Et si vous rapprochiez vos émotions de vos investissements?

Publié le 29/11/2019 à 09:44

Et si vous rapprochiez vos émotions de vos investissements?

Publié le 29/11/2019 à 09:44

Par Institut québécois de planification financière
Deux retraités devant un ordinateur.

(Photo: 123RF)

EXPERT INVITÉ. Pourquoi êtes-vous plus sensible à une perte qu’à un gain dans votre portefeuille?

Pourquoi êtes-vous attaché à un produit financier, même si les perspectives de rendement pour cette entreprise ne sont pas bonnes?

Pourquoi investir pour la retraite alors que vous ne savez pas si vous serez là demain?

Ces questions se rapportent à des émotions qui sont présentes chez plusieurs investisseurs et qui peuvent nuire à leur sécurité financière et avoir un impact sur les décisions qu’ils prennent.

Mais pourquoi parler d’émotions alors que l’on parle d’investissement? Ne dit-on pas que ce qui fait mal aux placements, ce sont justement les émotions des investisseurs? Les émotions font partie intégrante de l’être humain et donc de l’investisseur. Les ignorer ou faire semblant de les ignorer équivaut un peu à se mettre la tête dans le sable... Qu’on le veuille ou non, elles ont un impact sur les décisions financières et l’investisseur qui sait bien les identifier peut en bénéficier.

La théorie classique de la gestion de portefeuille basée sur l’hypothèse de l’efficience des marchés ne tient pas compte des émotions des investisseurs. Cette théorie – et plusieurs autres – est confrontée à des anomalies, puisqu’elle repose sur l’hypothèse que l’être humain est parfaitement rationnel. C’est ici que se démarque la finance comportementale. Cette discipline relativement nouvelle cherche à comprendre pourquoi le comportement des investisseurs et le comportement du marché diffèrent des résultats attendus. En finance comportementale, on constate que les biais émotionnels des investisseurs ont un impact sur leurs décisions. Les investisseurs agissent plus souvent sous le coup de l’émotion que de manière rationnelle.

C’est de là qu’est né le concept de planification de projet par objectif (PPO), un concept qui fait toute la différence. La PPO est une expression de la finance comportementale qui utilise ses principes et la recherche pour améliorer les habitudes d’épargne des investisseurs.

Voici deux étapes à suivre pour chaque investisseur pour attacher ses émotions de manière positive aux investissements :

Se fixer des objectifs clairs :

1. Prendre sa retraite est un objectif, mais il n’est pas assez clair – il faut le détailler et idéalement, y attacher des émotions. Comment faire? L’investisseur devrait déterminer ce qu’il désire faire concrètement à la retraite. Quelles sont les sommes en jeu pour les dépenses nécessaires? Pour les dépenses facultatives? À quel âge l’investisseur désire-t-il prendre la retraite? Si jamais ce n’est pas possible à cet âge, quelles sont les options?

2. Relier le risque à l’atteinte de votre objectif plutôt qu’au portefeuille lui-même… Pour attacher de l’émotion au portefeuille, ne serait-il pas intéressant pour un investisseur de connaître la probabilité d’atteindre un objectif en fonction du risque qu’il est prêt à prendre? Cela lui permet de mieux comprendre dans quoi il investit et surtout, de comprendre les risques et implications du profil d’investisseur.

Quels sont les avantages de cette stratégie? Une étude effectuée par Morningstar confirme que les investisseurs qui suivent les étapes mentionnées précédemment ont 15% plus de chance d’atteindre leurs objectifs de retraite que ceux qui épargnent pour la retraite sans y attacher d’émotions.

Consultez un planificateur financier pour avancer dans ce processus et… profitez de vos émotions!

 

Amine Chbani, MBA, Pl. Fin.

 

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