Tirer le maximum d'un fonds commun

Offert par Les affaires plus


Édition de Septembre 2014

Tirer le maximum d'un fonds commun

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Édition de Septembre 2014

Un écart d'un point de pourcentage sur le rendement d'un fonds commun peut valoir des dizaines de milliers de dollars à long terme. Voici comment aller chercher facilement ce «petit» extra.

Vous hésitez parmi les dizaines de fonds d'actions canadiennes ? Vous cherchez le meilleur gestionnaire en actions américaines ? Vous êtes résolu à obtenir le meilleur rendement ! C'est bien.

On ne rappellera jamais assez qu'outre la sélection de fonds bien gérés qui correspondent à son profil d'investisseur, la meilleure façon de tirer le maximum de ses fonds reste de les conserver longtemps sans tenter de prévoir les mouvements de marché.

Il y a aussi une autre astuce : si les rendements échappent à votre contrôle, vous en avez sur les frais de gestion que vous payez, et parfois même sur l'impact fiscal sur vos gains. Vous économiserez une petite fortune. Pensez-y : si vous réussissez à obtenir 8 % de rendement au lieu de 7,5 % sur 200 000 dollars placés pour 20 ans, vous accumulerez quelque 82 000 dollars de plus. Et ce petit écart de 0,5 % de rendement, vous pouvez aisément aller le chercher.

Des frais qu'on peut éviter

Commençons par le plus évident. Si vous payez des frais d'entrée et de sortie à l'achat et à la vente de vos fonds communs, vous êtes un dinosaure... Une étude réalisée en 2012 par la firme de recherche Investor Economics révèle en effet que 98 % de l'actif investi au Canada dans ces produits ne comptait pas de frais d'entrée et n'avait pas entraîné de frais de sortie. De plus, de 2007 à 2011, 69 % des fonds communs avaient été vendus sans ces frais. Une tendance grandement favorisée par les banques canadiennes, dont les fonds n'ont aucuns frais d'acquisition ou de rachat.

«En fait, aujourd'hui, les fonds qui comportent des frais d'entrée n'existent presque plus», dit Gaétan Veillette, planificateur financier chez Groupe Investors. Ces frais, qui peuvent atteindre 5 % du capital investi, nuisent à la performance. En effet, si vous placez 50 000 dollars, 2 500 dollars seront retranchés, ce qui veut dire que seulement 47 500 dollars vont fructifier.

Les frais de sortie, eux, sont encore fréquents. «Pour les sociétés de fonds, ils constituent une façon de vous fidéliser à votre politique de placement et à votre fournisseur, explique Gaétan Veillette. Par contre, si vous respectez vos objectifs et détenez le placement à long terme, vous ne paierez rien.»

C'est que les frais de rachat, qui peuvent atteindre 7 %, diminuent d'année en année jusqu'à zéro après cinq ou sept ans. Pour savoir si un fonds comporte de tels frais, vous n'avez qu'à poser la question à votre conseiller financier. Si vous n'avez pas de conseiller, vous trouverez cette information dans le prospectus.

La série F

Pour comprendre la série F, il faut savoir que normalement, le ratio de frais de gestion (RFG) d'un fonds, c'est-à-dire le pourcentage de l'actif investi qui est retranché annuellement pour payer les dépenses liées à la gestion et à la commercialisation du fonds, comprend une commission de suivi qui est versée aux conseillers financiers. Investor Economics estime qu'elle s'élève à 0,78 % en moyenne. Ainsi, le RFG du Portefeuille d'actions mondiales Méritage est de 2,74 %, par rapport à 2,25 % pour le même produit de la série F.

Un pourcentage est donc retranché de la série F - qui n'est pas offerte dans tous les fonds - pour permettre aux conseillers de facturer eux-mêmes leurs conseils. Ils demanderont un pourcentage fixe de l'actif ou des honoraires qui reflètent les heures travaillées.

«La rémunération du conseiller est alors plus transparente et plus équitable, étant donné que vous pouvez la négocier, note Steven Zanolin, chef des produits, développement des fonds de placement chez Desjardins Société de placement. De plus, cette commission est déductible d'impôt si le fonds est détenu à l'extérieur d'un régime enregistré.»

Il reste que pour vraiment bénéficier de la formule, vous devez vous assurer que les frais supplémentaires exigés par votre conseiller ne sont pas trop élevés.

La série D ou E

D comme dans «direct» et E comme dans «électronique». Ces fonds s'adressent aux investisseurs autonomes, qui prennent leurs décisions de placement et qui achètent directement des institutions financières et en ligne.

Selon Investor Economics, il s'agit de la façon la plus économique d'investir dans ces produits. Le rabais est en moyenne de 57 % par rapport aux frais des fonds réguliers (2,13 % par an en moyenne).

Aisés ou fortunés ?

«Ici, "aisé" désigne l'investisseur qui a un portefeuille de plus de 100 000 dollars, et "fortuné", un investisseur dont le portefeuille est supérieur à un million», explique Steven Zanolin. Si l'on distingue le degré de richesse, c'est que généralement, plus l'actif investi est élevé, plus le rabais proposé sera important.

