Bourse : plonger sans se noyer


Édition de Mai 2014

Bourse : plonger sans se noyer


Édition de Mai 2014

Vous êtes satisfait du portefeuille concocté par votre conseiller. Mais voilà, vous avez envie de participer aux décisions de placement et de vous lancer en Bourse. Comment commencer sans risque.

Yves Boileau, 54 ans, consultant en finance et en conformité, gère lui-même depuis trois ans une portion importante de son portefeuille. «Les frais moindres ont joué dans la balance, dit le Montréalais. Mais j'avais surtout envie de prendre une plus grande part dans les décisions de placement.»

Jusqu'à présent, son expérience est positive. «Je suis les recommandations des gestionnaires de portefeuille publiées dans les médias spécialisés, explique-t-il. Je note les titres qui m'intéressent, puis je les analyse avant de décider de les ajouter ou non au portefeuille.»

Gérer ainsi son portefeuille permet d'aiguiser son intellect, de suivre l'actualité, d'avoir un sentiment de liberté... Et pas besoin d'être un expert pour obtenir de bons rendements. Ce qu'il faut, c'est connaître ses limites.

Certes, vous devez avoir un minimum de connaissances pour négocier en Bourse par vous-même. Il est effectivement important de vous familiariser avec le fonctionnement des marchés financiers.

«Pour vous lancer, vous devez au moins suivre l'actualité financière et avoir pris un cours sur l'investissement boursier ou avoir lu beaucoup sur le sujet», pense Marc Ryan, fondateur du site investisseur-autonome.info et conférencier.

La clé, c'est d'en apprendre assez pour maîtriser le sujet. «L'investisseur autonome conduit la voiture, note Yves Boileau. Il n'est pas un simple passager.»

Et comme tout bon conducteur, vous devez veiller à diminuer les risques d'accident, c'est-à-dire comprendre les risques de l'investissement et les limiter. Par exemple, investir une fraction de vos avoirs, acheter plusieurs titres, minimiser votre exposition aux actions ou acheter des titres au-dessous de leur valeur réelle diminue la possibilité de perdre.

«La diversification réduit largement le risque d'erreur, convient Jean Soublière, président de l'Actif, une coop en animation et en formation financière. Les titres ne chuteront pas tous au même moment.» Tous les secteurs ne dépendent pas des mêmes variables. Certains réagissent aux prix des matières premières, d'autres non. De la même façon, le fait de combiner les titres à revenu fixe et les actions améliore la diversification, puisque ces catégories d'actif se comportent différemment.

Veillez toutefois à préserver cet équilibre, car avec le temps, certaines composantes du portefeuille s'apprécieront, et elles ne doivent pas représenter un poids trop important dans l'ensemble.

Autre préalable, il faut avoir un surplus d'argent qui vous permette de vous initier. «Investissez seulement des montants dont vous n'aurez pas besoin pour payer le loyer ou l'épicerie, insiste Marc Ryan. Pour investir en Bourse, il faut pouvoir laisser la somme dans le compte pendant cinq ans au minimum.»

Vous devez aussi avoir le temps nécessaire pour analyser, réaliser et suivre les placements. Selon l'approche que vous emploierez, vous pourriez y consacrer de quelques heures par an à quelques heures par jour...

Commencez en toute simplicité

Comme les placements se comptent par centaines, ne perdez pas votre temps à essayer de dénicher tous les bons coups. Délimitez plutôt un périmètre à l'intérieur duquel vous cernerez des occasions.

Pour ce faire, inspirez-vous de stratégies de placement éprouvées. «Surtout, commencez par une approche simple que vous pouvez facilement comprendre et maîtriser, conseille Marc Ryan. Ainsi, vous vous familiarisez avec les marchés tout en continuant à dormir sur vos deux oreilles.»

Une stratégie qu'il recommande consiste à bâtir un portefeuille composé de fonds négociés en Bourse (FNB), d'actions et d'obligations. «Sachant qu'un investisseur moyen aura un portefeuille composé à 60 % d'actions et à 40 % de titres à revenu fixe, dit-il, déterminez le poids de ces catégories selon que vous êtes plus ou moins prudent que la moyenne.» Sinon, utilisez les outils des sites Web des courtiers directs pour déterminer votre profil d'investisseur et la répartition d'actif qui y correspond.

