Voyager responsable, la nouvelle tendance

Publié le 28/09/2017 à 11:05

Voyager responsable, la nouvelle tendance

Publié le 28/09/2017 à 11:05

Des voyages, Denis Lyonnais en mange. Il quitte le pays au moins quatre fois par année. L’hiver dernier, à la recherche d’une expérience singulière, ce retraité de 65 ans a séjourné au Costa Rica dans une coopérative, l’auberge El Silencio, située sur les terres d’une ancienne plantation de bananes. « Pendant trois jours, j’ai vécu avec les gens de la communauté, en partageant leur repas et en m’intégrant à leurs activités quotidiennes », dit-il.

Cet hébergement hors norme, dont les profits reviennent entièrement aux villageois, n’avait rien d’un hôtel. Il n’y avait ni réception ni clé pour les chambres. Denis Lyonnais était le seul client et il vivait dans une petite cabine confortable. Le but de l’aventure n’était pas de consommer ou de faire des activités à la chaîne, mais d’aller à la rencontre de l’autre. « Le contact avec les gens était très chaleureux, même si je ne parlais pas leur langue. Les Costaricains étaient très fiers de me présenter leur mode de vie. J’y ai découvert toute la richesse de leur culture », raconte ce voyageur, qui promet de répéter l’expérience.

La coopérative El Silencio fait partie du réseau Village Monde, qui vise à devenir le « Airbnb » du tourisme responsable et solidaire. Fondée par le Franco-Québécois Charles Mony, cette ONG veut faire la promotion des établissements dont la mission est de contribuer au développement des communautés locales. « Ces auberges villageoises ne disposent pas de moyens pour faire leur marketing. En créant le label Village Monde, comprenant des outils pour faciliter les réservations en ligne, on veut stimuler le développement d’une offre d’hébergement alternatif, qui permettra aux communautés éloignées de se développer », explique cet entrepreneur qui a connu du succès dans le domaine des technologies.

Village Monde n’est pas la seule initiative du genre. Un peu partout à la grandeur de la planète, on voit naître une offre qui veut faire contrepoids au tourisme de masse, souvent synonyme de destruction de l’environnement, d’appauvrissement des cultures d’accueil et de faibles retombées économiques locales. Encore marginale, cette forme de tourisme, désignée selon les sources, comme du tourisme responsable, solidaire, durable ou équitable, tient compte des impacts économiques, sociaux et environnementaux du présent et du futur. « Ce genre d’expérience attire les gens qui veulent sortir des sentiers battus et qui souhaitent que leur argent ait un impact positif », dit Charles Mony.

Pour en faire la promotion, l’ONU a d’ailleurs proclamé 2017 « Année internationale du tourisme durable ». Avec 1,2 milliard de voyageurs internationaux en 2016, nombre qui atteindra 1,8 milliard en 2030, l’organisation internationale veut faire du tourisme un moteur de changement économique et de développement durable.

Si on associe spontanément le tourisme responsable avec des destinations plus exotiques, comme un séjour dans une communauté indigène d’Amérique du Sud ou du trekking de village en village au Népal, on peut également voyager responsable tout en restant chez soi. La coopérative de Voyages Coste, basée à Rivière-au-Tonnerre, offre des séjours dans des communautés dévitalisées de la Basse-Côte-Nord et Anticosti, où 100 % des retombées économiques du tourisme restent dans les villages. « Dans ces petites localités, la création de chaque emploi, même saisonnier, fait une différence », explique Alberte Marcoux, directrice de cette agence de voyages.

Voyager pour changer le monde, est-ce que ça sera la nouvelle mission du tourisme au 21e siècle?

 


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