Êtes-vous gagnant avec l'assurance de dommages?

Publié le 07/01/2022 à 10:45

Êtes-vous gagnant avec l'assurance de dommages?

Publié le 07/01/2022 à 10:45

Par Institut québécois de planification financière
Une image qui montre une famille entre bonnes mains.

Il existe plusieurs types de protection d’assurance pour gérer les risques qui menacent votre sécurité financière ou celle de votre famille. (Photo: 123RF)

EXPERT INVITÉ. Il existe plusieurs types de protection d’assurance pour gérer les risques qui menacent votre sécurité financière ou celle de votre famille. L’assurance de dommages sert à vous protéger contre des pertes ou dommages matériels à votre maison ou à votre auto, par exemple. Mais c’est un jeu à somme négative pour le consommateur et à somme positive pour l’assureur.

Dans un jeu à somme négative, en moyenne les consommateurs perdent de l’argent, le total des gains (ici les prestations versées par les assureurs) est inférieur aux pertes (les primes payées par les assurés). C’est l’assureur qui fait de l’argent, sinon il ferait faillite.

 

Le tableau suivant illustre l’assurance selon le point de vue de l’assureur et du consommateur :

  Assureur Consommateur
Prime Moins les taxes = un revenu Un coût, incluant les taxes
Prestation Un coût Un dédommagement financiers pour une perte subie
But de l'assurance Une source de profit Une protection contre les conséquences financières engendrées par un risque

 

Selon le Rapport annuel sur les institutions financières 2020 de l’AMF (tableau 42), pour la période allant de 2011 à 2020, une moyenne de 61,6 % des primes acquises par les assureurs de dommages (habitation, automobile, responsabilité, etc.) a servi à payer des prestations. À première vue, nous pourrions penser que pour chaque 100 $ payé en primes, 62 $ est retourné aux consommateurs.

Mais ce serait oublier les taxes, la part qui va au gouvernement. Bien que ni la TPS ni la TVQ ne s'appliquent aux primes d'assurance, celles-ci sont sujettes à une taxe de vente de 9 %, payée par le consommateur. Cette taxe ne fait pas partie du montant des primes acquises par l’assureur.

De plus, les assureurs incluent dans leurs prestations les frais de règlement (évaluation des sinistres, etc.). Donc au final, environ 50 % des primes payées (incluant les taxes) par les consommateurs leur sont retournées.

Alors, pourquoi souscrire une assurance de dommages? Comme pour tout type d’assurance, elles sont nécessaires lorsque vous ne pouvez pas assumer les conséquences financières d’un risque, par exemple l’incendie de votre maison, la perte totale de votre automobile ou une poursuite en responsabilité civile. Mais puisque c’est un jeu à somme négative, vous avez tout intérêt à bien gérer cet aspect de vos finances personnelles!

D’abord, vous pourriez éviter les franchises trop basses et ne pas faire de petites réclamations qui affectent votre dossier d’assuré. À titre d’exemple, supposons que votre assurance automobile vous coûte 1 000 $ par année, avec une franchise de 250 $, et qu’en augmentant votre franchise à 500 $, votre prime baisserait à 900 $, soit une économie de 100 $. Cette économie représente 40 % de la diminution de votre protection de 250 $ (l’écart entre les deux franchises). En épargnant ce montant de 100 $, il vous faudra 2,5 ans pour accumuler la valeur de la diminution de la franchise. Donc, à moins d’avoir une réclamation tous les 2,5 ans, vous êtes gagnant. Et on ne tient même pas compte du fait que si vous réclamez tous les 2,5 ans, votre prime va augmenter. Dans ce cas, le transport en commun serait peut-être une meilleure option pour vous!

Si vos franchises d’assurance sont basses, demandez à votre courtier combien seraient vos primes en augmentant vos franchises à 500 $ ou à 1 000 $, puis faites vos calculs.

Bien sûr, pour pouvoir se permettre des franchises plus élevées, il faut être prêt à les payer en cas de besoin. Avoir un fonds de résilience financière (aussi appelé fonds d’urgence ou fonds de prévoyance) adéquat vous permet non seulement d’augmenter le montant de vos franchises, mais aussi d’améliorer la qualité de votre sommeil et de refuser de souscrire des garanties prolongées (un jeu à somme très négative). Voici d’ailleurs ce qu’a écrit l’économiste Richard Thaler, lauréat du prix Nobel d’économie, à ce sujet dans son livre Nudge : la méthode douce pour inspirer la bonne décision :

« D’après nos, calculs, l’extension de garantie est un produit qui ne devrait tout simplement pas exister. Si les simples mortels réalisaient qu’ils payaient vingt dollars une assurance qui en vaut deux, ils ne la prendraient pas. »

 

Denis Preston, CPA, CGA, GPC, Pl. Fin.

 

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