Les FNB, qui reproduisent les grands indices boursiers, sont un merveilleux instrument pour se lancer. En effet, le rendement à long terme d'un indice boursier dépasse nettement celui des titres à revenu fixe, et les frais des FNB sont extrêmement bas. De plus, ces fonds se négocient comme des actions et offrent une diversification instantanée dans tous les marchés.

Notez qu'il est aussi possible de personnaliser davantage votre portefeuille de FNB en y ajoutant peu à peu des actions... Au début, concentrez vos efforts sur la reconnaissance de valeurs sûres, c'est-à-dire d'entreprises de premier ordre qui représentent un avantage concurrentiel durable, les fameuses blue chips. Songez qu'en étant actionnaire, vous participerez à leur réussite et toucherez votre part des bénéfices.

Une fois que vous aurez une bonne idée de ce que vous voulez acheter, entraînez-vous en composant un portefeuille fictif, car bien que la Bourse monte à long terme, à court terme, elle joue au yo-yo. Et vous devez vous habituer à ces secousses.

«Une simulation vous permettra non seulement de valider la pertinence de vos choix, mais aussi de tester vos émotions et de vous familiariser avec la façon de placer les ordres et de bâtir un portefeuille», note Jean Soublière.

Ce test vous aidera aussi à déterminer la somme que vous investirez réellement. Normalement, il faut au minimum de 15 000 à 20 000 dollars pour un portefeuille composé à la fois d'actions et de titres à revenu fixe. Cependant, si vous comptez ajouter régulièrement de l'argent au compte, vous pouvez commencer avec moins.

Trouvez un courtier sur mesure

Pour commencer, vous aurez naturellement besoin d'un compte de placement. Pour en ouvrir un, vous devrez choisir le courtier à escompte qui vous convient.

En visitant les sites Internet des escompteurs, vous trouverez beaucoup d'information sur leur offre de services. Frais, rapports d'analyste, plateformes électroniques, outils en ligne, documents d'information, conseils en ligne, aide aux débutants, nombre de succursales, innovations technologiques (par exemple, la négociation sur sans-fil)... Tout doit être soupesé.

«Définissez bien vos besoins par rapport à ce qui est proposé, conseille Jean Soublière, car, pour se démarquer, l'offre des courtiers à escompte comprend beaucoup de petites variantes.»

Opter pour le courtier direct de votre banque ne sera pas nécessairement avantageux, à moins d'obtenir un rabais sur les frais parce que vous êtes un client important (par exemple chez Pro-Investisseurs CIBC) ou parce que vous pouvez effectuer des transferts électroniques plus facilement.

De même, si on ne vous impose pas de frais plus élevés du fait que votre actif est moins important, il n'y a pas avantage à tout concentrer chez un seul courtier. Vous pouvez donc par exemple choisir Scotia iTrade ou QTrade pour leurs transactions gratuites sur un nombre limité de FNB, et BMO Ligne d'action pour ses conseils virtuels.

Au courant de l'hiver, RBC Placements en direct, le courtier à escompte de la Banque Royale, a lancé une guerre des prix en baissant ses frais de transaction à 9,95 dollars.

Une réduction de 60 % ! La plupart des grands acteurs du domaine ont suivi. Les petites transactions deviennent du coup financièrement raisonnables.

Ne considérez pas seulement les frais de courtage, mais aussi les frais administratifs, comme les frais pour un chèque, un transfert en faveur d'un tiers ou l'immatriculation des titres.

Par exemple, la plupart des escompteurs demandent de 50 à 100 dollars par an pour les CELI et les REER dont la valeur en portefeuille est inférieure à 15 000, 20 000 ou 25 000 dollars. Virtual Brokers, lui, ne facture aucuns frais annuels.

On doit tenir compte de ces facteurs, car ces régimes sont très avantageux. «Non seulement vous ne payez pas d'impôt, note Marc Ryan, mais vous n'avez pas non plus à suivre les gains et les pertes en capital, les commissions, etc., qu'il faut inclure dans la déclaration fiscale.»

