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Nourrir le bonheur des employés, mais pas à n’importe quel prix

Catherine Charron|Mis à jour le 26 avril 2024

Nourrir le bonheur des employés, mais pas à n’importe quel prix

«C'est sûr, [...] on va augmenter le niveau d’engagement pour quelques mois. Mais ça va passer», sans cet ingrédient clé, prévient le PDG d'Explorance, Samer Saab.

RHéveil-matin est une rubrique quotidienne où l’on présente aux gestionnaires et à leurs employés des solutions inspirantes pour bien commencer leur journée. En sirotant votre breuvage préféré, découvrez des astuces inédites pour rendre vos 9@5 productifs et stimulants.


RHÉVEIL-MATIN. Si vous surfez sur les tendances pour nourrir le bonheur de vos employés, de grâce, n’oubliez pas de vous assurer que la mission de votre organisation demeure dans leur viseur, conseille le PDG d’Explorance, Samer Saab.

Sans cet ingrédient clé, à moyen terme, l’effet de toutes ces initiatives que vous adopterez pour les mobiliser s’estompera, faute de motivation à accomplir la besogne, prévient le dirigeant de la société de logiciels qui mesurent l’expérience employé.

«Les leaders ont si peur de perdre leurs travailleurs ou de ne plus être attrayants qu’ils se concentrent que sur leurs demandes, observe-t-il. C’est sûr qu’en implantant la semaine de quatre jours ou en haussant les salaires, on va augmenter le niveau d’engagement pour quelques mois, mais ça va passer.»

Ce qui nourrit réellement ce sentiment — et ultimement le bonheur de l’employé —, c’est de se sentir accompli, d’avoir l’impression que l’on contribue à quelque chose de plus grand. Cette visibilité sur les répercussions de son travail est d’ailleurs d’après lui l’une des raisons qui expliquent pourquoi Explorance figure au palmarès 2023 des meilleurs endroits où travailler au Canada.

Encore faut-il que l’«environnement de travail me respecte, prend bien soin de moi et s’assure que j’ai un équilibre entre vie personnelle et ma carrière, et où il y a de la collégialité et de la camaraderie.»

 

Le retour du pendule

Et qu’on le veuille ou non, pour l’instant, c’est au bureau que ça se fait le mieux, croit celui dont la PME est passée de 195 à 325 employés en pleine pandémie. «Notre efficacité s’est dégradée de 30% en trois ans. Et ça correspond à ce qu’on observe ailleurs aussi», assure Samer Saab.

Ce dur constat, les sociétés américaines semblent le faire davantage que les organisations québécoises, ce qui explique pour quoi le retour est plus marqué de l’autre côté de la frontière.

Cela ne veut pas dire pour autant que le télétravail est proscrit chez Explorance, puisque le quart des membres de son équipe ne sont pas au bureau tous les jours.

Le retour du pendule donne plutôt l’occasion aux entreprises de faire leurs devoirs et de s’adapter, afin de réellement demeurer performante et innovante malgré la distance.

«On a eu droit à une vision de ce que le futur pouvait être. Maintenant, au lieu d’attendre une prochaine pandémie, on peut apprendre les bons gestes», pense le dirigeant.

Pour un leader, ça rime avec acquérir de nouvelles compétences, telles que celle de briser les silos, et mener par l’influence et non plus par l’autorité. Il doit «engager les uns et s’assurer de faire respecter la mince ligne qui sépare parfois la vie personnelle, le bien-être et la productivité.»

 

 

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