Les prévisions de fin d'année des stratèges

Offert par Les Affaires


Édition du 08 Septembre 2021

Les prévisions de fin d'année des stratèges

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Édition du 08 Septembre 2021

(Photo: 123RF)

Depuis le début de l’année, les marchés boursiers ont affronté la troisième vague de la pandémie de COVID-19 et la montée de l’inflation. Malgré tout, les principaux indices nord-américains se négocient aux alentours de sommets historiques grâce à la reprise économique. Après un assouplissement des mesures sanitaires et au moment où la quatrième vague et le variant Delta menacent, que nous réserve le reste de 2021? Trois stratèges ont bien voulu partager leurs réflexions avec Les Affaires.

 

Les ménages entrent en phase postrécession

Michel Doucet, vice-président, stratège d’investissement et gestionnaire de portefeuille à Gestion de patrimoine Desjardins

« C’est la poursuite des Années folles, comme dans les années 20 du siècle dernier après la Première Guerre mondiale, aussi marquées par une pandémie de grippe espagnole », illustre Michel Doucet. Bref, une reprise qui va se poursuivre, stimulée par la production et la consommation de masse et par des banques centrales et des gouvernements qui s’investissent sans retenue pour préserver les acquis, explique-t-il.

Les ménages entrent selon lui en phase postrécession en étant aussi riches — sinon plus — qu’avant la pandémie. « C’est une première dans l’histoire que les ménages soient aussi riches et que les entreprises soient en aussi bonne position au sortir d’une récession, souligne-t-il. Le choc pandémique a été colossal, mais la reprise l’est tout autant. »

Michel Doucet ne s’inquiète pas de l’inflation, qui est passée d’une moyenne de 0,73 % en 2020 à 2,26 % en 2021, selon les données de la Banque du Canada. Une tendance à la hausse qui s’observe depuis avril dernier. « Il y a des bienfaits à l’inflation, notamment comme outil pour baisser le taux de chômage. » À son avis, les banques centrales vont tout faire pour que la reprise économique se poursuive, quitte à laisser l’inflation dépasser sa cible annuelle moyenne d’environ 2 %. Il note que les marchés ne s’inquiètent plus autant de cette hausse inflationniste. « Cela a créé de l’inquiétude en mars dernier, mais il y avait une conjonction de facteurs avec la hausse du prix du pétrole et de la demande pour les voitures, la réouverture des restaurants et la frénésie immobilière. »

Le stratège de Desjardins se dit encore plus optimiste à l’égard du marché des actions qu’envers celui des obligations. « La politique monétaire expansionniste des banques centrales vient un peu chambouler l’environnement dans lequel on se trouve », rappelle-t-il.

En matière de répartition géographique, il aime particulièrement le Canada et les États-Unis. Il envisage une croissance économique au pays qui oscille entre 6 % et 6,5 % et de 6,5 % à 7 % au sud de la frontière. « En matière de ressources naturelles et de pétrole, c’est la continuité de la reprise au pays. » Résultat de son optimisme pour les marchés nord-américains, il sous-pondère l’Europe, le Japon et les pays émergents.

« Pour l’investisseur particulier, il est important de s’en tenir à son profil de risque et à sa stratégie initiale et de rééquilibrer son portefeuille sur une base régulière », résume l’expert. Il juge appropriée une pondération de 50 % à 55 % en actions, de 40 % en obligations et la balance en encaisse. « Cela a toujours bien fonctionné dans le passé. C’est ça, l’investissement : un processus rigoureux qui, s’il est suivi à la lettre, va procurer des gains à long terme. »

Michel Doucet s’attend par ailleurs, comme cela s’est fait aux États-Unis, à ce que le Bureau du surintendant des institutions financières (BSIF) mette fin au moratoire et permette aux financières de racheter leurs actions et d’augmenter leurs dividendes d’ici un an. « Ils vont d’abord attendre que se terminent les différents programmes d’aide fédéraux qui ont été mis sur pied pour affronter la pandémie, afin de voir quel est l’état de la situation de l’emploi au Canada et si les gens seront alors en mesure de faire face à leurs obligations financières. »

Le stratège de Desjardins s’attend à une possible hausse du taux directeur, mais probablement pas avant la fin de 2022. Même s’il estime que le Canada n’est pas à l’abri d’un événement perturbateur, ce dernier ne viendra pas de la COVID-19. « Nous savons maintenant ce qu’il faut faire pour que l’économie fonctionne malgré la pandémie, donc nous pouvons agir en conséquence. » Il demeure en revanche préoccupé par l’état des relations commerciales du Canada et des États-Unis avec la Chine, et par le niveau d’endettement des ménages au pays.

 

Cibles des principaux indices à la fin de 2021

S&P/TSX: 21 500 points
S&P 500: 4 620 points
Prix du baril de pétrole: 70-75 $ US
Or: 1750‑1800 $ US/oz.

Répartition de l’actif

Plus: les financières, les communications, les soins de santé et l’énergie

Moins: la consommation de base et discrétionnaire, les services publics et l’immobilier

Risques: les relations sino-américaines et le niveau d’endettement des ménages

 

La reprise économique se poursuivra

Stéphane Rochon, chef stratège chez BMO Nesbitt Burns


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