La pandémie complexifie la saison des REER

Publié le 22/02/2021 à 11:01

La pandémie complexifie la saison des REER

Publié le 22/02/2021 à 11:01

Par La Presse Canadienne

(Photo: 123RF)

Les Canadiens qui ont été mis à pied et ont subi des réductions de salaire causées par la pandémie, ou qui ont économisé en travaillant à domicile, sont confrontés à une nouvelle question à l’approche du mois de mars: que faire de leur régime enregistré d’épargne-retraite (REER)?

« Certes, avec la pandémie, c’est une année difficile et cela a causé beaucoup de confusion chez les gens qui jonglent avec plusieurs priorités », a observé Wilmot George, vice-président de la planification fiscale, de la retraite et de la succession chez CI Gestion mondiale d’actifs, à Vancouver.

« De nombreux investisseurs se demandent notamment ce qu’ils doivent prioriser en premier par rapport au reste, et dans les cas où de l’argent est disponible pour investir, s’il vaut mieux investir dans un REER ou dans un compte d’épargne libre d’impôt (CELI). »

Il n’est pas simple de décider quoi faire avant la date limite du 1er mars, car la situation financière de chacun varie, mais des experts estiment que l’élaboration d’une stratégie de REER avec laquelle un investisseur est à l’aise ne doit pas être difficile, même en cas de pandémie.

La première étape devrait être de déterminer si une cotisation à un REER est convenable, a souligné M. George.

Les REER peuvent être attrayants, car ils réduisent la facture d’impôts, en particulier si l’argent est retiré plus tard dans la vie, alors que l’investisseur est assujetti à une tranche d’imposition inférieure.

Ceux qui se trouvent dans une tranche d’imposition plus élevée que celle de leur conjoint peuvent même cotiser à un REER au nom de ce partenaire et réclamer la déduction fiscale, ce qui réduit leur taux d’imposition pour l’année, a-t-il ajouté.

Mais après une année qui a vu des mises à pied massives et des réductions de salaire, une cotisation à un REER n’est pas toujours prudente.

« Il y aura certainement des gens qui traversent une crise de trésorerie, et ils vont vraiment devoir prendre des décisions difficiles, parce que s’il faut décider entre essayer d’économiser pour l’avenir et mettre de la nourriture sur la table, la plupart des gens choisiront de mettre de la nourriture sur la table », a noté M. George.

Les Canadiens peuvent généralement cotiser jusqu’à 18 % de leur revenu gagné lors de l’année précédente à leur REER, jusqu’à un maximum de 27 230 $.

 

Planifier tôt et rester réaliste

Environ 52 % des Canadiens ne cotiseront pas à leur REER cette année, selon une étude réalisée en février auprès de 1516 personnes par la société de services financiers Edward Jones.

Près de 45 % des Canadiens qui renoncent à une cotisation à un REER disent avoir fait ce choix à cause de la pandémie, mais 56 % disent qu’ils accordent la priorité à d’autres investissements, comme l’immobilier ou un CELI.

Un CELI peut être judicieux pour les jeunes Canadiens qui sont sur le marché du travail depuis moins longtemps, qui ont de plus petits revenus imposables, mais qui s’attendent à être dans une tranche d’imposition plus élevée au moment où ils auront besoin d’utiliser cet argent, a expliqué M. George.

« Même s’ils n’obtiendront pas de déduction fiscale aujourd’hui, ils auront un revenu non imposable dans l’avenir. »

Ceux qui ont décidé d’emprunter l’autre voie et de cotiser à leur REER doivent commencer à planifier tôt et être réalistes, a ajouté Caroline Dabu, chef des services de planification et de conseil en patrimoine de la Banque de Montréal.

« Il faut vraiment examiner ses objectifs généraux et bien comprendre ce dont on aura besoin pour prendre sa retraite parce que (...) plus de 50 % des Canadiens ne savent pas vraiment de combien d’argent ils auront besoin pour prendre leur retraite », affirme-t-elle.

Une fois le montant nécessaire à la retraite déterminé en fonction du nombre d’années prévues de la retraite et du style de vie désiré, il faut calculer le montant qu’on pourrait se permettre de mettre de côté et envisager d’économiser ce montant tous les mois, toutes les deux semaines ou tous les trimestres, explique Mme Dabu.

La budgétisation, qui aidera à atteindre ses objectifs, et des simulations de crise, qui peuvent aider à se préparer à affronter de faibles taux d’intérêt et d’autres changements importants, sont également utiles, a-t-elle ajouté.

Jared Jarman, vice-président associé des conseils spécialisés et des acquisitions de la Banque TD, souligne qu’il est important d’envisager des ajustements à son plan en raison de la pandémie, même pour ceux qui n’ont subi aucune perte financière l’an dernier.

Plusieurs personnes travaillent à domicile et épargnent parce qu’ils ne sortent pas pour dîner ou ne se déplacent pas au travail, mais n’ont pas modifié leur plan de retraite pour tenir compte de cette manne.

« Ce que j’ai trouvé étonnant, c’est que près des deux tiers des ménages avec 100 000 $ ou plus n’ont pas ajusté leurs économies dans les régimes de retraite, même s’ils ont gagné plus d’argent », observe-t-il.

Quel que soit son choix, M. Jarman encourage les gens à demander l’aide d’un professionnel de la finance, puisqu’il estime que les REER peuvent prêter à confusion.

Bien que 70 % des 1002 Canadiens interrogés par la Banque TD en novembre se sont dits confiants dans la gestion de leurs finances pendant cette période, près de 60 % s’inquiètent de l’effet de la COVID-19 sur leurs régimes d’épargne et de retraite.

« Chaque Canadien a un chemin différent », rappelle-t-il.

« On peut demander des conseils et déterminer où on en est par rapport à là où on veut aller; je pense que cela apporte de la confiance. »

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