Comment aider ses parents avec leurs finances en fin de vie

Publié le 10/01/2015 à 09:11

Comment aider ses parents avec leurs finances en fin de vie

Publié le 10/01/2015 à 09:11

Comme chez bien des gens, la maladie d'Alzheimer s'est installée insidieusement chez Martine. Cette dernière s’est mise à s’inscrire à divers concours, à faire plus de dons qu’à l’habitude, à commander des produits et des cadeaux pour tout le monde… et à oublier de les payer. Jocelyn, son époux, a rapidement réalisé que la dimension financière de l'alzheimer ne devait pas être négligée.

Outre les maladies, le vieillissement comme tel peut aussi entraîner des déficits cognitifs dans la vie quotidienne. « Ce n’est pas parce qu’une personne a de la difficulté à gérer ses factures qu’elle ne peut plus s’occuper de ses finances en général », met en garde April Hayward, directrice des programmes et services à la Société Alzheimer de Montréal.

Des signes au quotidien

Daniel Marson et son équipe de l'Université d'Alabama à Birmingham ont établi des signes précurseurs liés à la perte de compétence financière. Quelques exemples qui s’observent au quotidien :

- oublier de payer ses factures ou les payer deux fois plutôt qu’une ;

- perdre des documents ou ne pas les ranger au bon endroit ;

- gérer difficilement le flux d’information financière comme l’ouverture du courrier ;

- ne plus arriver à effectuer des calculs simples ni à comprendre des concepts financiers de base ;

- faire soudainement plusieurs dons, avoir un nouvel intérêt pour des avenues financières qui n’intéressaient pas la personne auparavant, comme investir pour s’enrichir, éprouver une anxiété non fondée quant aux finances personnelles.

Attention, ces signes doivent cependant marquer une différence avec les agissements antérieurs de la personne.

Lorsqu’on les constate, la première étape consiste à en déterminer la raison. Votre mission : amener la personne à consulter un médecin pour qu’elle obtienne un bilan de santé. La tâche peut être plus délicate que l’on pense, surtout quand la personne refuse d’y aller comme c’est arrivé dans le cas de Jocelyn, le mari de Martine.

« Le mieux dans ce cas est de l’aborder en ne mentionnant pas ses doutes quant à la maladie d’Alzheimer, afin de minimiser l'importance de la visite médicale », suggère Mme Hayward.

Avec un diagnostic, on peut mieux cibler l’aide à offrir à la personne. N’aide toutefois pas qui veut ! Le conjoint ou les enfants ne sont pas toujours ceux qui arriveront à convaincre la personne d’accepter l’aide : parfois, un ami ou une personne extérieure à la situation y parviennent mieux.

Selon les compétences financières affectées, on peut offrir à la personne âgée de s’occuper de ses factures ou encore lui demander l’autorisation de vérifier les opérations par chèque pour veiller à ce qu’il n’y ait pas d’irrégularités. Les services bancaires Internet se révèlent d’excellents outils pour effectuer cette surveillance.

 Des actions plus formelles

S’il y a un risque que la personne effectue des dépenses exorbitantes ou dilapide ses biens, on peut notamment proposer de devenir cosignataire sur un compte bancaire courant qui nécessite la signature conjointe au-delà d’un certain montant.

Pour poser ce type d’acte, il faut toutefois obtenir une procuration générale auprès de l’institution bancaire, mais la personne ne doit pas être jugée inapte à donner son consentement.

Lorsque l’état de la personne se détériore et qu’on estime qu’elle est dans l’incapacité de prendre soin d’elle-même ou d’administrer ses biens, le moment est venu de prendre des mesures juridiques de protection.

Si avant de devenir inapte, la personne a signé un mandat d’inaptitude, il faut le faire valider au palais de justice. Sinon, trois régimes de protection, qui diffèrent selon le degré d’inaptitude, existent :

1. Conseiller au majeur - C'est le régime qui préserve le plus l'autonomie de la personne. Le « conseiller » assiste la personne en perte d'autonomie, sans toutefois avoir, au sens de la loi, le pouvoir de gérer ses affaires.

2. Tutelle - On peut demander la tutelle si la personne inapte est incapable de gérer elle-même ses biens. Celle-ci conserve toutefois une certaine autonomie. Par exemple, elle peut payer elle-même son épicerie, mais pas vendre sa maison.

3. Curatelle - Dans le cas où la personne souffre d'inaptitude totale, le régime de curatelle l'oblige à devoir passer par un curateur pour toutes les décisions concernant ses biens, son argent, ou pour faire valoir ses droits.

Dans tous ces cas, l’inaptitude doit être confirmée par un médecin et un travailleur social.

Il est bon de rappeler que le proche aidant peut lui aussi obtenir de l’aide et consulter les divers organismes qui lui offriront du soutien durant cette étape de sa vie.

 

 

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