La bébitte à cash


Édition de Octobre 2018

La bébitte à cash


Édition de Octobre 2018

[Photo : Martin Flamand]

Tripeux de musique, de vieux chars et économe ? Ça se peut.

Francis Malo a au moins sept vies et autant de comptes bancaires. Musicien, gérant d'artistes, coordonnateur d'expositions muséales, coach d'affaires : ce néo-hipster de 26 ans à l'épaisse barbe rousse gère sa vie professionnelle comme un portefeuille financier.

Diplômé de HEC Montréal en gestion des opérations et en management - et titulaire d'un DEC en guitare jazz -, il travaille quatre jours par semaine à coordonner les équipes de logistique et de marketing pour le compte de X3 Productions, une boîte de Montréal. Le reste de son temps est consacré à ses projets personnels : la maison de disques La Cabane, qu'il a fondée en 2014, son groupe rock Passe-moé la puck et Malo Stratégie, un service de coaching d'affaires. Ces trois «business» suffiraient à payer le loyer et les factures, dit-il, s'il n'avait pas autant de plaisir à aller au boulot.

«J'ai compris assez jeune que je n'allais pas réaliser 100 % de mes ambitions dans un seul job tout en gagnant de l'argent. Et avoir des entreprises, c'est plus le fun et plus rentable que d'attendre un bonus...»

Vaillant épargnant - «j'ai toujours été un gars de chiffres en même temps qu'un créatif», dit-il -, Francis Malo s'astreint à une discipline de fer en matière de gestion de ses finances. À chaque rentrée d'argent, il place au moins 10 % dans un compte voué à l'épargne retraite. Il répartit le reste dans sept autres comptes : voyages, réparations automobiles, soins de santé, épargne en vue de l'achat d'une maison, etc. «Je me donne un peu d'argent et le restant nourrit le bas de laine. Sinon, ça devient trop facile de dépenser.»

Évidemment, les placements sont étudiés afin de rapporter au maximum, généralement entre 6 % et 8 % par année, précise-t-il. Il s'est notamment constitué son propre portefeuille d'actions en prenant soin de limiter les frais de gestion au minimum. «Je sais exactement combien je veux détenir dans ce compte à 35 ans afin d'être à l'aise à la retraite».

En dépit d'un train de vie peu élevé, il est loin de mener une vie de moine : sa copine et lui voyagent deux fois par année et s'offrent régulièrement des sorties au resto. La voiture, «un modèle ben ordinaire», sert à s'évader de la ville. Devenir propriétaire ? Pfff ! Comme le prix de leur appartement du quartier Mile-End, à Montréal, est raisonnable, le loyer demeure l'option la plus avantageuse, explique le musicien. «Vu les prix qui n'ont pas de bon sens, si on veut rester dans un quartier agréable, acheter un condo équivaudrait à balancer l'argent par les fenêtres. Avec les mêmes montants, on fait deux fois le rendement en ce moment.»

Même chose pour la quinzaine de guitares qu'il collectionne depuis l'enfance ou le vieux camion Chevrolet 1981 - acheté à 14 ans -, les meilleurs placements qu'il a faits, assure-t-il. Mais ceux-là, pas question d'y toucher !

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