Jean -Paul Gagné : L'illusion du Fonds des générations

Publié le 23/03/2009 à 00:00

Jean -Paul Gagné : L'illusion du Fonds des générations

Publié le 23/03/2009 à 00:00

Par Jean-Paul Gagné
Les jeunes sont contents et en redemandent. On ne va pas leur enlever cela. Même si ce fonds est une illusion.

En effet, l'argent que le gouvernement du Québec verse au Fonds des générations ne va pas au remboursement de la dette. En réalité, le gouvernement emprunte l'équivalent pour boucler ses budgets. Certes, les prochaines générations disposeront d'un fonds pour rembourser une partie de la dette publique. Mais comme ce fonds est pourvu avec de l'argent emprunté, c'est changer quatre 25 cents pour 1$.

Dans le rouge !

En fait, ce n'est même pas neutre, car le Fonds a perdu de l'argent depuis sa création.

Autrement dit, il aurait été plus payant de rembourser la dette publique. Cela aurait réduit les frais d’intérêt payés par le gouvernement.

En effet, l'argent que le gouvernement a versé dans le Fonds des générations a subi un rendement de -22,35 % en 2008. Raison : les mauvais résultats de la Caisse de dépôt, qui gère l'argent du Fonds.

La valeur marchande du Fonds des générations était de 1,3 milliard au 31 décembre dernier, alors que sa valeur comptable était de 1,57 milliard, soit un écart de 274 M$. Le gouvernement a inscrit une perte de 158 M$ au titre des revenus de placements du Fonds pour l’exercice 2008-2009.

L’idée du Fonds est d’y verser des sommes sur lesquelles la Caisse de dépôt doit réaliser un revenu de placement supérieur au coût des intérêts payés sur la dette du gouvernement. Or, cet objectif n’a pu être rencontré jusqu’à maintenant à cause du mauvais rendement de la Caisse.

Une illusion

C’est pourquoi, le Fonds des générations reste une illusion, du moins pour le moment. Il fait partie des leurres utilisés pour éviter de regarder la situation financière extrêmement serrée de nos finances publiques, situation qui ne laisse aucune marge de manoeuvre quand survient une crise financière comme celle qui nous frappe actuellement.

Mais nous pouvons continuer de nous bercer d'illusions. Le gouvernement connaît la recette qui nous réconforte. C'est celle de Brault et Martineau : consommons maintenant, payons plus tard.

Voilà ce qui explique en partie pourquoi le gouvernement accumulera 11,6 milliards de déficit au cours des quatre prochaines années et que sa dette brute passera de 151 milliards en mars 2009 à 170 milliards en mars 2011. Des hausses de 9 à 10 milliards par année, en incluant le financement du programme d'infrastructures.

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