Marchandez-vous assez ?


Édition de Novembre 2015

Marchandez-vous assez ?


Édition de Novembre 2015

Par Sophie Stival

Les Québécois ne sont pas très enclins à négocier avec les vendeurs. Il y aurait là pourtant plusieurs centaines de dollars à aller chercher chaque année.

Quémander un escompte au vendeur d'un magasin pour une paire de chaussures ou un sac à main, ce n'est pas évident !

Rares sont ceux d'entre nous qui osent négocier le prix des biens et services qu'ils achètent. Pourtant, une enquête menée en 2013 par le Consumer Reports auprès de 2 000 Américains révèle que ceux qui barguignent régulièrement peuvent économiser plusieurs centaines de dollars à l'achat d'un seul article.

Le taux de réussite et la facilité de marchander variaient en fonction du produit négocié. En tête de liste de ce sondage, on trouve les bijoux et les meubles. Les objets de collection, les antiquités et les appareils électroniques personnels suivaient de près.

Bien sûr, le Québec, ce n'est pas les États-Unis, mais la proximité géographique et la présence chez nous de grandes chaînes américaines nous laissent supposer que la situation est comparable.

Alors, on fait comment pour convaincre le commerçant de nous accorder un rabais ? Sourire ne suffit pas toujours... Pour faciliter la négociation et augmenter vos chances de réussite, il vous faudra quand même être amical et courtois avec votre vendeur, nous rappelle Steven Cohen, auteur de plusieurs livres sur les méthodes de négociation efficaces. Il propose quelques astuces dignes d'intérêt.

Sachez d'abord que si le marchand réalise une bonne marge de profit sur l'article convoité, il y a sûrement un moyen de négocier. C'est ce que le professeur de stratégie d'entreprise à Harvard, Michael Porter, appelle le pouvoir de négociation des clients. Parmi les cinq forces en présence dans un environnement concurrentiel, le consommateur a son mot à dire. Si la marque est peu connue et qu'il existe plusieurs produits de remplacement, vous aurez une plus grande influence sur son prix d'achat.

Steven Cohen nous conseille également de poser des questions ouvertes. Par exemple, si vous convoitez un téléviseur de 60 pouces trop coûteux, vous pourriez dire au commerçant : «J'ai chez moi l'espace idéal pour ce téléviseur 60 pouces, mais le prix n'est pas tout à fait dans mon budget, pouvez-vous faire quelque chose pour m'aider ?»

La meilleure façon de marchander : proposer un prix juste pour les deux parties. On se renseigne avant auprès des concurrents et sur des sites comme Kijiji.ca ou lespac.com. Montrez-vous critique si l'objet n'est pas neuf (article de démonstration), si la marque n'est pas des plus vendues ou que la garantie n'est pas étendue. Suggérez un prolongement de garantie sans frais, l'ajout d'accessoires : y'a toujours moyen de moyenner !

Sinon, soyez prêt à tourner les talons quand l'offre ne vous semble pas raisonnable. Dans le cas d'une négociation fructueuse, on reste discret pour ne pas se pénaliser lors d'achats ultérieurs. 

MAUVAIS PRIX À LA CAISSE

Il arrive que le prix affiché sur un article en magasin ne soit pas le même qu'à la caisse. Je pense notamment aux produits biologiques parfois mal étiquetés. Dans un tel cas, le plus bas prix doit prévaloir, rappelle l'Office de la protection du consommateur (OPC).

Selon la Politique d'exactitude des prix de l'OPC, si le bien convoité a une valeur de 10 dollars ou moins, on est tenu de vous le remettre gratuitement. Cela m'a valu il y a quelque temps un beau casseau de fraises bios sans frais. Si le prix annoncé est supérieur à 10 dollars, le marchand doit vous accorder un rabais de 10 dollars sur le prix corrigé.

Notez que cette réduction doit être donnée même si la transaction n'avait pas été conclue. Il vous faudra toutefois acheter l'article en question. Si l'erreur se produit sur plusieurs produits identiques, cette politique d'indemnisation ne s'applique qu'une seule fois.

Toutes les marchandises pour lesquelles le commerçant n'a pas le pouvoir de consentir un rabais font exception (tabac, certains médicaments). Même chose lorsque l'État fixe un prix minimum, comme dans le cas du lait, de la bière ou du vin.

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