Le CELI de Julien Guitard: à fond la caisse


Édition du 09 Mars 2022

Le CELI de Julien Guitard: à fond la caisse


Édition du 09 Mars 2022

Par Jean Décary

Julien Guitard: âgé de 29 ans, le technicien en automatisme possède 128 000$ dans son CELI. Grâce aux titres individuels, il souhaite notamment atteindre l’indépendance financière. (Photo: courtoisie)

PLEINS FEUX SUR MON CELI est une rubrique où des investisseurs individuels partagent avec nous leurs bons et mauvais coups en investissement tout en soumettant leur portefeuille à l’analyse d’un pro.


(Illustration: Camille Charbonneau)

 

Il n’a pas encore 30 ans et son CELI, qui pointe légèrement sous les 130 000 $, surpasse de plus de 350 % la moyenne générale pancanadienne de 34 917 $. Pourtant, le technicien à Hydro-Québec n’a pas réalisé l’impossible. Il ne fait qu’appliquer les règles de base de l’enrichissement personnel:économiser, investir et recommencer. «Dès mes premiers emplois, je me suis mis à investir une bonne partie de mes paies.» Il estime aujourd’hui pouvoir épargner plus de 40 % de son salaire.

Sa bougie d’allumage en investissement? «Mon père. Je le vois encore, à l’époque, consulter les cotes de la Bourse dans les journaux ou à la télévision et ça m’intriguait.»Il ouvrira son CELI en 2013 après avoir passé plus d’un an à faire ses recherches et à gonfler son compte en banque. Ses lectures et sa préparation ne l’empêcheront pas de céder à l’appât du gain. Il investit dans des titres spéculatifs, comme Stornoway Diamond (SWYDF, 0,0021 $) et BlackBerry (BB, 8,47 $) et y perd quelques plumes.

Après un début en investissement mitigé, Julien Guitard va affiner sa stratégie:se concentrer sur des entreprises de grosse capitalisation avec de solides données fondamentales. Il garnira son CELI d’entreprises bien connues, comme le détaillant Canadian Tire (CTC-A, 181,48 $), la société de chemins de fer Canadien National (CNR, 158,24 $) et le géant des dépanneurs Alimentation Couche-Tard (ATD, 52,65 $).

Depuis qu’il a jeté les bases de sa stratégie, il continue de poursuivre son apprentissage du secteur des valeurs mobilières et de l’économie en général. La récente lecture du dernier livre de Nicolas Bérubé, «De zéro à millionnaire. Investir en Bourse sans souffrir»l’a mené à s’interroger sur sa stratégie d’investissement. «Puis-je réellement battre les indices ? Et si non, devrais-je opter pour des FNB ?»C’est une question de taille pour cet investisseur autonome qui gère plus de 90 % d’un portefeuille boursier dont l’actif frise aujourd’hui les 360 000 $. Le jeune travailleur, qui a la chance d’avoir une bonne caisse de retraite, sait qu’il a du temps pour y penser et un horizon de placement à très long terme. «La seule chose, c’est que j’aimerais utiliser une partie de mon argent pour une mise de fonds sur une maison, d’ici cinq ans environ».

 

Dans l’oeil d’un pro

«Je lui dis bravo pour son épargne. Avec le temps et tout au long de sa vie, ses placements vont pouvoir profiter de la magie des intérêts composés», mentionne Andrew Kost, gestionnaire de portefeuille chez Allard, Allard & associés. «C’est bien d’économiser, mais il ne faut pas non plus oublier de profiter de la vie», rappelle-t-il cependant.

Andrew Kost aime sa stratégie qui consiste à pri-vilégier les titres d’entreprises solides versant des dividendes croissants. Il note toutefois qu’un dividende en soi n’est pas la panacée. «Encore faut-il qu’il soit soutenable dans le temps.»

Dans l’optique où ce dernier prévoit à court terme faire une mise fonds pour l’achat d’une maison, il lui recommande de se garder une portion en encaisse ou dans des dépôts à terme. «Il doit réduire le risque de l’argent qu’il utilisera sous peu.»

Andrew Kost fait aussi remarquer que l’investisseur aurait intérêt à rééquilibrer son CELI à l’occasion. «Un portefeuille n’est pas statique et quand un titre, surtout s’il est chèrement valorisé, dépasse une certaine pondération, il est opportun d’agir. Il peut bonifier d’autres positions qui se négocient à de meilleurs niveaux de valorisation.»Il pense, entre autres, à Canadian Tire, qui représente près de 17 % du CELI. Il note aussi que ce dernier est très axé sur les titres de télécommunication. «Il ne lui manque que Rogers !»

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