La technologie est un autre élément important, qui doit vous simplifier la vie. Alors, informez-vous de sa sécurité, de sa fiabilité, de la vitesse d'exécution, des titres qu'elle permet de négocier...

Yves Boileau, pour sa part, est très satisfait de la plateforme de transactions en ligne de Disnat. «Elle a des mécanismes de validation qui permettent d'éviter les erreurs grossières, comme l'entrée d'un mauvais symbole boursier ou d'un nombre erroné d'actions», dit-il.

Autre option, vous pouvez consulter des classements de courtiers à escompte. Le hic, c'est qu'ils ne tirent pas les mêmes conclusions. Ainsi, en 2013, Banque Nationale Courtage Direct était au premier rang sur le plan de la satisfaction de la clientèle selon le sondage J.D. Power, alors que BMO Ligne d'action remportait la palme pour la qualité des services, selon l'étude de Surviscor...

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Outils pour se lancer en Bourse

Livres

La Bourse pour les nuls, par Gérard Horny

Investir pour les nuls, par Eric Tyson et Tony Martin

Investir dans la valeur, de Benjamin Graham à Warren Buffett, par Bruce C. N. Greenwald

L'investisseur intelligent, par Benjamin Graham

Secrets pour gagner en Bourse à la hausse et à la baisse, par Stan Weinstein

Dans la jungle du placement, par Stephen A. Jarislowsky

Sites Internet

www.actif.net/ressources/hyperliens.htm : répertoire de sites

canadiancouchpotato.com (guide de FNB, incluant des idées de portefeuilles)

abcbourse.com (information de base pour investir en Bourse)

lesaffaires.com (actualité financière et outil pour construire un portefeuille fictif)

www.dogsofthedow.com (stratégie Dog of the Dow)

Clubs d'investissement

Club-école de l'Actif (www.actif.net) : club d'investissement avec un programme de formation où il est possible d'échanger avec d'autres

www.shareowners.com

www.investisseurautonome.info

Lettres financières

www.phases-cycles.com : recommandations d'actions selon la méthode de l'analyse technique

www.cote100.com : recommandations de titres nord-américains de moyenne et petite capitalisation selon l'analyse fondamentale

www.decisionplus.com : recommandations d'actions selon la méthode de l'analyse technique

Cours

Cours sur le commerce des valeurs mobilières au Canada, Institut canadien des valeurs mobilières (CSI)

Gestion des finances personnelles, Collège de Rosemont

Cours sur les rudiments de la Bourse, www.decisionplus.com

Formations offertes par les courtiers à escompte

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Les principales erreurs des investisseurs en herbe

Acheter seulement des titres populaires : le goût du jour n'est pas nécessairement la bonne chose à placer dans un portefeuille.

Acheter une poignée de titres : la diversification diminue le risque.

Investir à court terme : il est préférable d'investir comme si vous achetiez un bien immobilier, en visant le profit à long terme.

Mal contrôler ses impulsions : il ne faut pas céder à la panique ni à l'enthousiasme excessif en réaction aux mouvements du marché et ne pas négocier au mauvais moment.

Ne pas savoir vendre : il faut consacrer du temps à la vente de titres, sinon on risque de conserver ceux qui performent mal et de vendre trop vite ceux qui performent bien.

Commencer avec des actions : il est plus facile d'acheter des FNB.

Investir en ayant les yeux dans le rétroviseur : comme la Bourse anticipe le futur, il faut essayer d'entrevoir ce qui vient, droit devant soi.

Se croire invulnérable : même les experts font parfois de mauvais choix en Bourse et se trompent dans leurs anticipations.

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Les courtiers à escompte

- Banque Nationale Courtage Direct

- BMO Ligne d'action

- Courtage à escompte Banque Laurentienne

- Credential Direct

- Disnat

- HSBC InvestDirect

- Placement direct ScotiaMcLeod

- Placements directs TD

- Pro-Investisseurs CIBC

- QTrade Investor

- Questrade

- RBC Placements en Direct

- Scotia iTrade

- Virtual Brokers

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