De la crémation à la planification successorale: comment limiter les coûts de la mort?

Publié le 03/03/2023 à 12:09

De la crémation à la planification successorale: comment limiter les coûts de la mort?

Publié le 03/03/2023 à 12:09

Par La Presse Canadienne

Les enterrements coûtent plus cher que les crémations, souvent par une marge de milliers de dollars. (Photo: 123RF)

Les gens qui ont déjà pensé au genre de funérailles qu’ils aimeraient avoir pourraient vouloir les planifier eux-mêmes — ou même les payer de leur vivant. Des experts croient même que cela pourrait être une décision financièrement intelligente.

C’est ce que Janet Gray, une planificatrice financière de Money Coaches Canada, a fait récemment. Elle et son mari ont payé d’avance leurs crémations pour un total d’environ 3000$, indiquant clairement qu’ils ne voulaient pas d’obsèques coûteuses, espérant que cela facilitera les choses pour leurs proches.

«En payant maintenant, on paie en dollars d’aujourd’hui», note Mme Gray, l’une des nombreuses personnes qui cherchent de plus en plus à réduire leurs coûts après la mort en planifiant les choses à l’avance.

L’une des grandes décisions qu’il est possible de prendre, en dehors de certaines religions ou cultures qui suivent des pratiques funéraires spécifiques, est le choix entre la crémation et l’inhumation.

La crémation est beaucoup plus populaire que l’inhumation au Canada, en partie à cause de son moindre coût.

Selon la Cremation Association of North America, près des trois quarts des personnes décédées au Canada en 2021 ont été incinérées. Ce taux, qui n’était que de 48% en 2000, n’a cessé d’augmenter pendant des années.

Les enterrements coûtent plus cher que les crémations, souvent par une marge de milliers de dollars, il n’est donc pas étonnant que les crémations deviennent plus populaires chaque année, a estimé Mallory Greene, cheffe de la direction du service d’arrangement de crémation en ligne Eirene.

La différence est en partie attribuable à tous les éléments qui accompagnent l’inhumation, du cercueil à l’embaumement du corps. Beaucoup de gens ne réalisent pas à quel point il y a des coûts supplémentaires, et Mme Greene a noté que si on demande une ventilation du prix, il est possible de renoncer à certains de ces coûts, à moins qu’ils ne soient légalement requis. Par exemple, s’il n’y a pas d’exposition du corps, il est possible de refuser l’embaumement.

Déterminer d’abord un budget

Mais les funérailles proprement dites peuvent également faire grimper les coûts, poursuit Mme Greene. Certaines personnes s’éloignent des services funéraires traditionnels en partie pour cette raison, explique-t-elle, ainsi que pour avoir des célébrations de la vie plus uniques et personnelles.

«Je pense que la clé ici est de déterminer quel est son budget, puis de travailler à partir de ça, explique-t-elle. On peut toujours avoir un très beau service commémoratif, et cela n’est pas obligé de coûter très cher.»

Mme Greene ajoute qu’il n’y a pas beaucoup d’informations sur les véritables coûts des funérailles, d’un enterrement ou d’une crémation.

Les gens peuvent également avoir du mal à poser des questions ou à prendre des décisions financières lorsqu’ils font face à un deuil, affirme-t-elle, et finissent par payer plus que nécessaire.

«Il est logique que les gens dépensent autant parce que (…) il y a très peu d’informations disponibles.»

Il existe également de nombreuses options pour aider à payer une partie ou la totalité des frais funéraires, selon la situation.

Si la personne décédée recevait de l’aide sociale, les coûts pourraient être couverts par la province, note Mme Greene. Un soutien gouvernemental est également disponible pour les peuples autochtones, les anciens combattants et d’autres groupes.

Alors que les funérailles et l’inhumation ou la crémation sont les coûts les plus évidents liés à un décès, Mme Gray calcule qu’il faut s’attendre à d’autres dépenses à court terme d’environ 10 000$, des congés à la garde d’enfants, en passant par les vols et les hôtels.

S’il n’y a pas de testament, il vaudrait peut-être mieux engager un avocat ou un comptable, recommande Mme Gray.

Des ressources pour débloquer les fonds

Souvent, la succession peut être en mesure de couvrir les frais funéraires, qu’il y ait un testament ou non, précise Mme Gray, même si les fonds ne seront pas nécessairement débloqués immédiatement.

Parfois, la succession peut débloquer des fonds pour aider aux frais funéraires en aussi peu que deux semaines, explique Maria Tanel, une professionnelle de la succession chez Objective Financial Partners.

Si le défunt avait une assurance-vie, le paiement prend du temps, note Mme Gray, et on ne peut donc pas compter sur celui-ci pour couvrir les frais initiaux.

Il existe également une prestation de décès offerte par le Régime de pensions du Canada (RPC), qui permet à l’exécuteur testamentaire, au conjoint ou à la famille de demander 2500$ si le défunt avait cotisé au RPC pendant une certaine période.

Ceux qui optent pour le prépaiement des funérailles, voient leur argent être détenu dans une fiducie pour garantir que même si le salon funéraire fait faillite ou déménage, le paiement sera sécurisé et ira directement au salon funéraire lorsque le temps viendra, explique Mme Greene.

«Cela retire une grande partie du fardeau émotionnel et financier», estime-t-elle.

Il est également possible de souscrire à une assurance obsèques, qui paiera le salon funéraire directement lors du décès, poursuit Mme Greene.

Erin Bury, cofondatrice et cheffe de la direction de la plateforme de planification successorale en ligne Willful, recommande d’inclure les souhaits funéraires dans son testament et d’indiquer par écrit si on a prépayé pour le service, l’inhumation ou la crémation.

Bien qu’il puisse être difficile de parler de ces sujets à ses proches, cela facilite généralement les choses à long terme, fait valoir Mme Bury.

«Je suis cette personne qui, à Noël, demande: “Hé, maman, papa, que voulez-vous laisser après votre départ?” J’ai l’impression que lorsque j’ai abordé ce sujet avec mes parents, cela n’a pas viré en conversation déprimante.»

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