Investir, pour le meilleur et pour le pire

Publié le 15/09/2016 à 08:40

Terrorisme, désastres naturels, guerres, coups d’État, Brexit, élections, alouette. Pas une semaine ne se passe sans laisser planer de nouvelles ombres sur les marchés financiers, qui constituent bien souvent le bas de laine de Monsieur et Madame Tout-le-Monde.

« Les marchés sont en effet très émotifs, affirme Jad Hilal, directeur des ventes et distribution de produits de gestion de patrimoine à la Financière Sun Life. Tout événement qui tend à créer de l’incertitude dans le monde fait en sorte que les marchés financiers réagissent parfois fortement, parfois moins, le temps que les choses se replacent. »

Ainsi, les investisseurs sont plutôt méfiants, constate-t-il. Sans compter que tous se souviennent encore de la crise financière de 2008-2009, durant laquelle une majorité d’entre eux ont vu la valeur de leur portefeuille fondre en moyenne de 30 %. Et les plus âgés se souviennent aussi des importantes pertes subies en Bourse à la suite de l’éclatement de la bulle technologique en 2001-2002.

S’adapter à la fébrilité

Si la débâcle financière de 2008 s’est résorbée et que les sommes perdues ont depuis été récupérées par la majorité des investisseurs, il reste que cette crise a laissé des traces.

D’une part, depuis 2009, les taux d’intérêt ont chuté pour atteindre leur niveau le plus bas en 30 ans, explique Alexandre Demets, conseiller en sécurité financière, en assurances et rentes collectives chez Services financiers Demets, Dirani inc. « Si cette situation est profitable pour les propriétaires immobiliers qui ont contracté des prêts hypothécaires, elle est plutôt éprouvante pour les investisseurs, et particulièrement pour les retraités qui doivent vivre du rendement de leurs placements. »

D’autre part, les économies québécoise et canadienne n’ont jamais repris la vitesse de croisière qui prévalait avant la crise. « Dans les pays occidentaux, les économies ont le vague à l’âme, dit Alexandre Demets. Le tiers d’entre elles ont même des rendements négatifs. » Ici comme ailleurs, le vieillissement de la population active et les faibles taux d’intérêt affaiblissent l’économie. Et personne ne peut prévoir quand ces derniers remonteront.

Réapprivoiser le risque

Résultat : les belles années durant lesquelles un portefeuille équilibré pouvait rapporter un rendement annuel de 10 % et plus sont révolues.

« Pour espérer un rendement moyen de 5 % ou plus par année, les investisseurs doivent maintenant prendre plus de risques, et donc bien réévaluer leur tolérance au risque avec leur conseiller. Ce dernier pourra les éclairer sur les meilleures stratégies à adopter dans le contexte actuel selon leur profil et l’horizon de placement à court, moyen ou long terme », dit Nicholas Dirani, conseiller en sécurité financière, en assurances et rentes collectives chez Services Financiers Demets, Dirani inc.

En général, il est préférable de laisser l’épargne investie et de maintenir le cap quand le vent se lève. Certes, les marchés sont fébriles, mais avec le temps, tout finit toujours par rentrer dans l’ordre, affirment les professionnels. « Par exemple, les gens qui ont paniqué et vendu des actifs lors du Brexit ont perdu, car en une semaine, les marchés s’étaient replacés. C’était comme s’il ne s’était rien passé », illustre Nicholas Demets.

Ajuster son jeu

Pendant la chute des taux d’intérêt, les gens qui avaient investi dans le marché obligataire ont été récompensés avec d’excellents rendements, explique Jad Hilal. En effet, lorsque les taux d’intérêt baissent, la valeur marchande des obligations augmente. En 2016, des rendements de 5 à 6 % sont encore attendus, dit-il. « Mais comme les taux d’intérêt sont au plancher, il est recommandé de diversifier son portefeuille au moyen d’autres catégories d’actif – immobilier, infrastructures, etc. », conseille-t-il.

En effet, selon son profil de risque, augmenter la part d’actions dans son portefeuille par rapport aux obligations est généralement gagnant, ajoute Alexandre Demets, et ce, même si cette stratégie est plus risquée. « Car quelqu’un qui investit dans un dépôt à terme à 1 ou 2 % d’intérêt risque de s’appauvrir au final à cause du coût de l’inflation. »

Les actions canadiennes, américaines et internationales offrent des rendements moyens de 4 à 6 %, selon les secteurs d’activité. Comme le cours du pétrole est à la hausse, les actions canadiennes sont particulièrement performantes, ajoute Jad Hilal.

Les marchés des actions américaines et internationales demeurent plus fébriles en raison de divers événements que personne ne peut prévoir ou contrôler – terrorisme, élections américaines, Brexit, etc.

Taux d’intérêt à plat : comment tirer votre épingle du jeu

-Diminuez la part des obligations et augmenter celle des actions dans votre portefeuille, tout en restant dans votre zone de tolérance au risque ;

-Misez sur quelques fonds communs de placement qui réagissent bien aux mouvements des marchés ;

-Continuez à contribuer régulièrement ;

-Discutez avec votre conseiller lorsque surviennent des événements qui vous inquiètent ;

-Révisez votre portefeuille au moins une fois par an avec votre conseiller et quand il y a un changement majeur dans votre vie.

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