Retraite : le Canada est-il dernier de classe?

Publié le 06/10/2015 à 09:00

Retraite : le Canada est-il dernier de classe?

Publié le 06/10/2015 à 09:00

Le Canada aurait l’un des systèmes de retraite les moins généreux de l’OCDE, selon une étude du ministère des Finances.

Le vieillissement de la population exerce une forte pression sur les régimes collectifs, mais le jeu des comparaisons peut être trompeur quand il est question de régime de retraite.

5 % : c’est la proportion de son PIB qu’investit le Canada dans ses régimes publics de retraite. C’est à première vue bien mince en comparaison de la moyenne des pays de l’OCDE, qui s’établit à plus de 9 %. Qu’un régime reçoive plus d’argent public ne signifie pas automatiquement qu’il soit plus généreux ou mieux géré, prévient cependant René Beaudry, actuaire et cofondateur du cabinet Normandin Beaudry. « Si un pays comme l'Italie ne compte que sur ses régimes publics, la moyenne va monter, explique-t-il. Mais ça ne signifie pas que l'offre de retraite est moins bonne ici. » Le Régime des rentes du Québec (RRQ) et le Régime de pensions du Canada (RPC) financent une partie de leurs prestations grâce aux rendements générés par les revenus accumulés des années précédentes. Certains pays européens doivent de leur côté puiser davantage dans les poches de leur gouvernement pour équilibrer leurs régimes de retraite.

René Beaudry, qui a cosigné en 2013 le Rapport du comité d’experts sur l’avenir du régime de retraite québécois, ajoute que les régimes canadiens sont fréquemment cités comme modèles à l’international en raison de leur diversité et de la stabilité du système dans son ensemble.

Il faut également tenir compte des nombreuses déductions d’impôt que les gouvernements canadien et québécois accordent aux épargnants, nuance de son côté Frédéric Hanin, professeur au département des relations industrielles de l'Université Laval et directeur de l'Observatoire sur la retraite. « Les allègements d'impôts pour les régimes privés représentaient 1,3 % du PIB du Canada en 2009. Le seul pays à faire plus était le Royaume-Uni avec 1,4 % », illustre-t-il.

Un régime inégalitaire

Tout n’est pas rose pour autant. Les régimes publics canadiens remplacent efficacement le revenu des gens gagnant les plus bas salaires. Ils sont moins généreux pour les retraités qui avaient un revenu supérieur à la moyenne nationale. « Les taux de remplacement du revenu sont en général 10 % moins élevés au Canada que dans les autres pays développés », affirme Frédéric Hanin.

« Le modèle libéral qu’ont adopté le Canada, le Royaume-Uni et les États-Unis fonctionne bien dans des sociétés jeunes », ajoute-t-il. Or, le vieillissement de la population est sans doute le principal enjeu des régimes de retraite. C’est ce vieillissement qui avait poussé René Beaudry et le comité d’experts à proposer l’idée d’une rente longévité, un régime offrant un supplément de revenu aux retraités plus âgés. Ajoutons à cela que de plus en plus d’employeurs se retirent des régimes de retraite à prestations déterminées.

Une adaptation difficile

Si le RPC et le RRQ continuent d’offrir une couverture minimale aux retraités, ils sont loin d’être suffisants pour une majorité de Canadiens. « Dans les années 1980 et 1990, on n’a pas amélioré les régimes publics, rappelle Frédéric Hanin. Les régimes privés ont pris plus de place. Si vous n'avez pas un bon régime privé, vous n'aurez pas un bon revenu à la retraite. » D’autres se montrent cependant rassurants et rappellent que de nombreux retraités ont emmagasiné beaucoup d’épargne une fois considérée la valeur de leur maison.

Plusieurs provinces réfléchissent à l’idée de bonifier les régimes publics de retraite, mais d’ici là, une part de plus en plus grande du fardeau pourrait se retrouver sur les épaules de l’épargne privée.

 


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