Le sprint des dix dernières années avant la retraite

Publié le 10/06/2015 à 07:00

Quelques années avant la retraite, plusieurs travailleurs sont à l’aise sur le plan financier. Au travail, ils ont atteint le haut de l’échelle salariale. Leur hypothèque est souvent presque totalement remboursée. Les enfants ont quitté le nid familial. Ils ont ainsi à leur disposition de nouvelles sommes qu’ils peuvent utiliser pour complémenter leurs avoirs pour la retraite.

Or, beaucoup d’entre eux ne savent pas comment s’y prendre. « Ils sont conscients qu’ils doivent épargner, mais ignorent combien mettre de côté et comment le faire », dit Nathalie Jacques des Solutions financières N. Jacques Inc.

Au Québec, 1,15 million de gens ont entre 55 et 64 ans, et sont donc à 10 ans ou moins de l’âge traditionnel du départ à la retraite selon Statistique Canada. De ce nombre, plusieurs sont aux prises avec les aléas de la vie quotidienne, si bien qu’ils ne s’attardent pas nécessairement à déterminer quel montant ils devraient accumuler pour générer un revenu de retraite suffisant. « Ils épargnent sans vraiment avoir de plan », résume la conseillère. L’Indice canadien de report de la retraite Sun Life 2015 abonde dans le même sens : seulement 22 % des Canadiens sondés ont un plan financier écrit.

Un plan est pourtant ce qu’il faut pour tirer le maximum de ces années charnières qui précèdent la retraite. Voici quelques conseils pour garder le cap dans ce dernier sprint.

À chacun son plan de retraite

On entend souvent dire qu’il faut l’équivalent de 70 % de son salaire brut moyen de pré-retraite pour maintenir son style de vie une fois à la retraite. Cette estimation doit être nuancée. « Tout dépend de la retraite que l’on désire, répond Nathalie Jacques. Car la règle des 70 % ne correspond pas aux besoins de tous. Un couple sédentaire qui aime le cocooning, par exemple, peut sans doute s’en tirer avec 60 % de son salaire. Mais une personne qui veut voyager aura besoin de beaucoup plus. » Autre généralité à nuancer : celle selon laquelle on doit soustraire son âge de 100 ans pour établir la proportion d’actions par rapport à celle d’obligations dans la composition de son portefeuille.

Au lieu de se fier à ce type de généralités, il serait préférable de créer son plan de retraite personnalisé entre autres à partir des éléments clés suivants : son style de vie prévu à la retraite, ses avoirs et sa capacité d’épargne, ainsi que son profil d’investisseur qui vise à évaluer sa tolérance au risque. Dans le cadre de cet exercice, le conseiller devrait tenir compte de l’espérance de vie du client et du taux d’inflation. Différents scénarios peuvent d’ailleurs être envisagés afin de faire des choix éclairés : vendre ou non la maison, travailler une année de plus, etc.

Il ne faut pas oublier de rencontrer son conseiller pour l’informer de tout changement important dans sa vie, par exemple une perte d’emploi ou la vente d’une propriété, afin que celui-ci puisse mettre à jour vos données. « Pour être sûr d’avoir en main les bonnes informations de manière à ce que son plan continue de répondre à ses besoins spécifiques, on suggère au client des rencontres sur une base régulière durant les 5 à 10 années qui précèdent la retraite », dit Nathalie Jacques.

Plus d’une solution pour diversifier votre portefeuille

À l’approche de la retraite, laisser son argent « dormir » dans des certificats de placement garanti (CPG) n’est pas nécessairement la meilleure stratégie, souligne Nathalie Jacques. « Actuellement, le rendement de ces produits financiers est souvent inférieure au taux d’inflation. »

La conseillère n’hésite pas à proposer des fonds communs de placement et des fonds distincts. Ces types de fonds sont composés d’actions, d’obligations et d’autres titres de placement. Les fonds distincts sont assortis d’une « assurance » qui garantit à l’échéance 75 à 100 % du capital investi, et dans certains cas, le revenu à recevoir, offrant ainsi à l’épargnant une certaine protection contre les baisses des marchés.

Ceux qui possèdent une capacité d’épargne supplémentaire après avoir remboursé leur hypothèque, par exemple, peuvent optimiser cette épargne en maximisant leurs droits de cotisation inutilisés et ensuite réinvestir le remboursement d’impôt obtenu dans leur REER. Le prêt REER peut être envisagé pour rattraper plus rapidement ces cotisations inutilisées, s’il n’y a pas d’épargne supplémentaire.

Regrouper ses comptes sous un même toit peut être avantageux dans certains cas, car cela permet d’avoir accès plus facilement à la gestion privée, qui à son tour donne droit à des réductions de frais de gestion : « C’est plus facile d’obtenir ainsi une réduction des frais de gestion, tout en conservant un portefeuille adéquatement diversifié », explique la conseillère.

Les CELI sont également sous-exploités : « Lorsque l'argent est investi dans un placement enregistré à titre de CELI, le rendement n'est pas imposable. Ainsi, pour le client, cela équivaut à un rendement supérieur », affirme la conseillère.

S’éloigner des extrêmes

Malheureusement, trop de gens ont tendance à faire preuve d’extrême prudence à l’aube de la retraite par crainte de tout perdre, ou au contraire adoptent une stratégie trop agressive, car ils sont en mode rattrapage. « On est souvent dans les extrêmes… observe Nathalie Jacques. Il existe pourtant plusieurs alternatives qui offrent un équilibre entre le besoin de sécurité et le rendement. »

Ces quelques conseils vous permettront de mieux relever le défi du sprint des dix dernières années qui précèdent la retraite.

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