Vendre ses photos en ligne, c'est payant?

Publié le 04/05/2015 à 12:21

Vendre ses photos en ligne, c'est payant?

Publié le 04/05/2015 à 12:21

Les banques de photos en ligne comme Getty Images et Shutterstock permettent aux photographes amateurs de tirer un revenu de leur passion. Pour percer toutefois, il faut s'y investir sérieusement...

Lise Gagné a sauté dans l'aventure iStockphoto en 2003, alors qu'elle travaillait comme graphiste. Trois mois plus tard, elle démissionnait pour se consacrer à temps plein à la photographie. «J'ai commencé à temps perdu, mais je ne faisais que ça de mes fins de semaine. Il faut investir au moins 25 à 30 heures par semaine pour réussir», raconte la photographe de Québec.

Celle qui compte maintenant 1,2 million de photos téléchargées a rapidement compris l'attrait des photos «à concept». «À mes débuts, il fallait que tout soit parfait et qu'on regarde la caméra directement. Maintenant, les modèles doivent être naturels, peu maquillés, comme ce qu'on voit sur Instagram ou Tumblr, explique-t-elle. On est tannés des gens à cravate!» Les mises en situation et les interactions entre les personnes sont particulièrement prisées. Pour le débutant, étudier les besoins du marché et trouver une niche est le meilleur gage de réussite, selon elle.

Cela dit, avant d’en arriver là, le processus est laborieux. «Le plus difficile est que nos premières photos soient acceptées, explique Noémie Forget, qui fait ses premiers pas dans le domaine. Il faut intégrer le bon titre, la description et les mots-clés en anglais. C'est ce qui fait que les gens trouvent la photo ou non».

Après deux ans à photographier son conjoint et ses amis, Lise Gagné a commencé à engager des mannequins, une dépense qui peut finir par coûter cher. Quand on sait qu’un mannequin québécois exigera entre 300 et 350$ pour une demi-journée de travail, il faut un fonds de roulement assez important...

C’est pourquoi Lise Gagné confine maintenant ses séances photo à ses voyages, dont ceux organisés par les banques d'images, comme à Istanbul. Sur 300 clichés, un ou deux succès peuvent rentabiliser l'investissement. «À Los Angeles, j'ai rencontré un homme qui promenait son chien sur un skate, raconte-t-elle. La photo m’a pris cinq minutes, mais elle a payé mon voyage.»

Payant, vraiment?

La concurrence est féroce et les redevances ont chuté pour se stabiliser autour de 20% du prix de vente des photos. Celles-ci sont vendues entre 5 et 12$ sur iStockphoto, et de 50 à 150$ sur Getty Images, selon la licence achetée par l’utilisateur. Une prime est versée aux collaborateurs exclusifs. «À temps partiel, c'est difficile de percer, concède Noémie Forget. Il ne faut pas avoir d'attentes immédiates. Avec un bon concept cependant, on peut faire beaucoup d'argent. Certaines photos sont téléchargées un million de fois!» Un amateur avec un portfolio de 100 à 200 photos de qualité peut s'attendre à gagner environ 500$ par mois, selon Lise Gagné.

Depuis trois ans, la photographe professionnelle a ralenti la cadence, grâce à un salaire dans les six chiffres par année. «Je ne veux pas avoir de clients derrière mon dos ou faire des mariages, affirme-t-elle. Ce que j'aime le plus de mon métier, c'est décider des photos que je veux faire.» Un luxe qu’elle a désormais les moyens de se payer...

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