Les titres favoris des experts

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Édition de Octobre 2021

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Édition de Octobre 2021

Par Dominique Beauchamp

(Photo: Marga Santoso pour Unsplash)

Les rebonds boursiers et des profits ont été aussi fulgurants que la récession pandémique a été courte. Maintenant que la reprise mûrit et que la Bourse multiplie les records, nous avons demandé à quatre gestionnaires de portefeuilles de partager leurs meilleures suggestions de titres à considérer cet automne. 

* Toutes les données sous chaque titre proviennent de Reuters.

 

Brian Madden

Vice-président principal et gestionnaire de portefeuille, actions canadiennes, Goodreid Investment Counsel

Le gestionnaire de fortunes privées propose un trio qui respecte son approche équilibrée, soit un titre de croissance structurelle, un choix plus défensif et un titre plus cyclique dont les perspectives sont intéressantes sur une période de trois à cinq ans.


Le fabricant des parkas Canada Goose applique sa stratégie à long terme

GOOS, 49,48 $
Ratio cours/bénéfice prévu : 34,9 fois
Hausse prévue des bénéfices en 2022 : +46,0 %

À son entrée en Bourse, les investisseurs s’arrachaient le fabricant de parkas de duvet de luxe grâce au potentiel de croissance de sa marque mondiale. Quatre ans plus tard, les résultats inégaux et les répercussions de la pandémie sèment le doute sur sa stratégie qui consiste à élargir sa gamme de produits et à l’offrir directement aux consommateurs.

Après le sommet de 95,58 $ atteint en 2018, l’action a plongé de 69 % jusqu’au plancher de 29,30 $ touché en août 2020, avant de rebondir au cours actuel. 

Brian Madden, qui a acheté des actions en décembre 2020, croit au contraire que la valeur de la marque est toujours aussi forte qu’avant, notamment dans le marché chinois prisé où la société réalise déjà 34 % de ses revenus. Les ventes en ligne et dans les boutiques Canada Goose seront aussi plus rentables pour le fabricant qui élague les détaillants externes qui offrent ses vêtements. 

À ses yeux, la marque au logo distinctif a encore beaucoup de place pour s’étendre géographiquement, un autre aspect de la stratégie qui progresse.

« C’est le cas classique d’une entreprise trop choyée en Bourse pour laquelle les attentes étaient trop élevées. Chaque trimestre, des actionnaires impatients quittent le navire, mais nous croyons que la force de la marque est intacte et que la société fait un travail exceptionnel pour réaliser sa vision à long terme », soutient le gestionnaire d’actions canadiennes.

L’ajout de manteaux légers, tricots, polars, bottes et chaussures à la gamme de produits conçus par l’entreprise atténuera aussi la saisonnalité des ventes et étalera mieux la capacité de production, tout en « faisant vivre la marque toute l’année », croit-il.

La vente directe aux consommateurs, qui devrait passer de 55 % à 70 % des revenus entre 2020 et 2022, améliore aussi la capacité du fabricant à planifier la production en fonction de la demande et à raffiner sa mise en marché, renchérit Brian Madden.

Le ralentissement chinois préoccupe certains investisseurs, mais les articles de luxe défient généralement les cycles de consommation, explique le gestionnaire de portefeuille. Au premier trimestre, les ventes en Chine ont d’ailleurs plus que doublé tandis que les ventes en ligne mondiales ont bondi de 80,8 %.

Quant aux inquiétudes suscitées par des marges brutes inférieures aux attentes au plus récent trimestre, le gestionnaire n’y voit pas de problème structurel. Cela reflète le plus fort rebond des ventes en magasin qu’en ligne par rapport aux résultats déprimés par la pandémie, et aussi la plus grande proportion des ventes d’articles moins rentables que les parkas.

L’évaluation du titre a fondu depuis 2018 d’un multiple d’environ 80 fois les bénéfices, au zénith de 2018, à 33 fois, précise le gestionnaire.

Sans oublier que la société a instauré en août un plan annuel de rachat de 10 % de ses actions.

