Le CELI de Phillippe Aubert Couture: début hésitant, futur encourageant

Publié le 10/12/2021 à 07:30

Le CELI de Phillippe Aubert Couture: début hésitant, futur encourageant

Publié le 10/12/2021 à 07:30

Par Jean Décary
Phillippe Aubert Couture

Phillippe Aubert Couture a ouvert son CÉLI peu de temps après, en 2015, motivé par le «tuyau» d’un collègue boursicoteur. (Photo: courtoisie)

PLEINS FEUX SUR MON CELI est une rubrique où des investisseurs individuels partagent avec nous leurs bons et mauvais coups en investissement tout en soumettant leur portefeuille à l’analyse d’un pro.


(Illustration: Camille Charbonneau)

 

Nom: Phillippe Aubert Couture

Âge: 28 ans

Profession: technicien arpenteur

Valeur du CELI: 32 500$

Stratégie: titres individuels et FNB

Bon coup: avoir investi dans son éducation financière

Mauvais coup: investir sur la base de «tuyaux»

Objectif: atteindre la liberté financière

Son conseil à l’investisseur qui commence: s’intéresser à la littéracie financière

 

Malgré tout l’amour qui leur porte, les parents de Phillippe Aubert Couture ont été pour lui une sorte d’anti-modèle en matière de finances personnelles. «On ne parlait pas d’argent à la maison, sauf quand il en manquait», explique-t-il, mais ajoute aussitôt qu’il n’a jamais manqué de rien. «Ils faisaient des pieds et des mains pour que nous soyons heureux et pratiquions des sports (ski et hockey), souvent en s’oubliant eux-mêmes.»

Comme bien d’autres Québécois, même pourvus de formations universitaires et collégiales, ses parents ne maîtrisaient pas les rudiments de la finance personnelle. «Ils avaient tendance à vivre à crédit et n’avaient pas de plan financier.» Il va tirer d’importantes leçons à les voir «tirer le diable par la queue».

Après avoir quitté son village natal dans le Centre-du-Québec à 21 ans, le jeune travailleur s’installe dans la métropole pour y œuvrer sur les grands chantiers de l’heure, comme l’échangeur Turcot et le REM. Il ouvre son CÉLI peu de temps après, en 2015, motivé par le «tuyau» d’un collègue boursicoteur. «J’ai investi toute ma première paie dans une compagnie minière canadienne qui avait des opérations au Mexique. J’ai mangé des toasts par la suite!»

Son investissement dans Granada Gold Mine (GGM.V, 0,09 $) va être un coup d’épée dans l’eau. Il ne déchante pas et enchaîne l’achat de titres spéculatifs comme Hexo Corp (HEXO.TO, 1,38 $), Radient Technologies (RTI.V, 0,05 $), Venus Concept (VERO, 1,28$) et Stornoway Diamond (SWYDF, 0,0014$), dans lesquels il réalisera des pertes (sur papier) de quelques milliers de dollars.

Après avoir durement travaillé à fort bon salaire, il prend la décision de revenir au bercail à Ham-Nord. «À la campagne, car je voulais venir y travailler pour vivre et non vivre pour travailler.» Il en profite pour approfondir ses connaissances et réorienter sa stratégie d’investissement. «Je me suis bien rendu compte que ce n’était pas si simple que ça. J’ai alors décidé d’investir dans ma bibliothèque.»

Il se met à écouter des balados, dont Le Planif de Fabien Major et Sujet Capital de PWL Capital. Il va aussi lire toutes sortes d’ouvrage sur l’investissement. Les bouquins Père riche père pauvre de Robert T. Kyosaki, Les millionnaires ne sont pas ceux que vous croyez de Nicolas Bérubé, et The Snowball, une biographie de Warren Buffett par Alice Schroeder, vont l’influencer.

Qu’a-t-il retenu de ses lectures? Ses découvertes pointent dans la même direction: privilégier les fonds négociés en Bourse, cultiver la patience et laisser les intérêts composés faire leur travail. Il investit de façon systématique chaque mois. «Mes cotisations sont dirigées vers la huitième merveille du monde: le FNB Vanguard All-Equity (VEQT, 36,96 $).»

Ne craignant pas la volatilité, il obtient un prêt pour investir lors du repli boursier de mars 2020. «J’ai tout remboursé depuis et je guette la bipolarité de “M. Marché” pour investir lors du prochain creux.» Il a beaucoup appris par lui-même, mais il fait aussi confiance à d’autres pour gérer ses sous. Son autre CÉLI, son REER et un compte non enregistré ont été confiés à la firme québécoise de placements Barrage Capital. L’ensemble des actifs boursiers de M. Aubert Couture avoisine aujourd’hui le quart de million de dollars.

