En quête de revenu? Quatre erreurs à éviter

Publié le 27/05/2016 à 09:26

En quête de revenu? Quatre erreurs à éviter

Publié le 27/05/2016 à 09:26

Ça semble difficile à croire, mais aussi récemment qu'en 2008, les taux des CPG au Canada dépassaient les 3 %, et les obligations à moyen terme de qualité supérieure rapportaient 5 % ou plus.

Sept ans après la crise financière, les investisseurs récoltent péniblement la moitié de ce montant. Des augmentations de taux s'annoncent peut-être : chez nos voisins du sud, la Réserve fédérale a augmenté son taux directeur de 25 points de base en décembre dernier. Mais les deux grandes préoccupations qui règnent (la conjoncture de taux très faibles et la crainte que des rendements plus élevés fassent dégringoler les prix obligataires) tendent aux investisseurs de multiples pièges alors qu'ils cherchent à extraire un revenu de leurs portefeuilles.

Les obligations aussi bien que les actions à dividendes se prêtent aux faux pas; voici les plus notoires.

Première erreur : Utiliser des obligations pour fournir de la liquidité

La conjoncture à faibles taux, combinée à des performances remarquablement ternes pour les actions comme pour les obligations pendant le plus clair de ces sept dernières années, a eu pour effet de pousser tout le monde à prendre plus de risques. Certains investisseurs qui détiendraient normalement des obligations pour faire face à leurs besoins de dépenses à moyen terme ont pris fait et cause pour les actions, alors que d'autres investisseurs potentiels détiennent davantage d'obligations pour répondre à leurs besoins de dépenses à court terme. Quand je parle de l'approche segmentée à la planification d'un portefeuille de retraite, je reçois invariablement des questions sur l'opportunité d'inscrire les options à haut rendement comme les obligations à court terme ou les fonds de prêts bancaires à taux variable dans le segment liquide (premier segment).

À en juger strictement par les rendements passés, ça n'a rien d'extravagant. Alors que les obligations à court terme, à la différence des liquidités, ont le potentiel de baisser de valeur, les investisseurs n'ont pas perdu d'argent dans cette catégorie d'actifs pendant une année civile depuis 1994, et ils ont pu récolter un rendement beaucoup plus important que ne l'offrent les liquidités. En fait, un portefeuille de retraite sans segment liquide aurait surclassé haut la main un portefeuille doté de ce segment-là pendant les 15 dernières années, largement parce que les investisseurs dans les obligations ont joui d'une appréciation du capital, alors que ceux qui détiennent des liquidités ont dû se résigner à des rendements de plus en plus faibles.

Mais la capacité qu'ont les instruments liquides de préserver la stabilité du capital, bien qu'elle ait été un frein ces dernières années, peut parfaitement être une vertu dans d'autres conjonctures. Il est vrai que les fonds obligataires de qualité supérieure à court terme ont peu de chances de subir des pertes catastrophiques, même si les taux grimpent plus vite que ne le prévoient les observateurs du marché, mais ils pourraient tout de même en subir, et cela peut être déconcertant pour de l'argent avec lequel on prévoyait payer des frais de scolarité l'année suivante, ses taxes municipales ou ses dépenses de retraité.

Les prêts bancaires, quant à eux, peuvent même prendre de la valeur dans une conjoncture de hausse des rendements; ils sont de nature à se comporter relativement bien aussi longtemps que l'économie est florissante. Mais leur vulnérabilité principale se manifeste si l'économie connaît un repli inattendu, car les prêts bancaires à taux variable sont invariablement accordés aux sociétés dont la situation financière est peu glorieuse. En période de tension économique et boursière, où bien souvent on accorde le plus d'importance à la liquidité, un placement dans des prêts bancaires peut subir des pertes.

La faiblesse des taux sur les liquidités milite en faveur de ne pas détenir plus d'argent liquide qu'on n'en a besoin pour son fonds de secours ou, si l'on est à la retraite, pour couvrir au moins deux ans de frais de subsistance. Mais une fois qu'on en est arrivé à une cible liquide qui convient, mon conseil est de s'en tenir aux véritables instruments liquides plutôt que de s'orienter vers des alternatives obligataires qui ont un rendement plus élevé mais présentent aussi des risques supérieurs.

Deuxième erreur : Sous-estimer les risques

Avec les taux ultra-faibles d'aujourd'hui, on peut affirmer sans crainte que la moindre possibilité de création de revenu a déjà été explorée. S'il y avait une façon infaillible de générer un revenu supplémentaire sans risque additionnel, les investisseurs s'y seraient déjà tous précipités, avec à la clé l'augmentation du prix du titre et la diminution de son taux. En réalité, des taux plus élevés sont invariablement le signe qu'un type de titre donné comporte plus de risques que ses équivalents aux rendements plus faibles.