 

La doyenne des redevances aurifères, Franco-Nevada, est une valeur sûre

FNV, 180,29 $
Ratio cours/bénéfice prévu : 39,9 fois
Hausse prévue des bénéfices en 2022 : +7,5 %

La pionnière des redevances minières est le choix prudent du gestionnaire pour les portefeuilles de ses clients. Le titre est toujours chèrement évalué, mais la qualité se paie, dit Brian Madden, qui détient le titre depuis de nombreuses années.

Le modèle d’affaires de la société n’est plus unique, mais les dirigeants chevronnés et leur accès privilégié aux plus gros gisements miniers font la différence, dit-il.

Franco-Nevada s’apparente plus à une société financière qu’aux producteurs aurifères puisqu’elle obtient des redevances de la production de mines en échange d’investissements dans les producteurs.

« L’entreprise est donc exposée à l’appréciation du cours de l’or sans assumer le risque opérationnel d’une mine — que ça soit une inondation, des problèmes techniques ou autre — ou encore l’inflation des coûts », ajoute le financier.

L’entreprise bénéficie en plus des plans d’exploration des sociétés minières en portefeuille qui forent pour accroître leurs réserves et leur production, explique le gestionnaire de Toronto.

Franco-Nevada profite donc doublement lorsque le cours de l’or augmente et que les producteurs qu’elle finance produisent plus d’onces d’or, ajoute Brian Madden, qui croit aussi que l’or n’a pas perdu son statut de valeur refuge.

Ces dernières années, la société s’est aussi diversifiée dans les redevances pétrolières et de minerai de fer. En 2025, elle estime que le minerai de fer lui fournira de 4 % à 5 % de ses revenus annuels.

En retour, Franco-Nevada utilise les flux de trésorerie qu’elle génère pour ajouter au portefeuille de redevances et distribuer environ le quart de ses bénéfices en dividendes.

 

La pétrolière Parex Resources partage ses profits avec ses actionnaires 

PXT, 18,38 $
Ratio cours/bénéfice prévu : 4,5 fois
Hausse prévue des bénéfices en 2022 : +36,3 %

Le producteur de pétrole intermédiaire est établi à Calgary, mais ses puits sont tous situés en Colombie, où il est le deuxième principal producteur du pays. C’est un choix de titre nettement plus cyclique bien que la société priorise la création de valeur pour les actionnaires, signale le gestionnaire.

Non seulement les conditions d’affaires et les marges d’exploitation sont-elles nettement plus intéressantes en Colombie qu’au Canada, ce qui protège la rentabilité lors des ralentissements économiques, mais l’entreprise ajuste aussi sa production selon les variations des cours du pétrole.

Ainsi, pendant la chute pandémique du cours du pétrole, au printemps 2020, la société a suspendu certains puits alors qu’elle produit maintenant à plein régime. En 2020, la société est restée rentable malgré la baisse de 12 % de sa production.

« C’est assez rafraîchissant de voir un producteur mettre de l’avant les profits au lieu du volume de production. Au cours actuel du pétrole, la rentabilité de Parex est fantastique », évoque Brian Madden.

Depuis que sa mise en vente a échoué en 2018, faute d’offres suffisantes, Parex souhaite accroître sa production par action et met l’accent sur sa répartition de capital. 

Elle a notamment racheté et éliminé 720 millions de dollars américains (M$ US) ou 16 % de ses actions dans le marché depuis octobre 2017 et verse même un premier dividende qui procure un rendement de 2,8 %, depuis le mois dernier. 

Le nouveau président en poste depuis février, Imad Mohsen, 47 ans, mettra à contribution son savoir-faire en planification stratégique et en excellence opérationnelle acquis chez Royal Dutch Shell et Tulip Oil.

Malgré sa performance en Bourse depuis trois ans, le titre est encore « ridiculement » peu cher, affirme Brian Madden, puisqu’il s’échange à un multiple de seulement 2,7 fois les flux de trésorerie prévus en 2022.

Parex n’a aucune dette et dispose de plus de 300 M$ US en liquidités pour financer ses projets d’expansion colombiens et ses nouveaux dividendes. Les acquisitions ne sont pas exclues, bien qu’elles ne soient pas prioritaires en ce moment, croit Brian Madden. 

 

Barry Schwartz

Chef des investissements, Baskin Wealth Management 

Le gestionnaire de fortunes privées et de fondations met de l’avant trois sociétés performantes menées par des PDG avertis qui créent de la valeur.

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