Quels projets financiers prioriser?

Offert par Les Affaires


Édition du 24 Mars 2018

Quels projets financiers prioriser?

Offert par Les Affaires


Édition du 24 Mars 2018

Par Stéphane Rolland

La constitution d’un fonds d’urgence devrait être la première chose à faire, selon la planificatrice financière interrogée par Les Affaires.

Par où commencer? Avec un nouveau-né, une hypothèque à payer, des dettes à rembourser, un fonds d'urgence à sec, une épargne-retraite modeste, les chantiers financiers ne manquent pas pour cette famille reconstituée de trois enfants. Angela Iermieri, planificatrice financière du Mouvement Desjardins, s'est penchée sur le cas de nos lecteurs pour les aider à trouver le meilleur usage pour leurs épargnes.


Enseignant, Monsieur, 36 ans, gagne un salaire brut de 70 000 $. Madame, 42 ans, est éducatrice spécialisée et empoche un salaire de 50 000 $. Elle a deux enfants d'une précédente union : un garçon de 18 ans, qui vient de terminer ses études en charpenterie, et une fille de 15 ans, dont Madame a la garde complète. Le couple a aussi donné naissance à une fille en septembre dernier, ce qui aura un impact sur les revenus du ménage pendant le congé parental.


Très endetté il y a quelques années, le ménage a amélioré sa situation grâce à des changements importants à son mode de vie. Les professionnels de l'éducation ont vendu leur première maison pour en acheter une moins chère. Ils se sont aussi départis d'une de leurs deux voitures.


Malgré leurs efforts, il reste encore des vestiges de ces années de déficits accumulés. Notre lecteur a un prêt REER de 20 000 $ à un taux de 5,67 % sur dix ans. Sa conjointe a une marge de crédit de 19 000 $ à un taux de 8,5 %. Ensemble, les deux ont une marge de crédit de 2 000 $ à un taux de 5,9 %.


Leurs actifs financiers demeurent modestes. Ils n'ont aucune épargne pour les urgences. Ils disent consacrer 250 $ par mois pour renflouer le bas de laine, mais les « urgences » grugent cette épargne au fur à mesure.


En vue de la retraite, chacun a un compte REER d'environ 25 000 $ (50 000 $ à deux). Les deux pourront aussi compter sur le Régime de retraite des employés du gouvernement et des organismes publics (RREGOP) auquel ils participent.


Quant à leur maison, il reste une hypothèque de 228 000 $ à rembourser sur une maison d'une valeur de 250 000 $. Le terme de 2,54 % se terminera en 2021.


Objectifs


Le couple se questionne sur les étapes à préconiser pour améliorer sa situation financière. Avant de consulter Angela Iermieri, leur priorité était de mettre en place un régime enregistré d'épargne-étude (REEE) et de rembourser la marge de crédit de notre lectrice.


Le projet le plus urgent n'a pas été déterminé par le couple, constate Mme Iermieri. La constitution d'un fonds d'urgence devrait être la première chose à faire, selon la planificatrice financière. Elle recommande de prévoir l'équivalent de trois mois de dépenses. S'ils bénéficient d'une assurance collective, celle-ci ne verse qu'une partie de leur salaire.


Le couple devrait également prioriser le remboursement des dettes aux taux les plus élevés. Lorsque le taux de la dette est plus important que le potentiel de rendement, il est plus payant de rembourser ses dettes plus rapidement que d'investir. À un taux de 8,5 %, la marge de crédit de Madame sera la dette dont on voudra se libérer le plus rapidement possible, comme veulent d'ailleurs le faire nos lecteurs.


Au sujet des anticipations de rendements, Mme Iermieri met en garde contre les excès d'optimisme. À cet égard, notre lecteur se demandait d'ailleurs s'il devait investir la totalité de son REER en actions. En ce moment, la pondération varie dans une fourchette d'entre 70 % et 80 %. La réponse dépendra évidemment du profil d'investisseur, mais la planificatrice y va de cette mise en garde. « Il ne faut pas oublier que les marchés boursiers sont cycliques, souligne-t-elle. Les rendements des dernières années ne sont pas représentatifs des rendements des marchés à long terme. Un portefeuille bien diversifié permettra de faire face à une correction boursière. »


REEE, REER et CELI


Pour le reste de l'épargne disponible, Mme Iermieri juge que la cotisation à un REEE est un bon objectif, mais elle suggère d'y aller selon la disponibilité de l'épargne. « On pourra rattraper plus tard, lorsque les revenus d'emploi seront plus stables, les dettes moins élevées et la capacité d'épargne plus grande », résume-t-elle.


Lorsqu'ils auront bâti leur fonds d'urgence et diminué leur endettement, nos lecteurs se demandent s'ils doivent diriger leur épargne-retraite vers le REER ou le CELI. Mme Iermieri leur conseille de favoriser le REER, « car le taux d'imposition actuel est plus élevé qu'à la retraite ». « La flexibilité du CELI pourrait les inciter à piger dans ces sommes prévues pour la retraite pour financer d'autres projets », prévient-elle.

À suivre dans cette section


image

Objectif Nord

Mardi 09 avril


image

Femmes Leaders

Mercredi 24 avril


image

Gestion agile

Mercredi 08 mai


image

Usine 4.0

Mardi 24 septembre


image

Impartition TI

Mercredi 09 octobre

Sur le même sujet

Pouvez-vous vraiment vous fier aux gourous de la finance?

CHRONIQUE. Une intelligence artificielle (IA) vient de découvrir qu'il faut être fou pour écouter leurs prédictions!

Bourse: que penser du nouveau signal de récession?

BLOGUE. Le risque de récession augmente, mais le signal de l'inversion des taux divise encore les financiers.

À la une

Lancement du service de vidéo sur demande d'Apple en direct

Il y a 55 minutes | Alain McKenna

Voici ce qu'il faut savoir sur ce nouveau service:

J'ai trouvé une entreprise à acheter, quelles sont les prochaines étapes?

BLOGUE INVITÉ. Parmi les entreprises à vendre, il y en a une qui vous intéresse. Comment en savoir plus?

À surveiller: Nike, Fiera Capital et Biogen Inc

09:03 | Jean Gagnon

Voici quelques recommandations qui pourraient influencer les cours prochainement.