Les enfants boomerang, durs sur les finances


Édition de Juin 2015

Les enfants boomerang, durs sur les finances


Édition de Juin 2015

Par Sophie Stival

Le phénomène Tanguy (inspiré de la comédie française sortie en 2001) ou de l’enfant boomerang existe bel et bien, confirment les statistiques. Selon le dernier recensement, au Québec, 38% des jeunes adultes de 20 à 29 ans vivent encore chez leurs parents. Entre 1981 et 2011, ce pourcentage a grimpé de plus de 15% au pays, passant de 26,9% à 42,3%.

Les raisons de ce retour au bercail sont nombreuses : perte d’emploi, séparation, retour aux études, surendettement, et pour certains, carrément, épargner pour accéder à la propriété. Cela n’est pas sans conséquences financières pour les parents. Si l’on observe les résultats d’un sondage mené par la TD en 2013, il y a lieu de s’inquiéter.

L’étude révèle que près de 20% des parents seraient prêts à compromettre leur situation financière présente et future afin d’apporter une aide pécuniaire à leurs enfants adultes. L’enquête portait sur 2 155 parents qui soutiennent financièrement leurs enfants adultes, bien que ceuxci ne soient plus aux études. On y apprend également que 43% de ceux-ci sont hébergés gratuitement par leurs géniteurs…

Il faut bien sûr éviter les généralisations. Certains parents ont les moyens de loger leurs enfants adultes ou même de leur payer certaines dépenses. D’autres jugeront qu’ils bénéficient d’une présence rassurante ou que leur fils ou leur fille leur donne un bon coup de main pour ce qui est des tâches domestiques, par exemple.

L’idée, c’est d’éviter qu’un enfant ne s’incruste pendant de longues années en profitant du confort familial et de tout ce que cela comporte. Et si on ne les responsabilise pas financièrement, qui le fera ? Plutôt que de leur donner de l’argent, aidons-les à dresser la liste de leurs dé- penses et de leurs revenus. Demandons leur une pension, si minime soit-elle. S’ils sont surendettés, on les invite à rencontrer un conseiller en réorganisation financière.

La gestion des cartes de crédit pose parfois problème. Plusieurs jeunes ne les remboursent pas entièrement. Ils en détiennent plusieurs. Ils ignorent que la période sans intérêt des cartes de crédit s’achève lorsqu’ils ne paient pas le solde total d’une carte avant la date limite. Le chef de famille doit jouer le rôle du coach plutôt que celui du pourvoyeur. Et surtout, il doit fixer une date à laquelle l’enfant devra repartir et voler à nouveau de ses propres ailes.

En compromettant leur santé financière les parents risquent gros. Contrairement à leurs enfants qui auront le temps de se refaire, ceux-ci, dans la cinquantaine, pourraient devoir reporter l’âge de la retraite.

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