Littératie financière : «Il faut hausser l'intérêt des consommateurs envers les questions financières»

Publié le 20/04/2010 à 09:46

Littératie financière : «Il faut hausser l'intérêt des consommateurs envers les questions financières»

Publié le 20/04/2010 à 09:46

Intéresser les gens à la littératie financière est un grand défi, dit Jean St-Gelais. Photo : AMF

Les mots du PDG de l'Autorité des marchés financiers, Jean St-Gelais, illustrent l'ampleur de la tâche qui attend le Groupe de travail sur la littératie financière, de passage à Montréal lundi et mardi.

Selon les données de l'AMF, alors que 83 % des Québécois estiment qu'il est de leur responsabilité de s'informer sur les questions financières, 78 % avouaient n'avoir fait aucune recherche sur l'épargne et le placement en 2009.

Dans le cadre de consultations publiques portant sur les façons de relever le niveau de connaissance du public en matière financière, le Groupe de travail, lancé par le ministre fédéral des Finances Jim Flaherty l'an dernier, recueille les commentaires du public afin d'élaborer des recommandations qui serviront de base à une politique fédérale.

« Intéresser les gens à la question est le premier grand défi » de la littératie financière, dit Jean St-Gelais. Il estime en outre que le premier front à ouvrir dans la lutte à la méconnaissance est dans les écoles, qui doivent mettre l'éducation financière au menu.

Aucune démarche n'est faite en ce sens par l'AMF auprès du ministère de l'Éducation, explique Jean St-Gelais, qui ajoute néanmoins que l'AMF est prête « à fournir des outils [d'éducation financière] aux écoles qui en font la demande ».

Dans l'immédiat, l'AMF suggère de doter les organismes qui travaillent déjà à l'éducation financière, comme les fédérations de l'âge d'or et les coopératives d'économie familiale, d'outils et de budgets leur permettant de rejoindre un plus grand nombre de personnes.

« L'industrie a un rôle à jouer, c'est clair, ajoute-il. Plus leurs clients sont bien servis et aguerris, plus l'industrie en profitera. Je ne pense pas que l'industrie a intérêt à ce que ses clients soient moins bien préparés. »

Selon des données colligées par Statistique Canada pour le compte du Groupe de travail, plus du tiers des Canadiens ont du mal à faire le suivi de leur situation financière. Le quart au moins ne peut pas non plus planifier d'avance.

Une situation inquiétante pour financier montréalais L. Jacques Ménard, qui préside les audiences : « Il faut trouver le moyen de s'attaquer à ce problème », dit-il.

Pour les représentantes de l'Université des femmes, une association regroupant quelque 10 000 diplômées universitaires à travers le pays, les contrats de produits financiers où pullulent petits caractères et jargon légal sont un frein important à l'accès aux produits et services financiers pour de nombreuses personnes. Avoir accès à de la documentation claire et compréhensible est, selon elles, un « droit civique ».

Du côté du Mouvement d'éducation et de défense des actionnaires (Médac), on propose une série de mesures, dont un incitatif fiscal à l'éducation financière, qui permettrait par exemple de déduire des revenus de placements les sommes payées par les investisseurs qui s'éduquent sur la finance.

Le Médac propose en outre que les budgets de formation de la main d'œuvre, où la loi prévoit que 1 % de la masse salariale soit consacré à la formation, puissent être utilisés pour faire de l'éducation financière.

Le Groupe de travail doit faire des recommandations sur l'endettement, l'épargne et le placement, la planification de la retraite, la protection contre la fraude et les communications d'information financière.

Le document de consultation du Groupe est disponible ici.

 

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