L’art de planifier votre succession… et celle de vos parents

Publié le 20/10/2016 à 09:29

Faites-vous partie de la « génération sandwich », c’est-à-dire ces gens qui doivent prendre soin de leurs enfants et de leurs parents vieillissants en même temps?


Si votre réponse est positive, vous faites sûrement face à un double défi dans divers aspects de votre vie, dont celui de la planification successorale, explique François Bernier, directeur, techniques de planification avancées, à la Financière Sun Life.


D’un côté, vous devez penser à préparer votre propre succession en bonne et due forme. « Ces personnes sont nombreuses à vivre en union de fait avec ou sans enfants, en mode garde partagée ou au sein d’une famille recomposée, c’est très important qu’ils rédigent un testament et qu’ils le tiennent à jour, dit François Bernier. Sinon, en cas de décès, les choses risquent de ne pas se passer comme ils l’auraient souhaité. »


De l’autre, puisqu’ils hériteront souvent de leurs parents qui auront possiblement cumulé un patrimoine, ils doivent participer, en collaboration avec le reste de leur famille (parents, fratrie, proches, etc.), à la préparation de l’inéluctable décès de leurs parents et de la gestion d’un possible legs en plus de voir à s’occuper d’eux en cas de la survenance d’une inaptitude. Ce qui n’est jamais simple.


Aider ses parents à planifier la suite


Avec plus de 33 années d’expérience, Marco R. Carreau, conseiller en sécurité financière et planificateur financier chez Solutions Financière Marco R. Carreau Inc., a vu bien des familles se déchirer autour d’un héritage mal planifié. « Pour plusieurs personnes au Québec, la mort et l’argent sont des sujets tabous. Il faut donc avoir le courage d’ouvrir la discussion au sein de la famille afin que les volontés et attentes de tous soient connues.»


Qui devrait ouvrir le dialogue sur ces questions délicates? « Ça dépend de la dynamique familiale. Mais souvent, il faudra que ça vienne des enfants. Je remarque que les baby-boomers tendent à être assez fermés sur ces questions : c’est leur argent, leurs affaires et ça ne regarde personne… Mais ils ont tout intérêt à en discuter avec leurs enfants pour éviter des chicanes.»


En effet, les parents ont souvent avantage à faire connaître l’essence de leurs volontés testamentaires, seconde François Bernier. «  Il faut laisser savoir aux héritiers, dans les grandes lignes du moins, quelle est notre situation et comment le partage sera effectué entre les enfants, les petits-enfants ou autres bénéficiaires. Sinon, vous vous magasinez des problèmes! »


Un conseiller en sécurité financière, en collaboration avec les autres professionnels qui travaillent avec la famille, peut aider à amorcer le dialogue et établir une planification successorale moulée aux besoins familiaux. Par exemple, si un des enfants est vulnérable (handicap, maladies, problèmes de jeu ou de drogues, etc.), prévoir une fiducie au décès ou transmettre son patrimoine par le biais d’une rente pour cet héritier pourrait être une avenue à explorer, souligne François Bernier.


L’allongement de l’espérance de vie a un coût


Selon Marco R. Carreau, les enfants doivent aussi aborder avec leurs parents la question des soins de longue durée. « On vit de plus en plus vieux et les baby-boomers, en général, veulent vieillir chez eux, le plus longtemps possible. Mais s’ils perdent de l’autonomie, auront-ils les moyens de se payer une place en résidence privée? »


Ce conseiller a vu des gens risquer la faillite pour s’assurer que leurs vieux parents bénéficient des soins dont ils avaient besoin. « Les enfants vivent souvent beaucoup de culpabilité sur ce plan. C’est pourquoi une assurance de soins de longue durée est une option intéressante pour sécuriser tout le monde. Dans certaines familles, les enfants se partagent le paiement de la prime. Si un jour ils doivent placer leur mère ou leur père, ils pourront le faire dans de meilleures conditions, sans que le patrimoine parental n’ait à être complètement liquidé », explique-t-il.


Quels professionnels consulter?


Pour planifier leur propre succession ou celle de leurs parents, ils peuvent compter sur l’expertise de plusieurs professionnels. De l’avis de Marco R. Carreau, le processus devrait commencer chez un comptable. « Car pour connaître la vraie valeur d’un héritage, il faut faire l’inventaire des biens et des placements, mais aussi prendre en compte l’impôt que les héritiers devront payer au décès. »


En effet, peu de gens sont conscients que l’on est présumé disposer de tous ses biens au moment du décès, ce qui peut parfois créer une facture d’impôt importante pour la succession. Par exemple, des sommes détenues dans les comptes de retraite enregistrés (REER, FEER) laissées en héritage à des personnes autres que le conjoint (à ses enfants par exemple) seront imposées selon le taux d’imposition du défunt. Et si un parent – autre que le conjoint – hérite du chalet ou d’un « plex » à revenus, la succession devra verser au fisc jusqu’à 53,31 % du gain en capital imposable sur ces biens immobiliers. Aussi bien dire qu’une bonne partie d’un héritage peut s’envoler en fumée!


