Bourse : un cocktail intéressant pour l'investisseur qui vise le long terme

Publié le 09/07/2010 à 18:00

Bourse : un cocktail intéressant pour l'investisseur qui vise le long terme

Publié le 09/07/2010 à 18:00

Par Dominique Beauchamp

Photo : Bloomberg

La confiance des investisseurs dans la remontée boursière et la reprise économique reste fragile, avec raison. Les répercussions de la pire crise financière en 75 ans et de la récession freineront la croissance de l'économie pendant des années, vient de rappeler Mark Carney, le pragmatique gouverneur de la Banque du Canada.

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L'économiste Ed Yardeni souligne qu'il a rarement observé autant de pessimisme chez ses collègues. " Certaines données économiques montrent un essoufflement, mais la reconstitution des stocks des entreprises, le rebond de la production manufacturière et les exportations contribueront à faire croître l'économie américaine en seconde moitié d'année, puisque la croissance des pays émergents nourrira l'économie mondiale ", dit-il.

M. Yardeni prévoit une remontée boursière après un été tumultueux. D'après lui et plusieurs autres experts, la Bourse est encore un terrain fertile à long terme, grâce à un cocktail favorable de bénéfices, de bilans sains, de faible inflation et d'évaluation des titres attrayante. Au moment où les pessimistes font les manchettes, certains indicateurs dressent un portrait encourageant de la conjoncture mondiale et des titres boursiers. Les voici.

LA REPRISE AMÉRICAINE SE POURSUIT

De nombreux investisseurs craignent que l'économie américaine ne retombe en récession. Pourtant, les périodes de rechute économique sont des événements très rares : il n'y en a eu que deux en 100 ans, en 1920 et en 1981, souligne Andrew Garthwaite, stratège mondial chez Credit Suisse.

Les indicateurs montrent que l'économie de nos voisins du Sud prend du mieux depuis trois trimestres. " Il est tout à fait normal que les données économiques s'améliorent plus lentement lors de la deuxième année d'une reprise ", dit David Bianco, stratège américain en chef de Bank of America Merrill Lynch.

La production industrielle a crû à un rythme de 1,24 % en mai dernier, la plus forte progression depuis août 2009. C'est le troisième meilleur taux d'augmentation en 10 ans, souligne Pierre Lapointe, stratège mondial chez Brockhouse Cooper. " Depuis 1975, la Bourse américaine s'est appréciée dans 70 % des cas quand la production industrielle a progressé d'au moins 1,2 % pendant un mois ", précise M. Lapointe. La hausse boursière s'est alors établie à 7,4 % en moyenne sur une période de neuf mois.

Presque imperceptiblement, la situation de l'emploi s'améliore aussi, comme c'est le cas habituellement lorsque les bénéfices des entreprises recommencent à croître. La semaine de travail s'allonge aux États-Unis : elle est passée de 33,6 heures en octobre 2009 à 34,2 heures en mai 2010. De plus, le nombre de nouveaux emplois temporaires est passé de 1,73 millions en octobre 2009 à 2,1 millions en mai dernier.

L'offre de nouveaux emplois dans le secteur privé augmente, un indicateur qui devance habituellement la création d'emplois de trois mois, écrivent Jean-Sébastien Garant, Luc Lapointe et André Marsan, les trois associés de la firme Sigma Alpha Capital dans leur dernier bulletin.

Les prêts aux entreprises semblent eux aussi reprendre une tendance haussière, note Stéfane Marion, économiste en chef de la Banque Nationale Financière. Les prêts commerciaux et industriels ont augmenté de 3 milliards de dollars américains entre mai et juin. Cette première hausse mensuelle depuis la faillite de la banque d'affaires Lehman Brothers, en septembre 2008, est encourageante, car les PME créent deux tiers des emplois, dit M. Marion.

L'ÉCONOMIE CHINOISE RÉALISERA UN ATTERRISSAGE EN DOUCEUR

La crise liée à l'endettement des pays européens fait les manchettes. Cependant, la capacité de la Chine d'éviter une surchauffe économique est plus importante, sans quoi elle devra adopter des mesures d'austérité - une hausse des taux d'intérêt, par exemple - qui compromettraient la reprise mondiale.

Après tout, la contribution de l'économie chinoise à la croissance mondiale est presque 10 fois plus importante que celle de l'Europe, dit Martin Roberge, stratège chez Dundee Valeurs mobilières. En 2010, la croissance de 10 % de l'économie chinoise contribuera pour le cinquième de la croissance de 4,2 % de l'économie mondiale prévue par le Fonds monétaire mondial. La contribution des États-Unis s'élève à 10,4 %, et celle de l'Europe, à 2,4 %.

Le bond de 47 % des exportations chinoises à un niveau record de 136 milliards de dollars américains en mai et la hausse de 1,7 % de l'indice chinois des directeurs d'approvisionnement en avril, conjugués au recul du nombre de transactions immobilières et à la modération de la hausse annuelle des prix des maisons, suggèrent que la Chine est en voie de réussir son atterrissage en douceur.

La Chine n'est pas la seule locomotive. L'Asie et l'Amérique latine croissent à un rythme de plus de 7 % et comptent pour plus de la moitié de la croissance mondiale.

" Les principaux organismes de recherche économique misent encore sur une croissance mondiale de 3,5 à 4 % en 2010 et en 2011, même si les prévisions pour les États-Unis, l'Europe et le Japon ne dépassent pas 2 % ", note Sigma Alpha Capital.

LES ENTREPRISES SONT BIEN NANTIES

Les entreprises américaines ont rarement été en aussi bonne situation financière. " Autant les gouvernements sont endettés, autant le secteur des entreprises est florissant ", écrit Sigma Alpha Capital.

Après avoir affiché des bénéfices supérieurs aux prévisions pendant cinq trimestres, les entreprises non financières sont assises sur une encaisse record de 1 800 milliards de dollars américains, selon la Réserve fédérale. " Ce sont autant de munitions pour investir, acquérir des entreprises, verser des dividendes et racheter des actions ", dit Joseph G. Carson économiste chez AllianceBernstein.

Il est d'ailleurs fort probable qu'une part grandissante des rendements des actions américaines viennent des dividendes plutôt que de l'appréciation de l'action au cours des prochaines années, avance Douglas Cliggott, stratège chez Credit Suisse.

L'endettement des gouvernements et l'effort de désendettement des consommateurs des pays industrialisés risquent de freiner le rythme naturel de la cadence économique et de priver les entreprises d'occasions de croissance. " Les entreprises les mieux gérées auront donc un capital surperflu à redistribuer ", explique M. Cliggott.

Le stratège de Credit Suisse s'attend donc à ce que les entreprises utilisent leur surplus de liquidités pour racheter leurs actions et pour réaliser des acquisitions, afin de procurer le rendement réclamé par leurs actionnaires.

Les investisseurs pourraient recommencer à privilégier les actions et délaisser les titres à revenu fixe, maintenant que les dividendes des entreprises croissent, après avoir baissé de 30 % entre 2009 et 2010 pour les entreprises de l'indice mondial Morgan Stanley, précise Pierre Lapointe, de Brockhouse Cooper.

Au cours des 12 prochains mois, les entreprises de cet indice hausseront leur dividende de 9,2 %, prévoient les analystes sondés par Datastream.

 

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