Les sociétés principales en commandite simple en sont un exemple récent fort instructif. Avec des rendements de 5 %, 6 % ou plus, de nombreux investisseurs en quête de revenu ont gravité vers ces placements au début de la décennie, les considérant comme un moyen de générer un niveau de revenu bien plus élevé que ne peuvent le faire les obligations de qualité supérieure ou les actions à dividendes. En termes de degré de risque, de nombreux investisseurs ont aussi trouvé un réconfort dans l'idée que les sociétés principales en commandite simple, qui sont propriétaires d'oléoducs et de gazoducs, se comporteraient mieux que d'autres types de firmes énergétiques en case de chute du prix de l'énergie. Après tout, la demande de transport de l'énergie pourrait même augmenter si son prix était moins élevé.

Pourtant, ces sociétés en commandite ont subi des chutes spectaculaires de leurs prix ces dernières années, bien que leurs distributions soient demeurées robustes, pour les raisons qu'évoque l'analyste de Morningstar Robert Goldsborough dans cet article. Certaines d'entre elles sont sensibles à la direction que prend le prix des matières premières énergétiques, même si des prix moins élevés peuvent être à long terme une aubaine pour ce secteur. De plus, les sociétés principales en commandite simple, comme les FPI, les titres des services publics et d'autres actions riches en revenu, sont souvent vulnérables quand les taux d'intérêt augmentent, parce que certains investisseurs préfèrent la sécurité des obligations et l'augmentation récente de leurs taux.

Bien entendu, les investisseurs à long terme ne devraient pas trop s'en laisser compter par ces chutes de prix, surtout si leurs flux de revenus ne connaissent pas d'interruption. Mais si leur horizon temporel n'est pas assez long, il se peut qu'ils doivent vendre en période de repli, et transformer ainsi leurs pertes sur papier en pertes réelles.

Troisième erreur : Ne pas diversifier comme il convient entre les placements à revenu

Les récentes épreuves des sociétés principales en commandite simple nous rappellent aussi de diversifier nos flux de revenus parmi les titres répondant à des forces différentes plutôt que de jeter notre dévolu sur un seul sous-secteur, même si on l'aime particulièrement.

Naturellement, une portion de notre portefeuille à revenu sera investie dans des types de titres qui prospèrent dans une économie forte, même si ses taux d'intérêt augmentent; songez donc à des types d'obligations sensibles au crédit comme les obligations de sociétés de qualité inférieure et les prêts bancaires. Les rendements de ce type de placement sont invariablement plus élevés que ce que l'on gagne sur les placements de qualité supérieure, actions comme obligations, et il en va peut-être de même de leur rendement à long terme.

Mais les placements sensibles à l'économie ne recueillent pas toutes les sympathies quand il s'agit d'actions, et ces dernières ne fournissent sans doute pas beaucoup de rééquilibrage à votre portefeuille dans une conjoncture d'affaiblissement de l'économie. C'est le moment où les obligations de qualité supérieure et les actions, par ailleurs si ennuyeuses, gagnent leur pain, même si elles ont tendance à être sensibles aux taux, et que leurs rendements ne sont habituellement pas si impressionnants. Si votre objectif est de générer un revenu sans vous en laisser compter par les baisses des prix auxquelles vous pourrez être confronté, diversifier vos flux de revenus entre des placements de qualité supérieure sensibles aux taux et des titres de qualité plus faible qui y sont moins sensibles est la bonne manière de s'y prendre.

Quatrième erreur : Négliger l'impact des impôts

Une des conséquences de cette conjoncture de rendements très faibles est que le revenu des obligations de qualité supérieure est si bas qu'il semble insignifiant. Ainsi, les conséquences fiscales de la détention de titres générateurs de revenu dans un compte imposable n'ont pas été si importantes en termes chiffrés. Par exemple, si vous avez 50 000 $ dans un compte obligataire à court terme dont la rémunération est de 1 % (500 $) par an et que votre taux d'imposition marginal est de 25 %, votre facture d'impôt pour ce placement est de 125 $ par an, ce qui tout compte fait n'est pas un montant exorbitant.

Mais vous cédez tout de même un grand pourcentage des rendements de votre portefeuille aux impôts -- une portion du rendement que vous seriez en mesure de conserver si vous déteniez ce placement à l'intérieur d'un compte à imposition différée et réinvestissiez votre revenu. De plus, lorsque les taux finiront par augmenter, la valeur chiffrée de l'attention que vous portez à la localisation des actifs augmentera.

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