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Jean Sasseville

S'informer avant d'investir en immobilier

Jean Sasseville

Expert(e) invité(e)

L’immobilier entre deux tempêtes

Jean Sasseville|Mis à jour le 11 avril 2024

L’immobilier entre deux tempêtes

La plupart des économistes nous avertissent que d’autres nuages économiques vont se poindre à l’horizon.(Photo: 123RF)

BLOGUE INVITÉ. Une tempête s’est abattue sur le marché immobilier en mars 2022, la surchauffe immobilière s’est depuis refroidie. Le ciel s’est assombri sur les propriétaires et ceux qui espèrent le devenir.

Ce sont les hausses successives du taux directeur de 0,25% à 3,75%, de mars 2022 à octobre 2022, qui en sont la cause.

La remontée du taux directeur à 3,75% n’a pas encore produit son plein effet sur le marché immobilier résidentiel. Est-ce que la ou les hausses de taux à venir vont transformer cette tempête en ouragan ? Est-ce que plusieurs propriétaires vont perdre leur maison? Il semble que non.

Selon Desjardins, cette tempête commencera à se calmer en 2023. Le taux directeur devrait atteindre 4,25% au début de 2023, mais il devrait terminer l’année à 3,75%. En 2024, il devrait baisser jusqu’à 2,25%.

Voici l’impact que cela pourrait avoir sur les taux fixes et variables en 2023 et 2024. Les détenteurs d’hypothèques variables peuvent commencer à voir la lumière au bout du tunnel. Pour ceux qui veulent prendre un taux fixe à leur renouvellement, un terme de 2 ou 3 ans semble plus attrayant que 5 ans.

 Tableau démontrant le niveau des taux depuis 2017

Variation brusque du baromètre de l’immobilier

Il est crucial de savoir si le marché favorise les acheteurs ou les vendeurs, ou si le marché est équilibré. Nous avons été dans un marché de vendeur pendant la pandémie. Avec la hausse des taux, nous sommes passés rapidement à un marché quasiment équilibré. Les situations de surenchères sont beaucoup moins fréquentes. Les vendeurs ont perdu leur position de force.

Tableau qui démontre que les conditions de marché sont à l'équilibre.

La météo pour la RMR de Montréal

Pour la RMR de Montréal, les inscriptions en vigueur se chiffrent à 16 397 en novembre 2022, une hausse de 58% par rapport au même mois l’année dernière.

Pour la période de janvier à novembre, par rapport à la même période de l’année dernière, les transactions ont chuté de 21%.

En novembre 2022, les transactions ont chuté de 38% par rapport au mois de novembre 2021, soit une baisse de 60% pour les plex, 41% pour les copropriétés et 30% pour les unifamiliales.

«La chute marquée des ventes en novembre fait écho à la remontée rapide des taux d’intérêt. Ce niveau transactionnel, qui figure parmi les plus bas enregistrés par le système Centris, continue de se traduire par une accumulation d’inscriptions en vigueur. Néanmoins, le nombre de nouvelles mises en marché de propriétés tend à vouloir baisser, à nouveau, en novembre, indiquant que les vendeurs potentiels ne se précipitent pas pour vendre leur propriété, ou encore ne se sentent pas encore obligés de le faire», constate Charles Brant, directeur du Service de l’analyse de marché, APCIQ.

 

Prévisions des prix

Tout comme pour les météorologues, on est à l’écoute des prévisions des économistes. En date du 9 novembre, ceux de Desjardins prévoient que les prix vont continuer à baisser pendant quelques mois et ensuite se stabiliser pour le reste de 2023.

 

 

 

On annonce une autre tempête

La plupart des économistes nous avertissent que d’autres nuages économiques vont se poindre à l’horizon. Desjardins prédit une légère récession.

Il est trop tôt pour estimer avec précision les effets qu’elle aura. On projette une faible hausse du chômage. Des mises à pied généralisées ne sont pas à l’ordre du jour. Il ne devrait pas y avoir de hausse des taux d’intérêt. Cette deuxième tempête ne m’inquiète pas beaucoup.

Souhaitons une belle période de calme après ces deux tempêtes.

Ne reportez pas votre achat

Si vous avez les moyens de le faire, ne vous empêchez pas d’acheter sous prétexte que son prix peut baisser pour quelques mois. Le nouveau climat avec peu d’offres multiples vous permet de négocier le prix. Si vous décidez d’attendre, restez sur la bande que pour quelques mois. Restez à l’affût d’une opportunité.

À long terme, je ne vois pas comment on peut être pessimiste sur les hausses de prix, et c’est ce qui importe pour votre décision d’acheter. Nous sommes dans une ère avec un très bas niveau de chômage et nous avons une des plus fortes croissances démographiques de tous les pays développés.

«Si tu t’inquiètes du vent, tu ne sèmeras jamais. Si tu scrutes les nuages, tu n’auras pas de récolte…»

L’Ecclésiaste, 3e siècle avant. J.-C.

Je vous invite à consulter mes articles précédents.