Les mauvaises raisons de souscrire une assurance vie

Publié le 21/09/2018 à 07:00

Les mauvaises raisons de souscrire une assurance vie

Publié le 21/09/2018 à 07:00

Par Institut québécois de planification financière

Il existe plusieurs bonnes raisons de souscrire une assurance vie, surtout pour la protection financière des personnes à charge. Mais attention! Certains arguments pour l'achat d'une police d'assurance vie ne font pas le poids.


1- Payer les impôts des REER au décès


Au décès, si le REER n'est pas transféré au conjoint, aux enfants ou aux petits-enfants, le défunt sera présumé avoir retiré la totalité du solde de son REER et ce montant sera imposable. Si le seul actif est le REER, une assurance vie serait-elle nécessaire pour payer les impôts?


Puisque les sommes dans le REER ont été retirées au décès, elles sont disponibles pour payer les impôts. Il n'est donc pas nécessaire de souscrire une assurance vie pour payer les impôts des REER au décès, particulièrement s'il n'y a pas d'autres actifs. Évidemment, la somme à payer pourrait être importante, mais si le défunt avait continué à vivre, il aurait dû payer ces impôts au fur et à mesure qu'il aurait retiré de son REER, de toute manière.


2- Abri fiscal sur les revenus de placement


Il est possible d'utiliser une police d'assurance vie pour investir, mais contrairement à certaines croyances, l'assurance vie n'est pas un abri fiscal au sens de la Loi de l'impôt sur le revenu. En effet, le titulaire de la police d'assurance vie n'a peut-être pas à payer tous les ans un impôt sur le revenu, mais la société d'assurance vie, elle, doit payer un impôt annuel de 15 % sur le revenu de placement, en plus d'une taxe sur la prime. Et la compagnie d'assurance ne fait pas de cadeaux, elle tient compte de ces impôts dans les frais administratifs qu'elle charge ou les inclue dans le montant de la prime. Si on compare " l'investissement " dans une police d'assurance vie à un placement non enregistré, au final on paie à peu près la même chose en impôts.


3- Enrichissement du patrimoine


C'est incontestable : si vous souscrivez une police d'assurance vie et que vous décédez peu après, votre patrimoine s'enrichira. Mais dans un contexte où l'espérance de vie ne cesse d'augmenter, il est plus probable que le " rendement " de votre assurance vie soit équivalent à un titre à revenu fixe. Par exemple, pour un homme de 45 ans, le rendement après impôts de sa police d'assurance vie serait d'environ 17 % s'il décède à 60 ans, alors que s'il décède à 91 ans, son rendement sera de seulement 2 %. Ainsi, ce n'est qu'au décès qu'on connaîtra le rendement d'une assurance vie, au même titre que le rendement futur des autres classes d'actif ne peut être connu que… dans le futur!


4- Le budget


Ce point n'est pas un argument habituellement utilisé pour vous vendre une police d'assurance vie, mais il s'agit d'un élément important à considérer lors de l'évaluation des différents produits avant d'arrêter votre choix. Si la prime annuelle d'un produit est trop élevée pour le budget, il vaudrait mieux opter pour un produit d'assurance temporaire, dont les primes sont moins chères.


Si vous n'arrivez plus à payer les primes et que le contrat tombe en déchéance, il est possible de demander la remise en vigueur du contrat. Mais avant tout, il faudrait absolument revoir votre budget pour déterminer si vous pouvez continuer à payer les primes.


5- Une assurance vie pour la retraite


Il s'agit ici d'emprunter la valeur de rachat accumulée dans la police d'assurance vie et de payer des intérêts tous les ans. L'emprunt pourra être remboursé avec l'argent reçu de l'assurance, au décès. Cette stratégie, généralement utilisée en dernier recours, dépend principalement du taux d'emprunt et de la valeur de rachat accumulée dans la police d'assurance au fil des années. Souscrire une police d'assurance vie pour financer la retraite pourrait avoir des conséquences financières et fiscales défavorables.


Avant même de considérer souscrire une assurance vie pour financer la retraite, vous devriez optimiser l'utilisation des régimes de retraite tels que le REER et le CELI et payer vos dettes.


David Truong, CIWM, Pl. Fin., M. Fisc.

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