Des marges de crédit plus coûteuses

Publié le 21/03/2009 à 00:00, mis à jour le 08/10/2013 à 08:51

Des marges de crédit plus coûteuses

Publié le 21/03/2009 à 00:00, mis à jour le 08/10/2013 à 08:51

Par Dominique Froment

Bien que la Banque du Canada et la Réserve fédérale aient abaissé leur taux directeur à des niveaux records, des banques canadiennes ont récemment augmenté le taux d'intérêt appliqué aux marges de crédit personnelles. Qu'est-ce qui cloche ?


À cause de la crise des liquidités sur les marchés mondiaux, le crédit est plus rare et, par conséquent, plus coûteux pour les banques. Elles doivent donc trouver des moyens de maintenir leur rentabilité, comme augmenter les taux sur les marges de crédit.


Par exemple, la Banque Nationale a augmenté le taux sur toutes les marges de crédit, garanties ou non, le 3 décembre. Pour les bons clients, le taux correspond maintenant au taux préférentiel, plus 2 points de pourcentage.


TD Canada Trust fera passer le 30 avril son taux sur les marges de crédit non garanties (par un bien immobilier ou autres) de 3,50 à 4,40 %, en plus du taux préférentiel (il s'établit actuellement à 2,5 %).


BMO Banque de Montréal a fait passer son taux d'intérêt de 2 à 3 %, en plus du taux préférentiel de 2,5 %, sur les marges de crédit non garanties seulement.


Enfin, RBC Banque Royale augmentera aussi son taux d'au moins 0,5 point sur les marges de crédit non garanties, le 15 avril.


Certaines institutions font bande à part et n'ont pas augmenté leur taux sur les marges de crédit, dont le Mouvement Desjardins.


"Le moment serait mal choisi pour faire porter un fardeau supplémentaire à nos membres", explique la porte-parole Nathalie Genest.


Pour sa part, la Banque Laurentienne n'a pas encore pris de décision. La porte-parole Manon Stébenne précise cependant que "les coûts plus élevés du financement exercent de fortes pressions sur les marges bénéficiaires des banques".


Une hausse justifiée ?


La raison invoquée par les banques pour augmenter leur taux tient-elle la route ?


"Techniquement, oui", répond Daniel Paillé, professeur en finance et éthique à HEC Montréal. "Pour se financer, des banques ont émis des actions privilégiées, des débentures et des obligations à des taux de 8 ou 9 % pour un terme de 99 ans. En réalité, elles n'auront pas à payer ce taux pendant 99 ans parce qu'elles pourront exercer des options de rachat après quelques années. Mais ça fait tout de même du financement qui leur coûte cher, explique-t-il.


"Par contre, les gens continuent à déposer de l'argent dans leur compte d'épargne sur lequel les banques leur versent un taux d'intérêt pesque nul, ajoute M. Paillé. Ça, c'est du financement à prix d'aubaine."


Quelques façons de réduire le taux


Voici des conseils glanés auprès des banques pour réduire le taux d'intérêt sur votre marge de crédit.


> Garantissez votre marge de crédit par un bien immobilier ou autre.


> Avec une marge de crédit, vous n'avez pas à rembourser du capital chaque mois. Opter plutôt pour un prêt à terme, avec remboursement d'une partie du capital chaque mois, vous permettra de bénéficier d'un meilleur taux.


> Les taux hypothécaires sont bas; refinancer votre maison pourrait être avantageux, comme nous l'expliquons en pages 44 et 45.


> Informez-vous des taux offerts sur les prêts hypothécaires assortis d'une marge de crédit.


> Augmenter la limite de votre marge de crédit devrait en faire baisser le taux.


> Le taux de certaines marges de crédit peut être fixe pour des termes de 1 à 5 ans.


dominique.froment@transcontinental.ca


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