Planifier l'arrivée de bébé selon ses capacités financières, ça vous choque?

Offert par Les affaires plus


Édition de Mai 2016

Planifier l'arrivée de bébé selon ses capacités financières, ça vous choque?

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Édition de Mai 2016

Si on se préoccupe trop de réunir les conditions monétaires optimales pour accueillir un enfant, risque-t-on d'oublier la spontanéité qui doit aussi motiver cet événement ? Nous avons posé la question à François Morency, diplômé de philosophie et planificateur financier.

1. N'est-ce pas un peu réducteur de programmer la venue d'un enfant en fonction de ses plans financiers ?

C'est une réaction naturelle de vouloir s'organiser devant un tel bouleversement du quotidien. On se demande bien où l'enfant va dormir et manger, alors pourquoi ne pas planifier aussi les dépenses qu'il va occasionner. Sachant qu'elles s'élèvent entre 4 000 et 10 000 dollars au cours de la première année, il vaut toujours mieux être préparé !

2. Dans quelles mesures peut-on anticiper ces dépenses ?

En fait, chaque planification dépend de la philosophie du couple, qui doit énormément communiquer pour s'entendre sur la façon dont il veut élever son enfant. Heureusement, la nature fait bien les choses, on a toujours un préavis de neuf mois !

Certains veulent absolument acheter des meubles et des vêtements neufs, d'autres préfèrent se fournir d'occasion. Certains veulent que leur enfant fréquente une école privée, d'autres, l'école publique. Tous ces choix entraînent des coûts très variables, d'où l'importance d'en discuter à l'avance.

3. La planification financière est-elle un comportement répandu ?

Même si la plupart des gens négligent encore la planification financière avant la naissance d'un bébé, la jeune génération se montre de plus en plus prévoyante. Particulièrement touchée par la précarité, elle ne peut plus se permettre d'improviser. La planification permet de lutter contre l'insécurité.

4. Et si le désir d'avoir un enfant précède le moment idéal sur le plan financier ?

L'organisation est une sécurité, mais elle ne conditionne pas la venue de l'enfant, qui est avant tout un choix personnel. Même si je prône la planification des finances, je crois qu'on trouve toujours une façon d'y arriver. Souvent, les parents réalisent des miracles de débrouillardise pour pourvoir aux besoins de leur enfant sans compter sur l'assistance de la famille et des amis. J'en vois même qui organisent des collectes de fonds sur Internet pour financer les soins coûteux de leurs enfants handicapés, c'est très astucieux !

5. Malgré les incertitudes qu'entraîne la précarité, l'improvisation reste donc une option ?

Bien sûr, il faut s'accommoder des circonstances ! C'est comme en affaires. Si les entrepreneurs attendaient toujours les conditions optimales pour se lancer, il n'y aurait pas beaucoup de nouvelles entreprises. Il en va de même du projet d'avoir un enfant : on se débrouille avec les moyens du bord. Je pense que le choix de devenir parent est avant tout celui de se faire confiance en tant qu'individu et en tant que couple.

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