Mieux vaut avoir un plan avant de quitter son emploi, disent des experts

Publié le 11/04/2023 à 15:00

Mieux vaut avoir un plan avant de quitter son emploi, disent des experts

Publié le 11/04/2023 à 15:00

Par La Presse Canadienne

Même si les travailleurs qui songent à quitter leur emploi peuvent parfois se sentir pris dans une situation unique, ils sont plus nombreux qu’ils le croient.

La moitié des travailleurs canadiens envisagent de se lancer à la recherche d’un nouvel emploi au cours des six premiers mois de 2023, selon un sondage réalisé par la société de conseil aux entreprises Robert Half.

Les personnes les plus susceptibles de changer de carrière sont les millénariaux et les membres de la génération Y, les travailleurs du secteur technologique, les employés qui travaillent dans une entreprise depuis deux à quatre ans et les parents qui travaillent, révèle l’enquête menée auprès de plus de 1100 professionnels au Canada.

Un salaire plus élevé, de meilleurs avantages sociaux, plus de possibilités d’avancement et une plus grande flexibilité pour choisir quand et où travailler figuraient parmi les principales raisons pour lesquelles les répondants ont indiqué qu’ils chercheraient un nouvel emploi.

Cependant, même si le fait d’appuyer sur le bouton «envoyer» pour transmettre une lettre de démission peut sembler libérateur et donner un sentiment de gratification instantanée, des experts estiment qu’il est préférable d’avoir un plan avant de quitter un emploi.

«Je dirais que la grande chose que les gens doivent comprendre avant de partir, c’est quelle est la prochaine étape?» affirme Sarah Vermunt, une accompagnatrice en gestion et transition de carrière établie à Toronto et fondatrice de Careergasm.

Mieux vaut planifier ce que le prochain chapitre sera — en recherchant notamment les exigences et les échelles salariales pour les nouveaux postes — afin que de ne pas quitter «dans la panique» et de ne pas accepter un nouvel emploi décroché sans s’être demandé s’il conviendrait réellement à ce qui est recherché, affirme-t-elle.

Pour ceux qui plongent sans rapidement changer d’emploi, Mme Vermunt croit qu’il peut être utile de réfléchir à la façon dont cette «pause» dans leur CV pourrait être interprétée par de futurs employeurs.

«Pour ceux qui font un changement radical de carrière, c’est tout à fait bien d’avoir sur son CV qu’on vient de prendre un congé sabbatique pour suivre une formation afin de changer de carrière. Cela suit le cours des choses et a du sens», explique−t−elle.

«Mais pour ceux qui quittent un emploi et se retrouvent en quelque sorte avec un vide sur leur CV, c’est quelque chose dont ils devront parler.»

Avoir un budget ou un fonds d’urgence pour se maintenir à flot pendant une période de transition de carrière est également bénéfique, souligne Mme Vermunt.

«Lorsqu’on sait pendant combien de temps on peut couvrir ses dépenses et qu’on a au moins une idée générale de ce qu’on veut faire ensuite, on a beaucoup moins d’anxiété à l’idée de quitter son emploi», affirme-t-elle.

«Et cela semble davantage possible lorsqu’on sait ce qu’on doit faire pour passer à la prochaine étape.»

Explorer à l’extérieur, mais aussi à l’interne

Kadine Cooper, accompagnatrice en transition de carrière, fait écho à ces propos. À moins de se trouver dans un environnement de travail «très toxique ou malsain», elle suggère également de préparer la suite des choses avant de faire le saut.

«Il faut certainement élaborer un plan avant de décider de s’éloigner de ce qu’on a actuellement», estime-t-elle.

Mme Cooper recommande le réseautage au sein du lieu de travail actuel et à l’extérieur pour explorer les occasions disponibles.

«En interne, il est peut-être possible d’élargir son affectation ou de s’intéresser à une autre fonction avant de décider de quitter l’organisation», note-t-elle.

Ancienne accompagnatrice en gestion de carrière en résidence à la bibliothèque publique de Toronto, Mme Cooper recommande également de consulter un accompagnateur en gestion de carrière ou un mentor pour obtenir un deuxième avis sur tout changement envisagé. Certains endroits, comme la bibliothèque où elle travaillait, offrent des services gratuits d’accompagnement de gestion de carrière, souligne-t-elle.

Quitter un emploi sur une bonne note est crucial, ajoute Mme Cooper. Ceci, en plus de continuer à favoriser et à établir des relations avec collègues et employeur, pourrait aussi permettre ultimement d’obtenir une référence. 

«Le réseau qu’on a détermine notre valeur nette», estime-t-elle.

«Le monde est petit — on ne sait jamais quand on va croiser de nouveau quelqu’un, donc mieux vaut ne jamais couper les ponts avec qui que ce soit.»

Réaliser son rêve

Gina Marie, âgée de 37 ans, a quitté son emploi de thérapeute dans un programme de santé mentale à Toronto en septembre.

Avant de quitter l’entreprise, où elle était attachée aux avantages sociaux et à la sécurité d’emploi, Mme Marie s’est assurée d’avoir un coussin financier pour couvrir son loyer pendant plusieurs mois au cas où les choses ne se dérouleraient pas comme prévu.

Elle s’est également demandé si elle avait suffisamment de formation et de compétences pour lancer ses activités d’accompagnatrice de santé sexuelle et d’intimité et poursuivre son rêve de devenir psychothérapeute en psychédélisme.

Entrer dans un programme de formation en thérapie psychédélique et recourir aux services d’un accompagnateur en gestion de carrière a donné à Mme Marie la confiance dont elle avait besoin en elle-même et en ses capacités, estime-t-elle.

La décision de quitter son emploi n’a pas été facile à prendre, souligne-t-elle, mais elle lui a permis de réaliser ses rêves, de donner la priorité à sa santé et de travailler avec une plus grande flexibilité pour s’adapter au style de vie qu’elle désirait — elle a récemment travaillé sur son ordinateur portable depuis une maison dans la jungle, à quelques minutes d’une plage au Costa Rica.

«J’ai eu tellement peur pendant si longtemps. J’étais comme, "Oh mon Dieu, comment vais−je faire pour que ça marche?"», se souvient Mme Marie, qui travaille également actuellement comme psychothérapeute privée.

«Mais je l’ai fait, et c’était un peu difficile de s’ajuster au début, pendant que j’étudiais encore, mais ensuite, en décembre, je pouvais dire que je maîtrisais la situation.»

Son conseil aux autres Canadiens qui cherchent à quitter leur emploi est d’être patient et de parler à d’autres qui ont déjà fait une transition de carrière.

«(Cela) m’a aussi vraiment, vraiment aidée. Plutôt que ce soit (...) comme un rêve, ça a commencé à devenir vraiment plus réel parce que j’ai vu d’autres personnes le faire et j’ai eu leurs conseils et je l’ai fait moi−même, et maintenant, honnêtement, je ne pourrais pas être plus heureuse.»

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