Sur ce point, souscrire à une assurance-vie est un des moyens les moins coûteux d’assurer un héritage substantiel à ses proches, car le capital versé rapidement au décès est toujours non imposable.


Toute cette complexité autour du legs justifie de planifier le tout avec attention, tant sur le plan fiscal que légal. Un notaire pourra préparer ou mettre à jour un testament, rédiger un mandat de protection ou encore, une procuration générale qui donne la permission à quelqu’un d’agir en votre nom en cas d’absence prolongée (voyages fréquents, retraités « snowbirds », etc.).


Enfin, un conseiller pourra aider à engager un dialogue sur la planification successorale et à dénouer certaines tensions, ce qui est courant, même dans la meilleure des familles!


Rappels de professionnels


Conjoint de fait, séparé, marié, divorcé ?



  • Si vous êtes marié et que vous n’avez pas rédigé de testament : votre conjoint ne devient pas automatiquement l’héritier de tous vos biens. Le Code civil du Québec prévoit en effet que si une personne mariée décède sans testament, 1/3 de ses biens ira à son conjoint et 2/3 à ses enfants. Si vous désirez que votre époux/épouse hérite de tous vos biens, vous devrez donc procéder à la rédaction d’un testament. En cas de divorce, le legs fait au conjoint est automatiquement révoqué, ainsi que la désignation de ce dernier pour agir en tant que liquidateur. Vous n’êtes donc pas tenu de refaire votre testament si vous divorcez, à moins de vouloir désigner de nouveaux héritiers.

  • Si vous vivez en union de fait et que vous désirez léguer vos biens à votre conjoint, vous devrez également rédiger un testament; autrement, il n’aura droit à rien si vous décédez. En cas de séparation de votre conjoint de fait, toutefois, n’oubliez surtout pas de modifier rapidement votre testament puisqu’il n’y a aucune révocation automatique dans ce cas!

  • Si vous étiez marié et que vous êtes séparés de fait, mais que pour diverses raisons vous n’avez jamais obtenu de jugement de séparation ou de divorce, des problèmes inutiles pourraient surgir à votre décès ou à celui de votre ex. Être officiellement divorcé sur le plan légal simplifiera la gestion de votre succession.


Source : François Bernier, notaire et Marco R. Carreau, conseiller en sécurité financière et planificateur financier



Faites-vous partie de la « génération sandwich », c’est-à-dire ces gens qui doivent prendre soin de leurs enfants et de leurs parents vieillissants en même temps?


 


Si votre réponse est positive, vous faites sûrement face à un double défi dans divers aspects de votre vie, dont celui de la planification successorale, explique François Bernier, directeur, techniques de planification avancées, à la Financière Sun Life. 


 


D’un côté, vous devez penser à préparer votre propre succession en bonne et due forme. « Ces personnes sont nombreuses à vivre en union de fait avec ou sans enfants, en mode garde partagée ou au sein d’une famille recomposée, c’est très important qu’ils rédigent un testament et qu’ils le tiennent à jour, dit François Bernier. Sinon, en cas de décès, les choses risquent de ne pas se passer comme ils l’auraient souhaité. »


 


 


De l’autre, puisqu’ils hériteront souvent de leurs parents qui auront possiblement cumulé un patrimoine, ils doivent participer, en collaboration avec le reste de leur famille (parents, fratrie, proches, etc.), à la préparation de l’inéluctable décès de leurs parents et de la gestion d’un possible legs en plus de voir à s’occuper d’eux en cas de la survenance d’une inaptitude. Ce qui n’est jamais simple.


 


Aider ses parents à planifier la suite


Avec plus de 33 années d’expérience, Marco R. Carreau, conseiller en sécurité financière et planificateur financier chez Solutions Financière Marco R. Carreau Inc., a vu bien des familles se déchirer autour d’un héritage mal planifié. « Pour plusieurs personnes au Québec, la mort et l’argent sont des sujets tabous. Il faut donc avoir le courage d’ouvrir la discussion au sein de la famille afin que les volontés et attentes de tous soient connues.»


 


Qui devrait ouvrir le dialogue sur ces questions délicates? « Ça dépend de la dynamique familiale. Mais souvent, il faudra que ça vienne des enfants. Je remarque que les baby-boomers tendent à être assez fermés sur ces questions : c’est leur argent, leurs affaires et ça ne regarde personne… Mais ils ont tout intérêt à en discuter avec leurs enfants pour éviter des chicanes.»


