MON MEILLEUR CONSEIL FINANCIER AUX ÉTUDIANTS

Publié le 15/09/2012 à 00:00, mis à jour le 08/10/2013 à 09:11

MON MEILLEUR CONSEIL FINANCIER AUX ÉTUDIANTS

Publié le 15/09/2012 à 00:00, mis à jour le 08/10/2013 à 09:11

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En dépit de l'importante mobilisation du printemps dernier, les droits de scolarité des étudiants sont appelés à augmenter à long terme. Dans ce contexte, Les Affaires a demandé à huit spécialistes de prodiguer leur meilleur conseil financier aux étudiants.

HÉLÈNE GAGNÉ

Gestionnaire de portefeuille chez PWL Capital

Le temps, c'est de l'argent

Le meilleur placement qu'on puisse faire dans une vie est ni à la Bourse ni dans l'immobilier : c'est l'éducation. Il s'agit d'un facteur clé dans la détermination des revenus que vous générerez durant votre carrière et du niveau de vie dont vous profiterez aussi bien durant votre vie active qu'à la retraite.

Alors que j'amorçais mon cours universitaire en 1980, j'étais inquiète de m'endetter lourdement. Ma solution : faire un programme de trois ans en l'espace de deux. Comment ? En augmentant le nombre de cours chaque trimestre, y compris celui d'été.

Les programmes n'offrent pas tous une telle flexibilité, mais lorsque c'est faisable, les gains sont substantiels. Bien que les droits de scolarité restent les mêmes pour un baccalauréat achevé en deux ans, toutes les autres dépenses liées à la troisième année sont éliminées : logement, frais de subsistance, transport, etc. Mieux encore, cela permet d'arriver sur le marché du travail un an plus tôt. Tous y trouvent leur compte : l'étudiant qui touchera une année de salaire de plus, et le fisc qui percevra quand même les droits de scolarité et les impôts plus tôt que prévu !

Les commentaires de clients et d'amis me portent à croire que plusieurs étudiants prennent plus de temps que prévu pour mener à terme leurs études : leurs frais s'en trouvent accrus. Pour les motiver à terminer leurs cours au moins dans les délais convenus, on devrait offrir un remboursement partiel, des droits de scolarité. L'argent est toujours une source de motivation.

LUC POIRIER

Entrepreneur et promoteur immobilier

Ayez confiance en vous

L'important n'est pas d'où l'on vient, mais bien où l'on veut aller ! En fait, on va où on regarde...

Du HLM où j'habitais, vivant dans la pauvreté, il aurait été facile de faire comme la plupart des gens et de me contenter du minimum. La vie aurait été assez simple et sans grande responsabilité. Quand j'ai voulu me lancer en affaires, personne n'y croyait.

J'aurais facilement pu tout abandonner. Heureusement, j'ai persévéré et j'ai tracé mon propre parcours, celui que moi j'envisageais.

Fixez-vous des objectifs de vie, de carrière et autres. Idéalement, écrivez-les tous sur une feuille et relisez-les de temps à autre. Cela vous aidera à rester concentré sur ceux-ci, alerte et toujours prêt à saisir les bonnes occasions qui se présenteront à vous.

Les entreprises recherchant les meilleurs candidats ne regardent pas seulement leurs notes ou leurs certificats, mais aussi leur parcours de vie. Il ne tient qu'à chacun de vous d'améliorer les chances de faire ce que vous désirez. N'oubliez pas qu'il y a un prix à payer pour réussir, mais il y a aussi un prix à payer pour ne pas réussir.

Ayez confiance en vous et n'abandonnez jamais. Le trajet qui mènera à vos objectifs, tant financiers que de carrière, sera difficile, mais les efforts en augmenteront la satisfaction.

