Changer de banque : un sport extrême?

Publié le 16/11/2015 à 10:00

Changer de banque : un sport extrême?

Publié le 16/11/2015 à 10:00

Par Philippe Jean Poirier

« Pour plusieurs, changer de banque est perçu comme quelque chose de complexe », concède Jean-François Guay, planificateur financier chez BMO. Ce n’est pourtant pas le casse-tête que l’on imagine. Et c’est un choix qui peut s’avérer payant.

Sébastien Charbonneau, propriétaire d’une maison à Sainte-Dorothée, n’a pas hésité à changer d’institution bancaire pour son prêt hypothécaire, et ce, même s’il devait ouvrir son contrat avant la fin du terme. « C’était plus avantageux pour moi, même en tenant compte de la pénalité… »

Outre l’obtention d’un meilleur taux d’intérêt, il y a plusieurs raisons de vouloir changer d’institution : suite à un déménagement, pour réduire ses frais de gestion, accéder à un conseiller financier plus présent ou obtenir de meilleurs services en ligne.

Voici donc les étapes à franchir pour changer d'adresse bancaire.

Une première rencontre

Bien qu’il soit possible d’aller en ligne pour ouvrir un compte, il est préférable de prendre rendez-vous avec un conseiller de l'institution financière qui effectuera les transactions pour vous, selon votre situation.

« En fait, on peut s’attendre à un minimum de deux rencontres, explique Jean-François Guay. Une première pour évaluer le profil du client, et une seconde pour engager le transfert de ses avoirs. »

Un transfert complet d’une institution à l’autre prend de 1 à 3 mois, estime le planificateur. On parle d’un mois du côté de Desjardins. En fait, il faut s’assurer d’avoir traversé un cycle complet de transactions avant de fermer le compte.

L’accompagnement offert

Jean-François Guay comprend tout à fait la crainte que suscite un changement d’institution : « Certaines personnes font affaire avec la même banque depuis toujours ! » Les chiffrent parlent d’eux-mêmes : 62 % des Québécois sont fidèles à leur institution depuis plus de 15 ans, selon un sondage d’Ernst & Young.

Sans doute est-ce pourquoi un accompagnement est offert au-delà des premières rencontres. BMO a un service de « Transfert éclair », où l’on communique avec les fournisseurs inscrits au prélèvement automatique. Desjardins aussi possède un service du genre, qui s’occupe entre autres du dépôt de vos payes.

Ce qui est transférable, ce qui ne l’est pas

L’ouverture d’un nouveau compte n’engage habituellement aucuns frais, et fait même l’objet de promotions dans certaines succursales. En créant un lien électronique entre ses comptes, on peut dès lors transférer son argent sans autres frais que ceux prévus pour un virement entre institutions.

« En ce qui concerne le prêt hypothécaire et les placements, il faut voir s’il existe des échéances », prévient Valérie Savaria, relationniste chez Desjardins. Dans certains cas, on pourra payer une pénalité ; dans d’autres, il faudra attendre la fin du terme.

Au-delà des modalités du placement, il existe également des frais de sortie rattachés aux types de placement. Le transfert d’un REER, d’un CELI ou d’un REEE peut occasionner des frais de 50 à 150 $, selon les institutions.

Les assurances vie sont quant à elles difficilement transférables.

Le cas de l’hypothèque

Le transfert d’une hypothèque demande une plus grande attention. « On doit passer à travers les étapes normales de financement », explique Jean-François Guay. Le conseiller doit soumettre le dossier de son client au crédit pour voir la meilleure offre qu’il peut obtenir.

« On reprend tout depuis le début », confirme Sébastien Charbonneau, qui se souvient être repassé devant le notaire pour faire officialiser son nouveau prêt hypothécaire.

Ne pas oublier de négocier

Quand on change d’institution, certaines choses se négocient plus facilement que d’autres. « Il ne faut pas s’attendre à payer moins de frais de gestion sur les fonds, prévient Jean-François Guay. Ce sont des coûts qui dépendent du volume de placement. Mais d’autres éléments peuvent être négociés, comme le remboursement des frais de sortie des REER. »

Sébastien Charbonneau, lui, n’a pu se faire rembourser la pénalité payée pour avoir ouvert son hypothèque. Il a toutefois récupéré les frais de notaire. Ce qui n’est pas rien, quand on sait que ces frais peuvent aller de 700 à 1 000 $ !

 


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