Comment mal investir

Publié le 19/06/2015 à 09:30

Comment mal investir

Publié le 19/06/2015 à 09:30

Investir en Bourse peut sembler à la fois attirant et effrayant, surtout aux yeux de novices voulant se lancer dans l’aventure de l’investissement autonome. Pour gérer son portefeuille d’actions avec succès, il vaut donc mieux se préparer à contourner les pièges les plus courants.

Steve Deschesnes, portefeuilliste et conférencier du programme de courtage à escompte Disnat GPS de Desjardins, en a vu de toutes les couleurs au fil des ans. « Les gens s’intéressent à la Bourse, mais ils sont très souvent mal informés. Il faut dire qu’il y a beaucoup moins d’information en français sur le sujet… », dit-il.

Pierre Chaigneau, professeur en économie financière à HEC Montréal, remarque d’ailleurs que depuis les 50 dernières années, les particuliers s’occupent moins de leurs investissements de manière autonome. « On voit surtout les institutions financières gérer les portefeuilles d’actions », explique-t-il. Or, les intermédiaires financiers exigent des frais de gestion…

Quoi qu’il en soit, les deux experts remarquent certaines erreurs récurrentes des investisseurs qui se lancent dans l’aventure en solo.

1. Suivre le beau-frère. « Au souper de Noël, le beau-frère recommande un investissement judicieux que vous vous empressez d’essayer. Mais 6 mois plus tard, ce même beau-frère n’est pas là pour faire le suivi et vous avertir que c’est le moment de vendre », illustre Steve Deschesnes. Aussi, l’information transmise de bouche à oreille manque souvent de contenu. « Les gens arrivent avec 2 ou 3 bons tuyaux, mais n’ont pas les outils pour gérer le tout de manière efficace », conclut-il.

2. Ne pas diversifier ses actions. Mettre tous ses œufs dans le même panier, puis essuyer des pertes importantes est le moyen idéal de s’éloigner de la Bourse à tout jamais. « Typiquement, les gens qui gèrent leur propre argent vont sous-diversifier : 3 ou 4 titres, ce n’est pas assez. On recommande plutôt une trentaine au minimum », explique Pierre Chaigneau.

3. Acheter (et vendre) au mauvais moment. Le professeur remarque que les gens achètent leurs actions au mauvais moment, soit à la suite d’une augmentation de la valeur de l’action, puis vont vendre après un effondrement. La tolérance au risque n’est souvent pas très grande. « Il faudrait quasiment faire l’inverse », dit-il. Steve Deschesnes abonde dans le même sens : « Quand on achète en période de surexcitation, c’est que tout le monde en parle. Par conséquent, les prix sont souvent trop élevés », dit-il.

4. Ne pas miser sur les valeurs sûres. En voulant gagner le gros lot en peu de temps, certaines personnes tentent des investissements risqués. Or, il vaut peut-être mieux y aller avec des valeurs sûres et rentables à long terme. Des multinationales comme Johnson & Johnson sont un bon choix, ou Métro dans le domaine de l’alimentation. « Même quand ça va mal, les gens doivent continuer à se nourrir! Il y a moins de risque d’écrasement », croit Steve Deschesnes.

5. Ne pas se poser les bonnes questions. Avant de se lancer dans l’investissement autonome, il vaut mieux se poser quelques questions de base, notamment pour évaluer son niveau de tolérance au risque. S’agit-il d’argent à épargner pour la retraite? D’un budget de spéculation? De combien de temps dispose-t-on? À quel point est-on capable de tolérer les montagnes russes de la Bourse? Se poser les bonnes questions est un bon départ.

 

À la une

Le rendement de la CDPQ en 2020 est sous son indice de référence

Mis à jour il y a 23 minutes | La Presse Canadienne

Il s’agit de la moins bonne performance du bas de laine des Québécois depuis 2018.

CDPQ: une gestion de l'innovation à trois niveaux

SPÉCIAL INNOVATION. Gérer l’innovation au sein d’une organisation aussi vaste que la CDPQ n'est pas une mince tâche.

Le prix médian pour un condo à Montréal atteint 436$/pi2 en 2020

BLOGUE INVITÉ. Le prix médian au pi2 des copropriétés sur l'île de Montréal a grimpé de 14% en 2020.