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«Bye bye boss»: l’ABC du travail à son compte

Les étudiants en sciences comptables de l'UQO|Mis à jour le 13 juin 2024

«Bye bye boss»: l’ABC du travail à son compte

Travailler à son compte est un beau défi dans la mesure où vous êtes votre propre patron. Mais rien n’est parfait et pensez-y bien avant de dire «bye bye boss»! (Photo: 123RF)

La rubrique Questions pour mon comptable est signée par des étudiants en sciences comptables de l’Université du Québec en Outaouais (UQO).

Aimerez-vous être travailleur autonome (travailleur indépendant, c’est-à-dire travailler à son propre compte)?

  

Distinction entre un travailleur autonome et un salarié

De manière générale, un travailleur autonome est une personne qui exerce une activité professionnelle de manière indépendante sans être liée à un employeur. Il s’engage envers ses clients à réaliser un ouvrage matériel ou intellectuel ou à fournir un service moyennant un prix que le client s’oblige de lui payer. Un salarié est obligé, pour un temps, moyennant une rémunération, à effectuer un travail sous la direction ou le contrôle de ce dernier.

L’Agence du Revenu du Canada (ARC) a mis en place des critères pour identifier un travailleur autonome ou un salarié. Dans un premier temps, l’intention entre le travailleur et le payeur, à savoir, est-ce que les parties ont conclu un contrat de travail (relation employeur-salarié) ou un contrat d’entreprise (relation d’affaires). Et dans un second temps, les critères suivants:

1. Le critère de la réalité économique fait référence au degré de contrôle, à la propriété des instruments de travail et aux chances de profit ou risques de pertes.

Le degré de contrôle: le travailleur autonome est responsable de la planification du travail à exécuter, c’est lui qui fixe l’horaire de travail. Par exemple, il peut travailler dans n’importe quel endroit y compris à son domicile. Contrairement à un employé qui exécute son travail sous le contrôle de son employeur. Par exemple, c’est l’employeur qui impose un horaire de travail et établit des règles de conduite qui s’applique au travailleur.

La propriété des instruments de travail: le travailleur autonome fournit tout le matériel et l’équipement nécessaire à l’exécution de son mandat. Par exemple les ordinateurs, son véhicule de déplacement, les outils techniques, les téléphones, etc. Contrairement à un employé qui utilise les outils et équipements de l’employeur. Le salarié n’est pas responsable des frais de réparations, d’entretien et d’assurance.

Chances de profit ou risques de pertes: le travailleur autonome assume les bénéfices ou les pertes qu’il peut générer. Par exemple, il doit habituellement payer des couts mensuels fixes même s’il n’a aucun travail en cours d’exécution. Contrairement à un employé qui ne supporte pas les risques de pertes liés à l’exploitation de l’entreprise

2. Le critère du résultat spécifique fait référence au fait que le travailleur autonome s’engage généralement à effectuer une tâche précise et peut lui-même engager des employés ou des sous-traitants afin de réaliser cette tâche à sa place en tout ou en partie. Par exemple, c’est à lui de rémunérer ces sous-traitants. À l’opposé du salarié qui doit effectuer son travail personnellement.

3. Le critère de l’intégration fait référence au fait que le travailleur autonome détient un contrat d’entreprise ou de service, agit de façon accessoire sans être intègre à l’entreprise de son client. À l’inverse de l’employé, qui détient un contrat de travail et son travail s’intègre aux activités de l’entreprise.

 

Les avantages et les inconvénients de travailler à son compte

Travailler à son propre compte est très avantageux dans la mesure où vous pouvez généralement choisir le moment et la façon dont vous exécuterez vos travaux, être libre de travailler au moment où vous le désirez, offrir vos services à différents clients en même temps, sous-traiter vos travaux et choisir d’accepter ou de refuser un mandat. Bref, vous vous dégagez du lien de subordination qui existe entre vous et un employeur.

Sur le plan fiscal, le travailleur autonome peut utiliser les dépenses d’exploitation de son entreprise pour réduire l’impôt personnel qu’il doit payer (ex.: frais de déplacement, d’hébergement, d’achat de matériel, etc.).

Mais, parce qu’il y a souvent un mais…, le travailleur autonome n’a pas droit à des programmes d’assurances collectives, il ne profite pas des congés payés et des avantages sociaux et surtout de nos jours et il obtient difficilement un financement bancaire contrairement à un salarié. Lorsqu’ils délaissent le statut de travailleur autonome pour travailler comme employé, plusieurs diront que c’est l’insécurité financière associée au fait de travailler à son compte et de retrouver constamment de nouveaux clients et de nouveaux contrats qu’ils ne supportaient plus.

 

Les avantages et inconvénients d’être un salarié

En ce qui concerne l’employé, il bénéficie d’une certaine la stabilité financière associée au fait que sa rémunération rentre dans son compte de banque chaque semaine ou deux semaines sans trop se soucier, des avantages sociaux, des programmes d’assurances collectives s’ils en existent à son travail, des congés payés, etc. Comme inconvénient, les horaires de travail et les règles de conduite sont imposés. Les sanctions disciplinaires sont également imposées au salarié.

Travailler à son compte est un beau défi dans la mesure où vous êtes votre propre patron. Mais rien n’est parfait et pensez-y bien avant de dire bye bye boss!

 

 

Marie Dorine Izerimana, étudiante en sciences comptables à l’Université du Québec en Outaouais

 

 

Lydie Gbangbe, étudiante en sciences comptables à l’Université du Québec en Outaouais

 

Claude Bertin Dongmo, étudiant en sciences comptables à l’Université du Québec en Outaouais

 

 

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