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15% des locataires montréalais ont connu un épisode d’itinérance

La Presse Canadienne|Publié hier à 15h44

15% des locataires montréalais ont connu un épisode d’itinérance

En 2023, la proportion était de 10%, selon un sondage Léger, dont les résultats pour Montréal ont été dévoilés mercredi par l’organisme Vivre en ville et la Ville de Montréal. (Photo: Christinne Muschi / La Presse Canadienne)

Environ 15% des locataires de Montréal rapportent en 2024 avoir connu un épisode d’itinérance — celle-ci étant définie comme avoir été sans domicile fixe pendant une certaine période de temps.

En 2023, la proportion était de 10%, selon un sondage Léger, dont les résultats pour Montréal ont été dévoilés mercredi par l’organisme Vivre en ville et la Ville de Montréal.

Fait à noter: les sondeurs ont interviewé des locataires, donc ces statistiques excluent les personnes qui étaient itinérantes.

«Les chiffres étaient dramatiques l’année passée, mais là on voit à quel point ça empire. Et sans ces études-là, bien on ne le verrait pas. On voit entre autres que le nombre de personnes qui ont déclaré une situation d’itinérance, au moins pour la ville de Montréal, a progressé de 50%. Donc, c’est passé de 10 à 15%. C’est complètement fou», s’est exclamé en entrevue Adam Mongrain, directeur Habitation au sein de l’organisme Vivre en ville.

Pour ce qui est du loyer payé, 30% des locataires interrogés rapportent payer un loyer de 750$ à 999$ et 28% un loyer de 1250$ et plus. La proportion de loyers de 500$ à 799$ est en baisse entre 2023 et 2024.

De façon générale, Adam Mongrain s’inquiète pour ces personnes qui ont des problèmes de logement, qu’il s’agisse de celles qui y consacrent une part trop importante de leur revenu, celles qui vivent une période sans domicile fixe ou autre.

«Les mesures qu’on va avoir à déployer pour aider ces personnes-là à se loger ou à se reloger ne seront jamais suffisantes si on ne prend pas le problème à la source», craint Adam Mongrain.

De même, 11% des locataires montréalais ont affirmé s’être déjà adressé au Tribunal administratif du logement pour obtenir une fixation du loyer. C’était 8% en 2023. Et de ce nombre, 7% ont affirmé avoir gagné leur cause, alors que 4% l’ont perdue.

Le sondage révèle aussi que 18% des locataires interrogés pensent avoir les moyens de devenir propriétaires au cours des cinq prochaines années, comparativement à 23% en 2023.

«Les gens sont en train de baisser les bras», déplore Adam Mongrain.

Certains aspects du sondage sont plus rassurants. Ainsi, 85% des locataires interrogés estiment que leur logement est en assez bon ou en très bon état (réponses additionnées).

«Ce que ça me dit, c’est que la vétusté» du parc de logements «est probablement surreprésentée. Ce n’est pas la crise endémique qu’on peut entendre parfois», croit Adam Mongrain.

Le sondage a été mené auprès de 5551 locataires du Québec, dont 1579 à Montréal, du 8 au 31 mai.

Il n’est pas possible de calculer une marge d’erreur à partir d’un échantillon tiré d’un panel, mais un échantillon semblable de 1579 personnes interrogées donnerait une marge d’erreur de 2,46% 19 fois sur 20, précise la firme Léger.

Par Lia Lévesque