Investisseurs, vos décisions sont biaisées

Publié le 20/08/2021 à 08:00

Investisseurs, vos décisions sont biaisées

Publié le 20/08/2021 à 08:00

Par Institut québécois de planification financière
Des piles de pièces de monnaie avec, à gauche, un plan d'investissement.

La meilleure façon d’éviter de commettre des erreurs à cause des biais comportementaux, c’est d’avoir un plan et de le suivre. (Photo: 123RF)

EXPERT INVITÉ. Que vous soyez un investisseur actif ou passif, vous n’êtes pas à l’abri des biais comportementaux, c’est-à-dire des distorsions dans le traitement de l’information et dans le raisonnement. En investissement, les biais comportementaux affectent le processus de prise de décision en nous amenant par exemple à décider en fonction d’un jugement erroné, de nos émotions, de notre intuition ou de notre humeur. Les biais comportementaux sont incontournables, mais savoir les reconnaître permet de mieux adapter le portefeuille d’investissement en conséquence.

Voici une brève description de deux types de biais comportementaux: les biais cognitifs et les biais affectifs.

 

Biais cognitifs

  • Un biais cognitif est une distorsion dans le traitement de l'information. Les investisseurs sont soumis à un lot d’information et de données et, pour en tirer un sens, leur cerveau prend des raccourcis.
  • Le biais d’ancrage est l’un des biais les plus courants chez l’investisseur. L'ancrage est une méthode d'appoint utilisée pour contourner nos limites à effectuer des calculs complexes. Lorsque nous devons estimer une valeur sans avoir en main toutes les données nécessaires, nous utilisons un raccourci qui consiste à fixer une valeur de référence et y apporter des ajustements afin d'obtenir une valeur finale. Par exemple, l’investisseur qui s’accroche au prix d’une action ou au niveau du marché à un moment X quand il prend une décision en matière de placement.
  • Le biais de représentativité pousse l’investisseur à porter un jugement en se basant sur quelques éléments qui ne sont pas nécessairement représentatifs. Par exemple, lorsqu’il juge qu’une diminution d’un taux de dividende implique un mauvais investissement, alors que ce n’est pas nécessairement le cas.
  • Le biais de la disponibilité en mémoire consiste à juger d’une probabilité selon les exemples qui nous viennent le plus facilement à l'esprit. Par exemple, il est plus facile pour un Canadien d’investir dans une société canadienne que dans une société étrangère.
  • L'effet d’ambiguïté signifie que lorsqu’il manque d’information pour prendre une décision, l’investisseur aura tendance à sélectionner l’option dont la probabilité d’un résultat favorable est connue plutôt que celle où cette probabilité est inconnue, par exemple, en optant pour un dépôt à terme plutôt que pour une obligation municipale.
  • Les biais de conservatisme et de confirmation décrivent la tendance des investisseurs à ne pas réviser suffisamment leurs croyances, en plus de surévaluer la valeur des informations confirmant leurs opinions et de minimiser les informations les infirmant. Par exemple, l’investisseur qui vient d’acheter un titre reçoit une information discordante par rapport à son choix. Il va alors ignorer cette information et considérer plutôt les informations qui le réconfortent dans sa décision.

Il est bien souvent possible de corriger ces raisonnements défectueux en étant mieux informé et conseillé. Cependant, ces biais ont aussi un aspect émotif, particulièrement les biais d’ancrage et de confirmation. La charge émotionnelle peut rendre plus difficile pour l’investisseur d’accepter des informations nouvelles. Il existe aussi des biais davantage liés aux émotions.

 

Biais affectifs ou émotionnels

Souvent involontaires et spontanés, les biais affectifs ou émotionnels surviennent généralement en fonction des sentiments. Même si on souhaite les contrôler, les biais émotionnels sont plus durs à corriger. Voici quelques exemples:

 

  • L’aversion à la dépossession ou l’effet de dotation signifie que les gens donnent plus de valeur aux biens qui leur appartiennent.
  • L'aversion aux pertes est la tendance à préférer éviter les pertes plutôt que d'acquérir des gains équivalents. Ainsi, perdre 100 $ a plus d’impact psychologique que de gagner 100 $.
  • La maîtrise de soi, en investissement, fait référence aux gens qui ne parviennent pas à agir en vue d’atteindre leurs objectifs à long terme en raison d’un manque de discipline ou parce qu’ils ne contrôlent pas leurs émotions. Par exemple, dépenser aujourd’hui plutôt que d’épargner en prévision du futur.
  • L’optimisme est un biais qui amène une personne à croire qu'elle est moins exposée à un événement négatif que d'autres personnes. Pourtant, personne n’est à l’abri de mauvais placements, cela n’arrive pas seulement aux autres.

 

Il est donc possible de prendre des décisions qui ne sont pas les plus optimales en matière de placement lorsque leurs émotions entrent en jeu. Comme les biais émotionnels proviennent d’une impulsion ou d’une intuition plutôt que de calculs conscients, ils sont souvent difficiles à corriger.

La meilleure façon d’éviter de commettre des erreurs à cause des biais comportementaux, c’est d’avoir un plan et de le suivre. Un planificateur financier pourra vous aider à élargir vos perspectives en bâtissant un plan d'action pour atteindre vos objectifs.

 

David Truong, CIWM, Pl. Fin., M. Fisc.

 

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