Les cinq pièges à éviter à la Bourse

Publié le 19/03/2010 à 18:00

Les cinq pièges à éviter à la Bourse

Publié le 19/03/2010 à 18:00

Par Bernard Mooney

Savoir éviter les pièges en cinq points. Photo : les affaires

Chronique. Année après année, les investisseurs sont loin d'obtenir un rendement semblable à celui des principaux indices boursiers.

L'écart est encore plus prononcé lorsque les marchés connaissent une mauvaise année. C'est ce que montrent avec éloquence les sondages de Dalbar, une firme de recherche de Boston.

Par exemple, pour la période de 20 ans terminée à la fin de 2008, l'indice new-yorkais S&P 500 a affiché un rendement annuel assez intéressant de 8,35 %. Savez-vous quel a été le rendement de l'investisseur moyen pendant cette période ? Seulement 1,87 %, selon Dalbar, qui étudie chaque année le comportement des investisseurs dans le but d'évaluer les rendements réels qu'ils obtiennent (son rapport pour 2009 n'est pas encore disponible).

Dalbar évalue les rendements réels des investisseurs à partir des achats et des ventes de parts de fonds d'actions. Par exemple, son modèle tient compte du fait que plus les indices boursiers progressent, plus les investisseurs ont tendance à acheter des fonds d'actions; l'inverse est également vrai.

Voici un autre exemple de la contre-performance des investisseurs : les années 1984 à 2002 ont été parmi les meilleures de tous les temps à la Bourse. L'indice S&P 500 a réalisé un rendement annuel composé de 12,2 %. Or, pendant cette période glorieuse, les investisseurs ont affiché un rendement annuel de 2,57 %, selon Dalbar.

C'est un phénomène pernicieux : lors des années de baisse, les investisseurs sont malmenés, tandis que pendant les bonnes années, ils ne font pas vraiment d'argent.

Pourquoi ? Selon moi, les investisseurs tombent régulièrement dans cinq pièges qui leur font perdre de l'argent en Bourse. À vous de les éviter...

1. Essayer de prévoir le marché

Pour de nombreux investisseurs, acheter des actions avant qu'elles ne grimpent et les vendre avant qu'elles ne baissent est la clé de l'enrichissement rapide et facile.

Une grande partie des commentaires et des informations portant sur la Bourse laisse croire que c'est possible. Or, non seulement c'est hors de la portée de la plupart des investisseurs, mais c'est aussi une pratique dangereuse et irrationnelle.

Essayer de prévoir le marché signifie deux choses : cela présume que vous êtes capable de prédire les sommets, et de prédire exactement quand la Bourse remontera. Vous devez viser dans le mille les deux fois pour vraiment faire de l'argent. Et vous devez réussir cet exploit à répétition. Bonne chance !

Je ne connais qu'une façon de s'enrichir à la Bourse : rester sur les marchés, beau temps, mauvais temps. La preuve : si de 1900 à 2008, vous aviez raté les 10 meilleurs jours de la Bourse (sur la base de l'indice Dow Jones), vous auriez perdu les deux tiers de la valeur de votre portefeuille, révèle une étude réalisée par un professeur de finance espagnol, Javier Estrada. Pensez-y : une absence de 10 jours sur un total de 29 694 jours en 109 ans (0,03 % du total), et votre portefeuille vaut 66 % de moins !

2. Se laisser influencer par les cotes boursières

On ne contrôle pas les cotes boursières. La Bourse a tendance à passer de l'euphorie à la dépression. Si vous vous laissez influencer par ce comportement, les marchés boursiers s'amuseront follement avec vous.

Le " joueur boursier ", qui a une fixation sur les cotes et les fluctuations boursières, est certain de se brûler les ailes. Cette fixation est telle que pour les pseudo-investisseurs, la cote est le début et la fin du placement. On confond maintenant la fluctuation boursière et la performance économique d'une société.

En effet, lorsque le titre monte, nombre d'investisseurs concluent que " cela doit être une bonne entreprise ". Et lorsqu'un titre dégringole, il est clair selon eux que l'entreprise est médiocre. Là s'arrêtent leurs recherches boursières. Et ils se demandent pourquoi ils ne font pas d'argent...

L'obsession des cotes fait en sorte que la plupart des investisseurs sont portés à acheter l'action lorsqu'elle est près d'un sommet (parce que le titre est hot) et à la vendre, sur le coup du désespoir, près des creux. C'est la recette idéale pour perdre de l'argent.

3. Transiger souvent

Le fait d'être obsédé par les cotes boursières pousse l'investisseur à multiplier les transactions, au point d'en être boulimique.

J'irais jusqu'à dire que l'avènement des courtiers escompteurs à bas prix a été une calamité pour les investisseurs. Ils donnent l'impression qu'il n'en coûte presque rien de réaliser une transaction.

C'est une grave erreur. D'abord, des frais de 10 $ par transaction peuvent paraître une aubaine. Mais si vous réaliser cinq transactions par jour, la facture montera à 12 000 $ à la fin de l'année.

Rappelez-vous qu'une transaction découle habituellement de deux décisions : si je décide de vendre le titre ABC, je devrai décider plus tard d'acheter le titre XYZ. On parle de deux décisions, donc de deux risques de se tromper ! Si vous ne savez pas trop ce que vous faites, négocier souvent est le moyen idéal de vous appauvrir.

Avec le temps, j'en suis venu à la conclusion qu'il faudrait passer chez le notaire avant de réaliser une transaction boursière. Ce serait coûteux, long et épuisant. Résultat : on y penserait à deux fois avant de négocier et par conséquent, nos transactions seraient plus réfléchies.

4. Penser à court terme

Les ouvrages sur le placement insistent sur l'importance d'investir à long terme. Ah, le long terme, comme c'est important... Cependant, en réalité, rares sont ceux qui respectent ce principe. C'est le plus bel exemple du " fais ce que je dis, pas ce que je fais. "

Il y a 30 ans, l'investisseur conservait son titre pendant cinq ans en moyenne; aujourd'hui, il le conserve pendant six mois, 10 fois moins longtemps, selon SG Global Research.

Dites-moi : obtenez-vous de meilleurs résultats parce que vous chambardez votre portefeuille deux fois l'an ? Pourtant, cette approche a de nombreux désavantages. Le plus important, c'est que si vous investissez à court terme, vous affrontez 95 % des autres investisseurs. Encore là, je vous souhaite bonne chance. Vous affrontez alors des professionnels qui gèrent des milliards de dollars en capital, des équipes dont les tentacules atteignent tous les marchés du monde et qui sont constamment branchés sur Wall Street. Ils sont nourris d'informations, gavés devrais-je dire, par les plus importants courtiers de la planète. Les petits investisseurs n'ont aucune chance contre de tels concurrents.

5. Acheter des placements compliqués

Je n'en reviens pas de la propension qu'ont tant de personnes de se laisser tenter par des placements trop complexes.

En fait, je sais fort bien comment cela se passe : ces placements sont vendus par des professionnels qui mettent l'accent sur certains aspects attrayants de ces produits et en taisent les aspects moins glorieux (comme les frais de gestion).

Mon approche est à l'opposé, et se résume par l'acronyme KISS : Keep It Simple, Stupid !

Cela s'applique tant à ma stratégie générale (100 % actions), qu'aux produits qui m'intéressent et au type de sociétés que j'étudie. Chaque fois que j'ai dérogé à cette politique, je l'ai regretté.

Si vous ne comprenez pas un placement qu'on vous offre, ne l'achetez pas.

 


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