JEAN-PAUL GIACOMETTI

Gestionnaire de portefeuille chez Claret

Misez sur l'autonomie

Cette missive ne s'adresse pas à tous, mais plusieurs s'y reconnaîtront et d'autres en tireront peut-être profit. Dans ma carrière, j'ai croisé plusieurs parents qui ne comprenaient pas pourquoi leurs jeunes ne réussissaient pas, particulièrement à l'université. Pour illustrer ce point, voici un exemple réel. Un homme foncièrement bon, propriétaire de cinq pharmacies, pharmacien lui-même, voit sa fille partir à Montréal pour ses études. Pour « l'aider », lui et sa conjointe lui achètent une copropriété, ou condo, font eux-mêmes la peinture et achètent le mobilier. Pour couronner le tout, ils lui offrent une voiture pour faciliter ses déplacements. Tout cela dans le but de lui permettre de se consacrer entièrement à ses études. Je vois, dis-je aux parents, c'est le même traitement que vous avez eu lors de vos études en pharmacie. « Non, pas du tout. Nous, on l'a eu dur ! On a dû travailler les fins de semaine et les étés, partager un petit appartement, étudier fort, et tout cela sans prêt ni bourse. Nous voulons éviter à notre fille tous ces tracas. » Les années passent et la fille en est à son troisième changement d'orientation et vit aux crochets de ses parents. La morale : sans effort ni volonté, l'échec est presque assuré. À mon avis, le but ultime de tout parent est de conduire ses enfants à l'autonomie. Certes, on ne doit pas les abandonner, mais, de grâce, retenez-vous, chers parents ! Laissez vos enfants s'épanouir et atteindre leurs rêves !

BERNARD MOONEY

Chroniqueur au Journal Les Affaires

Devenez une machine à apprendre

La plus grave erreur que vous pouvez commettre, c'est de croire qu'une fois sorti de l'école, vous en aurez fini avec l'apprentissage. Peut-être n'irez-vous plus jamais dans une école version brique et béton, mais toute votre vie, vous aurez avantage à être en mode apprentissage.

Mon plus important conseil est justement d'aller plus loin que ce simple mode et d'en faire une mission tout au long de votre vie.

Concrètement, cela signifie de toujours chercher à approfondir vos connaissances, d'apprendre de vos erreurs et de lire constamment, d'abord sur votre domaine et ensuite sur tous les sujets.

Vous devriez appliquer ce même conseil à vos finances personnelles, en épargnant le plus possible de façon régulière, et cela, en investissant constamment et également votre épargne, dans un horizon temporel qui se compte uniquement en décennies.

Dès que votre capital vous le permettra, vous devriez investir en Bourse, qui est le meilleur outil pour vous enrichir à long terme. Dans le contexte actuel, quitte à paraître farfelu, je vous conseille de favoriser les actions au lieu de vous presser d'acheter une maison.

Mais pas n'importe comment. Si vous n'avez ni l'intérêt, ni le temps pour choisir vous-même vos titres, décidez dès le départ d'être un investisseur passif. Ce qui signifie d'acheter systématiquement, année après année, et exclusivement, le marché canadien et le marché américain dans leur ensemble par la voie des fonds négociés en Bourse.

Si vous voulez bâtir vous-même votre portefeuille, allez-y progressivement, en gardant en tête que la meilleure façon de faire de l'argent en Bourse est à très long terme.

FRANÇOIS POULIOT

Chroniqueur au Journal Les Affaires

Suivez votre intuition

D'abord, raisonnez par vous-même. Ce n'est pas parce qu'une option de cheminement est hors tendance ou, inversement, qu'elle est tendance qu'il faille la choisir. Il vaut mieux suivre ce que vous disent votre raison et votre intuition. Le conseil s'applique en toute chose.

On vous déconseillera sans doute d'acheter une automobile. J'ai eu mon premier véhicule au collégial. Je voulais devenir journaliste et il me fallait prendre de l'expérience. Impossible de couvrir l'actualité en région sans automobile. Ce fut un investissement qui mangea une bonne partie de mes payes, mais l'expérience acquise rapporta un rendement fort intéressant par la suite.

Cela ne veut pas dire de ne pas ménager son pécule. Moins on a de dette au sortir de l'université, plus on est en affaires. Cela procure une plus grande liberté entrepreneuriale. À l'époque de l'université, je rationnais les biscuits...

Initiez-vous jeune à l'investissement, mais n'y voyez pas un moyen de devenir riche. C'est à ce moment que ça devient dangereux. L'investissement est un moyen d'améliorer son niveau d'épargne, mais rien ne remplace le génie et l'effort comme catalyseur de richesse.

