Stéphane Marion prône une hausse de l'âge de la retraite

Publié le 07/03/2012 à 12:04, mis à jour le 09/03/2012 à 09:45

Stéphane Marion prône une hausse de l'âge de la retraite

Publié le 07/03/2012 à 12:04, mis à jour le 09/03/2012 à 09:45

Pour parer au vieillissement de la population et assurer une meilleure équité entre les générations, le Canada devrait augmenter au moins à 67 ans de l'âge de la retraite, estime Stéfane Marion, économiste en chef et stratège à la Banque Nationale.

L'économiste prône ainsi la mise en place d'un nouveau contrat social au Canada. Celui-ci passe par une nouvelle vague de réformes structurelles de grande portée afin de maintenir son ratio dette/PIB sur une pente descendante après 2015.

Citant des études récentes publiées par le FMI, Stéfane Marion indique que le vieillissement de la population crée, avec les politiques actuelles, un ratio de la dette au PIB « explosif ». « La dette générale nette des États qui s'établit actuellement en moyenne à 77 % du PIB au sein du G7 devrait gonfler à 200 % d'ici 2030 et atteindre 400 % en 2050. Ce n'est pas s'aventurer beaucoup que de dire que les investisseurs ne toléreront sans doute pas cela », écrit-il dans une note envoyée à des clients.

Cette pression sur les finances publiques s'explique par l'effet du vieillissement sur le contrat social actuel, mis en place dans les années 1960 et 1970. Il y avait alors près de sept travailleurs actifs pour un retraité. Ce ratio est maintenant de 4,4 au Canada et se dirige vers 2,4 dans moins de 20 ans.

« Une étude récente du professeur Christopher Ragan démontre que, avec les politiques actuelles, le ratio dette nette/PIB du Canada commencera à remonter vers le niveau où nous étions au milieu des années 1990. Même si l'augmentation de la dette est moins explosive que pour le reste des pays du G7, il ne faudrait pas laisser ce scénario se matérialiser », lit-on dans le rapport.

Bien qu'une hausse de la productivité au Canada réglerait bien des problèmes, en assurant une croissance du PIB, « les décideurs devraient pour le moins se concentrer sur l'atténuation de la baisse du taux d'activité », selon Stéfane Marion.

Dans la projection du professeur Ragan, la baisse du taux d'activité du Canada de 2011 à 2040, qui découlerait du maintien du taux actuel pour chaque groupe d'âge pourrait, avec les politiques actuelles, rogner 0,5 point de pourcentage de la croissance annuelle du PIB, ajoute l'économiste : « Le taux d'activité des Canadiens âgés de 55 à 64 ans, bien que supérieur à la moyenne de l'OCDE, reste bien inférieur aux taux scandinaves et néo-zélandais. Si nous nous rapprochions de ces taux, la croissance de notre PIB s'améliorerait d'autant. »

Une hausse de l'âge de la retraite permettrait ainsi de l'« indexer » à l'espérance de vie qui n'a cessé de croître depuis les années 1960. « Ceux dont le seul argument contre l'augmentation de l'âge de la retraite est que le système de retraites canadien restera solide sur le plan actuariel dans un avenir prévisible font fausse route. Le maintien des travailleurs plus anciens dans la main-d'oeuvre active devrait être vu comme une stratégie de croissance économique pour limiter la pression sur l'ensemble des programmes sociaux du gouvernement (notamment de santé), pas juste les pensions publiques », note-t-il.

« Les finances publiques du Canada sont en bien meilleur état qu'il y a deux décennies. Y a-t-il un meilleur moment pour agir ? » conclut Stéfane Marion.

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