L'arnaque des options binaires

Publié le 17/08/2015 à 08:46

L'arnaque des options binaires

Publié le 17/08/2015 à 08:46

Depuis quelque temps, on assiste à la multiplication de sites web suspects invitant les Québécois à investir dans le «lucratif» marché des options binaires. Lucratif, ce marché l’est certainement… pour les auteurs de ces plateformes ! Le point sur la question.


Les options binaires sont un type d’option qui permet une possibilité de rendement fixe selon une formule « tout ou rien ». Les acheter ressemble à un pari : l’opérateur de marché mise sur la hausse ou la baisse d’une action donnée au-delà ou en-deçà d’un certain seuil, sur un court laps de temps, par exemple une heure. S’il a raison, il conserve sa mise et gagne une prime assez élevée. S’il a tort, il perd tout.


Les options binaires – les vraies – ne se destinent pas à des particuliers. Elles sont plutôt utilisées dans le montage de produits structurés, conçus à l’intention d’investisseurs institutionnels désireux d’augmenter la rentabilité de leurs placements et prêts à courir un certain risque. Les options binaires sont émises par une banque ou une firme dûment enregistrée auprès de l’Autorité des marchés financiers (AMF).


Une alléchante arnaque


Pour l’instant, aucun site web de négociation d’options binaires destiné à des particuliers n’est agréé au Québec. Pourtant, les sites vantant les avantages des options binaires pullulent. Ils proclament que ce marché est en plein essor au Québec, qu’il s’agit de la manière la plus facile d’investir, qu’on peut gagner rapidement de l’argent ou que le processus est sans risque.


Souvent détaillés, convaincants et d’apparence assez professionnelle, ces sites invitent leurs « clients » à tester leur système pendant une période d’essai avec de l’argent fictif. Évidemment, la personne réalise des gains… jusqu’à ce qu’elle investisse de l’argent réel. Il est pratiquement impossible ensuite de récupérer son argent, car ces entreprises douteuses sont basées à l’étranger, souvent à Chypre, aux Îles Vierges ou au Royaume-Uni.


Comme au casino


« En réalité, ces sites web s’apparentent à un jeu de casino. Lorsqu’on investit dans un placement, on a une probabilité de rendement positive. Mais au casino, comme sur ces sites d’options binaires, c’est l’inverse : il est impossible de battre la statistique », s’exclame Moad Fahmi, spécialiste des marchés financier à l’Autorité des marchés financiers (AMF).


L’AMF soupçonne entre autres que ces sites manipulent les logiciels en leur faveur. Mais comme ils échappent à tout contrôle, il se peut qu’ils ne négocient même pas d’options binaires et qu’ils détournent purement et simplement l’argent des victimes. Moad Fahmi relève, d’ailleurs, que les personnes derrière ces sites opéraient autrefois d’autres sites frauduleux du même type. Les options binaires sont simplement l’arnaque à la mode.


Selon les statistiques du Centre antifraude du Canada (CAFC), l’organisme chargé de recueillir l'information et les plaintes d'origine canadienne en matière de fraude, de 17 à 34 victimes s’y seraient possiblement laissé prendre depuis 2010. Leurs pertes combinées totaliseraient de 612 000 $ à 713 000 $ environ. « L’arnaque des options binaires entre, pour nous, dans la catégorie plus large des fraudes d’investissement. Il nous est donc difficile de fournir des chiffres précis », explique la caporale Josée Rousseau, superviseur Centre d'appel et réception des plaintes au CAFC. Elle précise aussi que seulement 5 % des victimes de fraude déposent une plainte, ce qui laisse soupçonner un problème de plus grande ampleur.


Éviter le piège


Moad Fahmi déplore le fait que certains sites crédibles ne contrôlent pas les publicités qui s’affichent sur leurs pages, parmi lesquelles on retrouve des annonces pour ces sites frauduleux. Ils prêtent ainsi, à leur insu, leur crédibilité aux fraudeurs.


Pour aider la population à s’y retrouver, l’AMF tient une liste à jour des sites frauduleux, et a publié plusieurs mises en garde. « Mais la meilleure défense contre cette arnaque, c’est de ne jamais entrer sur ces plateformes ! », conclut Moad Fahmi.


 


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