MARIE J. LACHANCE

Professeure à l'Université Laval

Faites un budget

Il n'y a pas de recette miracle, de truc magique ni d'application cool : il faut accepter de vivre selon ses moyens, lesquels sont, en général, très réduits durant les études. Dans ce but, il faut à tout prix éviter de se fier seulement à ses bonnes intentions, et il faut faire ce qu'on appelle, encore et toujours, un budget. C'est plate, un peu fastidieux la première fois, mais incontournable, parce c'est un outil objectif. Il faut s'asseoir et dresser par écrit une liste de tous ses revenus et de toutes ses dépenses mensuels pour l'année (ou du moins pour les deux trimestres qui viennent). Tout ! Il y a plusieurs sites Web qui proposent des formulaires tout prêts. Une fois ce travail fait, on saura combien on peut se permettre de dépenser, par semaine ou par mois. On en conserve au moins une copie qu'on garde à la vue pendant les premiers mois. En cours de route, on réajuste le budget déjà élaboré selon les revenus ou les dépenses imprévus. Évidemment, cet outil ne sert absolument à rien si on ne respecte pas la ligne de conduite qu'il va nous tracer. De là, le principe fondamental qui est d'accepter le niveau de vie qu'on peut se permettre durant ses études afin d'éviter un endettement trop élevé. Les vieux le disent : 3 ans ou 5 ans, c'est bien court dans une vie !

MICHEL MARCOUX

Président d'Avantages Services financiers

Apprenez à marcher avant de courir

L'une des plus grandes erreurs des investisseurs « en devenir » est de vouloir courir les marathons avant d'apprendre à marcher. Tout est trop lent... en cette ère du tout, dès maintenant. Mais cette envie ou cet espoir ne peut s'appliquer dans le merveilleux monde du placement. La richesse à tout prix, et peu importe le risque, n'est jamais une solution. Évidemment, il y a aura toujours quelques exceptions - je pense notamment aux créateurs de Facebook -, mais ils ne constituent pas la règle.

L'investisseur, avant de porter ce titre, doit d'abord apprendre à épargner.

Avant d'avoir un compte bancaire bien garni, il doit aussi apprendre à apprivoiser le risque. Chacun a droit à l'erreur, mais pourquoi reproduire ce qui se révèle un échec assuré !

Seulement deux facteurs influent sur votre portefeuille : votre horizon de placement et la corrélation de vos produits financiers qui le composeront.

Apprendre à épargner n'a rien de bien sorcier. Une mise de fond aussi faible que 10$ ou 20$ d'épargne systématique mensuellement est la meilleure méthode d'apprivoiser le monde du placement et de terminer un marathon dans un laps de temps tout à fait extraordinaire !

FRANÇOIS ROCHON

Président de Giverny Capital

Apprenez une méthode

J'ai étudié en génie, mais je suis devenu gestionnaire de portefeuille. Selon moi, le choix du domaine d'études n'est donc pas fondamental. J'ai d'abord appris une méthode de travail à l'École Polytechnique. Nous étions pas mal laissés à nous-mêmes, et il fallait apprendre à se débrouiller pour remettre à temps nos travaux et réussir nos examens. Par conséquent, je suis devenu autodidacte. Lorsque je me suis intéressé à la Bourse à mes débuts sur le marché du travail, cela a été fort utile.

Mon autre formation a été d'investir dans une PME alors que j'étais encore à l'université. J'y ai investi toutes mes épargnes et j'ai tout perdu en quelques mois. Quoique je ne voyais pas du tout les choses ainsi à l'époque, j'ai compris avec le recul que j'ai reçu des leçons inégalées du monde des affaires. La principale a été d'apprendre à regarder la réalité avec objectivité (c'est moins courant qu'on ne pourrait le croire).

Quand j'ai commencé à travailler, j'ai épargné un dollar sur deux de mes revenus, et j'ai ainsi pu rebâtir mon capital... et ensuite l'investir en Bourse. Découvrir les enseignements de Warren Buffett a alors changé ma vie. Je vous invite à trouver des modèles inspirants qui vous aideront à établir votre méthode.

Le retour du barbier riche, de David Chilton, qui vient de paraître aux Éditions Logiques, donne des conseils financiers de base qui peuvent être très utiles aux étudiants.

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