 


En effet, les parents ont souvent avantage à faire connaître l’essence de leurs volontés testamentaires, seconde François Bernier. «  Il faut laisser savoir aux héritiers, dans les grandes lignes du moins, quelle est notre situation et comment le partage sera effectué entre les enfants, les petits-enfants ou autres bénéficiaires. Sinon, vous vous magasinez des problèmes! »


 


Un conseiller en sécurité financière, en collaboration avec les autres professionnels qui travaillent avec la famille, peut aider à amorcer le dialogue et établir une planification successorale moulée aux besoins familiaux. Par exemple, si un des enfants est vulnérable (handicap, maladies, problèmes de jeu ou de drogues, etc.), prévoir une fiducie au décès ou transmettre son patrimoine par le biais d’une rente pour cet héritier pourrait être une avenue à explorer, souligne François Bernier.


 


L’allongement de l’espérance de vie a un coût


Selon Marco R. Carreau, les enfants doivent aussi aborder avec leurs parents la question des soins de longue durée. « On vit de plus en plus vieux et les baby-boomers, en général, veulent vieillir chez eux, le plus longtemps possible. Mais s’ils perdent de l’autonomie, auront-ils les moyens de se payer une place en résidence privée? »


 


Ce conseiller a vu des gens risquer la faillite pour s’assurer que leurs vieux parents bénéficient des soins dont ils avaient besoin. « Les enfants vivent souvent beaucoup de culpabilité sur ce plan. C’est pourquoi une assurance de soins de longue durée est une option intéressante pour sécuriser tout le monde. Dans certaines familles, les enfants se partagent le paiement de la prime. Si un jour ils doivent placer leur mère ou leur père, ils pourront le faire dans de meilleures conditions, sans que le patrimoine parental n’ait à être complètement liquidé », explique-t-il.


 


Quels professionnels consulter?


Pour planifier leur propre succession ou celle de leurs parents, ils peuvent compter sur l’expertise de plusieurs professionnels. De l’avis de Marco R. Carreau, le processus devrait commencer chez un comptable. « Car pour connaître la vraie valeur d’un héritage, il faut faire l’inventaire des biens et des placements, mais aussi prendre en compte l’impôt que les héritiers devront payer au décès. »


 


En effet, peu de gens sont conscients que l’on est présumé disposer de tous ses biens au moment du décès, ce qui peut parfois créer une facture d’impôt importante pour la succession. Par exemple, des sommes détenues dans les comptes de retraite enregistrés (REER, FEER) laissées en héritage à des personnes autres que le conjoint (à ses enfants par exemple) seront imposées selon le taux d’imposition du défunt. Et si un parent – autre que le conjoint – hérite du chalet ou d’un « plex » à revenus, la succession devra verser au fisc jusqu’à 53,31 % du gain en capital imposable sur ces biens immobiliers. Aussi bien dire qu’une bonne partie d’un héritage peut s’envoler en fumée!


 


Sur ce point, souscrire à une assurance-vie est un des moyens les moins coûteux d’assurer un héritage substantiel à ses proches, car le capital versé rapidement au décès est toujours non imposable.


 


Toute cette complexité autour du legs justifie de planifier le tout avec attention, tant sur le plan fiscal que légal. Un notaire pourra préparer ou mettre à jour un testament, rédiger un mandat de protection ou encore, une procuration générale qui donne la permission à quelqu’un d’agir en votre nom en cas d’absence prolongée (voyages fréquents, retraités « snowbirds », etc.).


 


Enfin, un conseiller pourra aider à engager un dialogue sur la planification successorale et à dénouer certaines tensions, ce qui est courant, même dans la meilleure des familles!


 


 



Rappels de professionnels


Conjoint de fait, séparé,  marié, divorcé ?


 


- Si vous êtes marié et que vous n’avez pas rédigé de testament : votre conjoint ne devient pas automatiquement l’héritier de tous vos biens.


Le Code civil du Québec prévoit en effet que si une personne mariée décède sans testament, 1/3 de ses biens ira à son conjoint et 2/3 à ses enfants. Si vous désirez que votre époux/épouse hérite de tous vos biens, vous devrez donc procéder à la rédaction d’un testament. En cas de divorce, le legs fait au conjoint est automatiquement révoqué, ainsi que la désignation de ce dernier pour agir en tant que liquidateur. Vous n’êtes donc pas tenu de refaire votre testament si vous divorcez, à moins de vouloir désigner de nouveaux héritiers.


 


- Si vous vivez en union de fait et que vous désirez léguer vos biens à votre conjoint, vous devrez également rédiger un testament; autrement, il n’aura droit à rien si vous décédez. En cas de séparation de votre conjoint de fait, toutefois, n’oubliez surtout pas de modifier rapidement votre testament puisqu’il n’y a aucune révocation automatique dans ce cas!


 


- Si vous étiez marié et que vous êtes séparés de fait, mais que pour diverses raisons vous n’avez jamais obtenu de jugement de séparation ou de divorce, des problèmes inutiles pourraient surgir à votre décès ou à celui de votre ex. Être officiellement divorcé sur le plan légal simplifiera la gestion de votre succession.


 


Source : François Bernier, notaire et Marco R. Carreau, conseiller en sécurité financière et planificateur financier



 


 


 


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