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Mythe ou réalité: les Montréalais achètent davantage en régions

Joanie Fontaine|Mis à jour le 11 avril 2024

Mythe ou réalité: les Montréalais achètent davantage en régions

(Photo: Shutterstock)

BLOGUE INVITÉ. Depuis la pandémie, la venue du télétravail et le désir d’espace ont amené plusieurs ménages à revoir leurs besoins en matière de logements. Cela a poussé certains ménages à acquérir une propriété hors de la région métropolitaine de recensement (RMR) de Montréal pour y vivre à temps plein ou pour s’en servir comme résidence secondaire.

Même avant la crise sanitaire, l’île de Montréal perdait chaque année des résidents au profit des banlieues et des régions plus éloignées ; une tendance qui s’est accentuée avec la COVID-19 selon les soldes migratoires interrégionaux diffusés par l’ISQ.

Les statistiques de vente de propriétés unifamiliales semblent corroborer ces résultats. Pour la période d’acquisitions dite «prépandémie», soit de septembre 2019 à avril 2020, 20% des acheteurs en région indiquaient une adresse dans la RMR de Montréal au moment de l’acquisition selon les données publiées au Registre foncier du Québec et colligées par JLR, société d’Equifax. Le mois d’avril 2020 est considéré dans la période prépandemique puisqu’il peut s’écouler plusieurs semaines entre l’acceptation d’une offre d’achat et la prise de possession. Par conséquent, les décisions d’achat pour les transactions concrétisées en avril ont été prises pour la majorité avant la pandémie. Pour la période de septembre 2020 à avril 2021, où nous estimons que la très grande majorité des achats ont été effectués en connaissance de la situation pandémique, la proportion d’acheteurs d’unifamiliales en région provenant du Grand Montréal a grimpé à 25%.

La proportion d’acheteurs provenant de Montréal a monté partout au Québec depuis la pandémie, mais certains endroits ont été davantage touchés.

 

Proportion des acheteurs d’unifamiliales provenant de la RMR de Montréal selon la période et la région 

Source : JLR

La proportion d’acheteurs montréalais a doublé en Mauricie, passant de 10% avant la pandémie à 20% après. Avec la montée des prix des résidences secondaires dans les Laurentides, la Mauricie a pu devenir plus attrayante pour les ménages cherchant un chalet à moindres frais et à distance raisonnable de Montréal. L’Est-du-Québec, reconnu pour ses beaux paysages et ses vastes espaces, a également gagné en popularité. Ainsi, la Gaspésie-îles-de-la-Madeleine a connu une hausse de 8 points de pourcentage des acheteurs en provenance de Montréal et une augmentation de 4 points de pourcentage fut enregistrée au Bas-Saint-Laurent.

Les régions limitrophes de la métropole, soit Lanaudière, les Laurentides et la Montérégie (partie hors RMR de Montréal), étaient déjà populaires auprès des Montréalais avant la pandémie pour des raisons géographiques, mais l’attrait s’est encore accru. Le télétravail ou la combinaison de celui-ci avec une présence au bureau quelques jours par semaine rend ces régions plus intéressantes qu’auparavant. Pour les Laurentides et Lanaudière, l’intérêt pour les chalets a pu s’accentuer avec la pandémie puisque les possibilités de destinations vacances sont réduites.

 

Plus d’acheteurs montréalais = Hausse de prix ?

La venue d’un nouveau bassin d’acheteurs en région a certes contribué à la baisse de l’inventaire dans plusieurs secteurs et donc à la hausse des prix. Toutefois, les mouvements de population n’expliquent pas à eux seuls l’engouement pour le marché immobilier en région. Alors que le nombre d’acquéreurs montréalais a grimpé de 73% à 173% selon les secteurs au cours de la période analysée, le nombre d’acheteurs locaux ou habitant à l’extérieur de Montréal a crû de 20% à 64% dépendamment des régions.

Ce n’est donc pas un mythe, les Montréalais se font plus nombreux en région depuis quelque temps, mais ils ne sont pas les seuls responsables de la croissance rapide des prix un peu partout au Québec.

L’arrivée d’un plus grand nombre d’acheteurs provenant de la métropole a accentué la croissance des prix en région, mais cette tendance aurait été constatée même sans cet engouement puisque la demande locale a elle aussi augmenté. En fait, les bas taux d’intérêt, l’épargne élevée et l’importance accrue du logement ont contribué à la hausse de la demande locale et des prix. La pandémie nous a amenés réfléchir à nos véritables besoins sur le plan de l’habitation et ceci a eu un impact indéniable sur le marché immobilier.

Pour plus de détails, veuillez consulter l’étude complète de JLR.

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