Parfois, les sociétés de fonds accoleront une étiquette, comme série M, O ou I, à leurs produits. Elles lanceront aussi une gamme de produits pour gens fortunés (par exemple, les Portefeuilles Chorus II Desjardins). De plus, certaines sociétés de fonds comme EdgePoint ou Pembroke offrent seulement des produits qui s'adressent à cette clientèle.

Il existe également diverses formes de rabais. «Certains fonds ont un RFG plus bas qui restera inchangé même si l'actif investi s'accroît, explique Steven Zanolin. D'autres offrent un RFG à paliers qui baissera automatiquement lorsque l'accroissement du capital permettra d'atteindre un nouveau seuil.» Parfois, ces fonds sont aussi disponibles en série F.

Investor Economics a trouvé que ces produits procurent en moyenne un rabais de 39 %.

L'achat groupé

Certains regroupements professionnels, comme le Barreau du Québec, l'Ordre des ingénieurs et la Fédération des médecins offrent des fonds communs à leurs membres. Comme la vente de ces fonds nécessite moins d'efforts de commercialisation, l'économie réalisée est repassée aux clients. Résultat, le RFG est de 15 à 60 % plus bas.

Les fonds indiciels

Certaines sociétés de fonds offrent des fonds communs de placement indiciels, qui investissent dans les titres qui composent un indice boursier ou obligataire donné. Automatiquement, il y a moins de frais de recherche et d'analyse, ce qui permet de proposer des frais plus bas.

«Par contre, le RFG est généralement plus élevé que celui d'un fonds indiciel négocié en Bourse (FNB)», note Christopher Davis, directeur de la recherche chez Morningstar Canada. À preuve, le Fonds américain indiciel RBC a un RFG de 0,72 %, par rapport à 0,10 % pour le FNB iShares S&P 500.

«Les FNB sont donc généralement plus avantageux, reprend Christopher Davis, à moins de négocier très, très activement : plusieurs fonds communs ne comportent pas de frais d'entrée et de sortie, et n'imposent pas de frais de courtage à l'achat ou à la vente.»

Parfois, les fonds communs indiciels ont aussi une série E ou D dont les frais annuels rivalisent avec ceux des FNB. Chez Fonds TD par exemple, on propose un RFG de 0,33 % pour de tels produits.

Autre avantage notable : comme les fonds indiciels détiennent les titres en portefeuille à très long terme, ils sont normalement plus efficaces sur le plan fiscal. En effet, comme ces fonds effectuent généralement moins de transactions, ils ont tendance à réaliser et à redistribuer moins de gain en capital. C'est à considérer lorsque les placements sont faits à l'extérieur d'un régime enregistré.

La catégorie de société

Pour l'épargne hors REER et CELI, il y a aussi la «catégorie de société», souvent appelée série C. Les portefeuilles sont alors constitués en société plutôt qu'en fiducie. À l'intérieur de la société, il y a plusieurs fonds. Cette structure permet de passer d'un fonds à l'autre sans déclencher de dispositions d'actif. Au fil du temps, vous pouvez donc transformer un portefeuille contenant beaucoup d'actions en un portefeuille contenant beaucoup de titres à revenu fixe sans impact fiscal.

«Cette structure peut aussi ne distribuer que les dividendes et les gains en capital, ajoute le chef des produits chez Desjardins. Pour ce faire, tout ce qui est plus complexe fiscalement, comme les dividendes étrangers et les intérêts canadiens et étrangers, est appliqué à l'encontre de dépenses à l'intérieur du fonds.»

À l'origine, seulement une poignée de sociétés de fonds offraient cette structure. Aujourd'hui, plusieurs dizaines de sociétés, en particulier les plus grandes (par exemple, RBC, Investors, TD, Fidelity), la proposent.

Le remboursement de capital

Certains fonds ont pour but d'offrir des flux monétaires stables et réguliers dans le temps. Ils visent les rentiers qui vivent de leurs placements.

Normalement, on les appelle les fonds de série T (pour taxes). «Au départ, la distribution est traitée comme un remboursement du capital, et est par conséquent non imposable, explique Steven Zanolin. Le montant investi diminue au fur et à mesure que le capital est remboursé jusqu'à atteindre zéro.» La facture d'impôt est ainsi reportée.

Par la suite, la distribution est un gain en capital imposé à 50 % seulement.

Oui, il est possible de faire fructifier davantage l'argent placé dans un fonds. Il suffit de comprendre comment réduire les frais et la facture fiscale.

DES FONDS PLUS TRANSPARENTS

Depuis le 15 juillet dernier, les nouvelles exigences du Règlement 31-103 obligent les conseillers à préciser les frais que vous devrez payer ou à vous donner une bonne estimation de ceux-ci avant d'accepter un ordre d'achat ou de vente. Ils ont aussi l'obligation de divulguer s'ils touchent ou non une commission de suivi. Notez que ce règlement se durcira jusqu'en 2016, date à laquelle vous aurez encore plus d'information sur les rendements et sur le coût de vos fonds.

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