La PUGE, baume sur une dure semaine pour l'économie canadienne

Publié le 24/07/2015 à 14:32

La PUGE, baume sur une dure semaine pour l'économie canadienne

Publié le 24/07/2015 à 14:32

Par Yannick Clérouin

Cette semaine, les matières nous font certainement sentir comme si c’était retour vers le futur, écrit l’économiste en chef Douglas Porter, de BMO Banque de Montréal.

Le prix du pétrole de référence WTI a rechuté sous la barre des 50$US pour la première fois depuis avril, le cours de l’or a reculé de plus de 50$US à son plus bas depuis le début de 2010, à 1080$US l’once, et le prix du cuivre a fléchi à un creux de six ans. L’indice de Bloomberg qui regroupe les principales matières premières est de son côté tombé à son plus bas en 13 ans. Dans la foulée, le dollar canadien, très lié à la santé des ressources, a poursuivi son déclin, finissant la semaine sous la barre des 77 cents américains, ayant touché son plus bas en 11 ans (76,40 cents US) au cours des derniers jours.

À ne pas en douter, ce fut une semaine sombre pour l’économie du pays. La nouvelle tourmente qui frappe les matières premières est un autre dur coup pour l’économie chancelante du Canada, souligne M. Porter.

Les optimistes pourront toujours mettre en relief le fait que les chèques de la prestation universelle pour enfant (PUGE) bonifiée expédiés cette semaine aux familles par le gouvernement fédéral donneront un coup de pouce à la consommation au troisième trimestre.

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Or, M. Porter et son homologue Avery Shenfeld, de CIBC, expriment des doutes quant à l’effet placebo que pourrait avoir la somme de près de 3 milliards de dollars que Ottawa a remise entre les mains des parents du pays sur l’économie.

Si les Canadiens dépensaient la totalité des chèques reçus d’Ottawa, cela gonflerait le PIB du troisième trimestre d’environ 0,8%, ou à un rythme annualisé de 3,2%, selon M. Shenfeld. Ce qui semble à première vue «impressionnant», dit-il.

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Dans le contexte actuel, cependant, les consommateurs pourraient user de prudence. Surtout dans les régions dépendantes des ressources, où la dégringolade des prix risque d’entraîner de nouvelles réductions de production et d’emplois, note M. Porter.

La bonification de la PUGE aidera sans doute à soutenir la croissance dans les prochains mois, mais, comme le conclut l’économiste de la CIBC, il faudra plus qu’un «chèque alléchant» pour inciter des consommateurs déjà bien endettés à dépenser.

Un sondage maison que nous avons réalisé cette semaine sur LesAffaires.com montre qu’une personne sur cinq (sur 584 répondants) prévoit rembourser des dettes avec le chèque qu’elle recevra. Notre coup de sonde montre aussi que 22% des répondants prévoient déposer la somme dans un REEE et 18% dans un REER. Enfin, 36% songent à l’encaisser comme un autre revenu, donc probablement de le dépenser. Notre échantillon, bien que petit, permet de constater que ce ne sont pas tous les consommateurs qui emploieront le montant reçu à des fins de consommation.

Cela dit, on ne pourra pas non plus compter sur l’effet d’enrichissement que peut procurer la Bourse pour soutenir l’économie. Le S&P/TSX de la Bourse de Toronto a décliné au cours des cinq dernières séances. Il se retrouve à un creux en six mois...et au même niveau qu’en 2011, observe Douglas Porter.

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