Des experts conseillent de ne pas négliger les obligations en 2023

Publié le 10/01/2023 à 13:18

Des experts conseillent de ne pas négliger les obligations en 2023

Publié le 10/01/2023 à 13:18

Par La Presse Canadienne

(Photo: La Presse Canadienne)

Ottawa — Les portefeuilles d’obligations ont été durement touchés en 2022 alors que les taux d’intérêt grimpaient, mais des experts estiment que les investisseurs ne devraient pas négliger ce genre de titres cette année, alors que la Banque du Canada approche de la fin de son cycle de hausses des taux.

Christine Tan, vice-présidente adjointe à la gestion de portefeuille chez Gestion d’actifs PMSL, affirme que les obligations de haute qualité sont le genre de titres qu’elle surveille pour dénicher des occasions en 2023.

«Nous aimons vraiment les obligations et notre approche avec elles est de garder tout ça le plus simple possible», explique Christine Tan.

Parce qu’elle croit que le Canada est plus proche des taux d’intérêt maximums que les États-Unis, la répartition en obligations de Christine Tan est surpondérée en obligations du gouvernement canadien.

Et alors qu’elle cherchait à conserver des obligations à court terme il y a deux ou trois mois, elle envisage maintenant des obligations à plus long terme.

«À mesure qu’on se rapproche de la fin d’un cycle de hausse, on peut commencer à augmenter la durée des obligations», explique-t-elle.

 

Enfin un «certain rendement»

Les obligations ont pesé sur les portefeuilles des investisseurs en 2022, alors que la Banque du Canada menait sa lutte contre la plus forte inflation en plusieurs décennies. Le prix des obligations a une relation inverse avec les taux d’intérêt; lorsque les taux montent, le prix des obligations sur les marchés secondaires diminue.

Le taux directeur de la Banque du Canada était de 0,25% au début de l’année, mais il a été relevé sept fois de suite à partir de mars et se situait à 4,25% en décembre. La banque centrale n’a pas exclu de nouvelles hausses de taux en 2023, mais elle a assoupli son langage et suggéré que des augmentations supplémentaires dépendraient des données économiques.

Pendant ce temps, le rendement d’une obligation à cinq ans du gouvernement du Canada, un indice de référence clé qui a terminé 2021 à 1,25%, se situait près de 3,00% à la fin de 2022. Et même si cette augmentation a fait grimper le coût d’emprunt, un phénomène mis en évidence par le coût plus élevé des prêts hypothécaires au Canada, elle s’est également traduite par de meilleurs rendements pour les investisseurs tels que les retraités à la recherche d’une source de revenu stable.

Stan Wong, gestionnaire de portefeuille chez Gestion de patrimoine Scotia, dit avoir l’œil sur plusieurs secteurs pour les actions en cette nouvelle année, notamment ceux de l’énergie et des soins de santé, alors que l’économie fait face à une éventuelle récession.

«Les soins de santé procurent un très bon mélange de croissance des bénéfices, mais aussi certaines caractéristiques défensives comme un profil de dividende plus élevé et le simple fait que c’est évidemment quelque chose dont les gens ont besoin, pas quelque chose qu’ils désirent», observe-t-il.

«J’ai quelques noms de biens de consommation de base comme Krogers et Costco, mais je crois que l’élément le plus important viendra de la finance, parce que je pense qu’ils sont bon marché. L’énergie devrait malgré tout bien se comporter, tout comme la consommation discrétionnaire, en fait.»

Mais selon lui, ce n’est pas le moment d’abandonner les obligations simplement parce qu’elles ont connu une année difficile en 2022.

«Enfin, nous obtenons un certain rendement», se réjouit Stan Wong au sujet des obligations.

Et, poursuit-il, si les banques centrales pivotent l’année prochaine et commencent à réduire les taux d’intérêt, les obligations procureront également des gains en capital.

Christine Tan admet que 2022 a été une année particulièrement difficile pour les clients retraités qui ont puisé dans leur portefeuille, même dans un portefeuille conservateur équilibré, en baisse de 10% à 12% l’an dernier.

«Les obligations ne sont pas sexy, mais en même temps, on ne veut pas encore prendre trop de risques, car la récession n’en est encore qu’au début», précise-t-elle.

 

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