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Éliminer le plastique des déodorants avec Kiima

Emmanuel Martinez|14 avril 2023

Éliminer le plastique des déodorants avec Kiima

«On se positionne comme un acteur de changement pour avoir un impact positif sur l’environnement», déclare Samuel Dupont, cofondateur et président de Kiima, qui fabrique des applicateurs à déodorant rechargeables. (Photo: Zachary Hebert)

Avez-vous une idée du nombre d’étuis de plastique de déodorants et d’antisudorifiques qui sont consommés chaque année en Amérique du Nord?

«C’est 1,2 milliard d’unités annuellement, explique Samuel Dupont, le cofondateur de la start-up montréalaise Kiima qui commercialise des applicateurs rechargeables pour des déodorants. Ce système de production à usage unique nous faisait capoter. Il y a un grave problème concernant l’accumulation de matières dans les sites d’enfouissement ainsi que dans les centres de recyclages qui n’arrivent pas à traiter tout ce qu’ils reçoivent.»

C’est pour mettre fin à ce gaspillage que cette entreprise fondée en 2020 a mis au point un applicateur en plastique rechargeable. Pas questions pour elle de produire des déodorants, donc elle s’est ainsi alliée à des fabricants de produits pour le corps.

«On leur fournit des moules compatibles avec leur chaine de production qui créer un déodorant qui correspond à notre applicateur, explique le président de Kiima. C’est clé en main, car le fabricant n’a presque rien à planifier. »

Collaborer pour réussir

Il souligne que ce partenariat est avantageux pour les manufacturiers de produits pour le corps qui trouvent un débouché grâce à un emballage réutilisable accessible.

«Dans des cosmétiques rechargeables, on a des concurrents, mais on est les seuls à le faire en partenariat, note Samuel Dupont. C’est notre élément distinctif.  Les autres viennent compétitionner le marché tandis que nous on vient l’aider.»

Kiima s’est donc associée avec Groom et The Unscented Company de Montréal, Green Beaver (Hawkesbury) et Pretty Frank des États-Unis qui fournissent les déodorants. Avec ces quatre marques, neuf fragrances seront disponibles au public pour le lancement officiel du site web à la mi-mai.

«Pour le moment, c’est tout au même prix, soit 10,99$ pour la recharge, dit-il. L’applicateur sera 16,99$ avec une promotion de lancement à 14,99$.»

Puisque les étuis ne sont vendus qu’une fois aux clients, Kiima deviendra aussi un distributeur de recharges, afin de générer des revenus et de développer d’autres produits.

Yeux vers l’Europe

Kiima compte vendre son innovation aux quatre coins du monde.

«On va croitre rapidement, précise le patron. Dans deux ans, c’est certain qu’on aura une trentaine d’employés et on aura lancé au moins deux produits supplémentaires pour les soins corporels. Notre vision, c’est de collaborer avec des marques. On veut avoir plus de choix.»

La jeune pousse écoulera dès cette année ses déodorants en Europe. Les applicateurs viendront d’ici, mais les recharges seront fournies par des entreprises européennes.

«Le but n’est pas de mettre en compétition un pays avec un autre, affirme le président. L’objectif est de trouver un super partenaire sur place et de développer l’économie locale.»

Le plan de la PME est d’ouvrir un centre logistique en France pour desservir l’Europe.

«On se positionne comme un acteur de changement pour avoir un impact positif sur l’environnement, déclare Samuel Dupont. La journée où tout sera rechargeable et compostable, on va sauter de catégorie de produits, mais ce ne sera pas pour bientôt!»