Idéalement, il souhaiterait lever un peu le pied à 40 ans et ne travailler qu’une trentaine d’heures par semaine. La liberté financière viendra bien un jour, mais il n’est pas pressé. «J’aime mon travail. Je veux juste choisir de le faire quand je le veux.» Mieux outillé en investissement, c’est à son tour de rendre la pareille à ses parents. «Je les ai accompagnés dans leur démarche avec un conseiller financier. Ils ont maintenant un plan et des outils pour être plus libres financièrement.» C’est d’ailleurs l’un des messages qu’il aimerait partager: «il n’est jamais trop tard pour prendre en main ses finances, peu importe qui nous sommes et d’où nous venons.»

 

Dans l’œil d’un pro

«Globalement, il est en meilleure posture financière que bien des gens de son âge et c’est tout à son honneur», observe Martin Lalonde, président et gestionnaire de portefeuille chez Rivemont. Il salue les démarches effectuées par ce jeune travailleur pour mieux comprendre à la fois les rouages des finances personnelles et celles de l’investissement. «Il a décidé de se renseigner et de lire, et je crois que c’était la chose la plus importante à faire. L’information est disponible, il faut en tirer avantage.»

Le président de chez Rivemont observe que la position principale du portefeuille, VEQT (à 66%), est un FNB qui est en fait un fonds de fonds. «Il se trouve à acheter quatre fonds sous-jacents, c’est-à-dire quatre autres fonds de Vanguard, ce qui explique pourquoi les frais sont légèrement plus élevés.»

Il fait remarquer que si la personne utilise un compte de courtage à zéro commission, elle pourrait s’aventurer à détenir les 4 fonds séparés et ainsi diminuer un peu ses frais de gestion et moduler sa diversification. «Le fonds est déjà à 75% dans des titres de grandes capitalisations nord-américaines (plus sa position dans le titre de Berkshire Hathaway). Je lui conseillerais de songer à une meilleure diversification en augmentant son exposition aux entreprises de moyenne et de petite capitalisation.»

M. Lalonde aime le FNB Bitcoin (QBTC, 67,50 $) «un super beau produit», mais trouve son exposition timide si c’est la seule de tout son portefeuille. «S’il croit à la cryptomonnaie, il faut en avoir suffisamment pour faire bouger l’aiguille.» Il recommande d’ordinaire d’accorder environ 5% de l’actif global à une position en cryptomonnaie. «Avoir juste un orteil dans l’eau n’est souvent pas la bonne option. S’il a fait ses devoirs et qu’il a une conviction, comme pour n’importe quelle position, il doit se commettre. Autrement mieux vaut passer.»

Pour le gestionnaire de portefeuille, les nombreux titres qui agonisent dans le compte démontrent que Phillippe Aubert Couture n’avait pas encore développé de stratégie de vente. Il précise que c’est souvent la chose la plus dure à faire comme investisseur individuel. «La stratégie d’achat est plus facile à développer que celle de la vente, mais cette dernière est tout aussi importante, surtout pour limiter les dégâts quand notre thèse d’investissement ne tient plus la route.» Si les commissions sont gratuites, il lui recommande de faire du ménage et de déployer le capital dans un titre ou un fonds auquel il croit.

*Le ratio de frais de gestion du seul FNB de Phillippe Aubert Couture: VEQT: 0,24% 

 

Si vous souhaitez vous aussi partager avec les lecteurs de Les Affaires votre stratégie d’investissement dans votre CELI et faire analyser votre portefeuille par un pro, écrivez-nous à denis.lalonde@groupecontex.ca

 

Le portefeuille de Phillippe Aubert Couture

Titres Symboles % du portefeuille
FNB Vanguard All-Equity portfolio VEQT.TO 66,79%
Berkshire Hathaway BRK.B 11,18%
Espèces *** 10,97%
FNB Bitcoin QBTC-U.TO 8,98%
Granada Gold Mine GGM.V 1,07%
Hexo Corp HEXO.TO 0,29%
Venus Concept VERO 0,23%
Radient Technologies RTI.V 0,17%
Theratechnologies TH.TO 0,16%
Stornoway Diamonds SWYDF 0,16%
Total --- 100%

 


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