, la conclusion d’un contrat avec un client tunisien, alors finalisé «à 95 %» dit-il, sera décalée d’encore quelques semaines ou mois. Même chose pour un autre contrat en branle concernant un système destiné à un complexe au Liban, mais dont les principaux actionnaires sont en Égypte. «Actuellement, j’attends des transferts bancaires provenant de l’Égypte, avez-vous pensé? Tout est beaucoup plus ardu», lance M. Côté, qui malgré tout, prend la chose avec philosophie.

En fait, tant en Tunisie qu’en Égypte, plusieurs clients potentiels de MemProTec ont mis un holà provisoire sur leurs contrats en négociation. «Je vends à des complexes hôteliers. Mais cela prend des touristes pour remplir les hôtels et les nouveaux projets que mes clients souhaitent construire», explique M. Côté.

En effet, par les temps qui courent, il va sans dire que l’industrie touristique dans la région est mise à mal ou souffre à tout le moins d’un ralentissement marqué.

«C’est sûr que pendant les semaines et peut-être les mois à venir, les événements auront affecté l’économie de la Tunisie et de l’Égypte. Ceci étant dit, une fois que les choses se seront calmées, ces deux pays possèdent un appareil administratif, des cadres qui vont mettre l’épaule à la roue et vont essayer de remettre la machine en marche», soutient M. Rahmani.

«Et en mettant la machine en marche, c’est normal qu’ils mettent la machine touristique en marche également. Les gens se diront que maintenant qu’ils se sont débarrassés des dictateurs, ils devront travailler et démontrer qu’ils sont capables de vivre mieux. Et cela va reprendre», ajoute le spécialiste du Moyen-Orient.

La situation actuelle ne pousse toutefois pas Denis Côté à ralentir ses démarches de développement de marché dans la région, bien au contraire. «Absolument pas! On va continuer à trouver d’autres clients, à semer si on veut récolter. Mais ce sera juste un peu plus long. Je crois encore totalement aux occasions dans la région, où la demande en eau est de plus en plus importante», dit-il avec optimisme.

Les entreprises canadiennes seront bien peu nombreuses à subir ce ralentissement. En effet, les échanges commerciaux entre le Canada et ces deux pays ne sont pas faramineux. Par exemple, les exportations canadiennes vers l’Égypte en 2009 ont totalisé 639,4 millions de dollars, alors que les importations en provenance de ce pays se sont établies à 114 millions de dollars. L’Égypte a tout de même été le troisième marché d’exportation en importance du Canada dans la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord pendant 2009, année où les exportations ont plus que triplé par rapport à 1999.

 

 

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