Assurance maladie grave: une bonne idée pour les enfants?

Publié le 22/04/2016 à 10:37

Assurance maladie grave: une bonne idée pour les enfants?

Publié le 22/04/2016 à 10:37

Après les couches, les vêtements, les jouets, les frais de garde et le REEE, faudra-t-il acheter une assurance maladie grave pour les enfant?


Certains pensent que oui. D’autres en doutent.


«C’est de plus en plus populaire», affirme Nancy Elkas, directrice Prestations du vivant au Groupe financier Horizons, de Sherbrooke. Il faut dire que cette conseillère en sécurité financière est convaincue. Et convaincante…


«C’est un beau produit. Pour une prime de 16$ par mois, un parent peu assurer son enfant en cas de maladie grave pour 25 000 dollars», explique-t-elle.


Le capital assuré permet de compenser une perte de revenu si un des parents doit rester au chevet de l’enfant ou s’absenter du travail pour l’accompagner pour des traitements. Il pourrait aussi servir à faire face à de nouvelles dépenses, comme des traitements et des médicaments qui ne sont pas couverts par la RAMQ, ou les frais de déplacement si l’enfant touchée doit se faire soigner loin de la maison.


« Rien qu’une journée de stationnement à l’hôpital Sainte-Justine coûte presque 20 dollars, s’exclame Jean-François Castonguay, directeur régional des ventes de La Capitale. Sans assurance, le stress financier vient souvent s’ajouter à celui de la maladie et la qualité de vie de la famille se détériore. »


En bas de l’échelle des besoins


Encore peu répandues il y a encore 10 ans, ces assurances sont offertes par de plus en plus de compagnies d’assurance. Comme pour les assurances maladie grave pour adultes, le montant de la police est versé en une fois à partir de 30 jours après le diagnostic. Et, il est non imposable. Les produits pour enfants incluent évidemment des maladies infantiles, comme la fibrose kystique, l’autisme ou la cardiopathie congénitale. Le nombre de conditions inscrites au contrat peut varier d’une assurance à l’autre.


Plus jeune l’enfant est assuré, plus basse sera la prime, affirment les conseillers en sécurités financières, ces spécialistes de l’assurance de personne.


Denis Preston, planificateur financier à la retraite, enseignant à l’école des HEC, considère quant à lui ce type de produit comme la «cerise sur le sundae». «Avant d’acheter ce type de protection, les parents doivent être assurés en cas de décès et en cas d’invalidité, avoir contribué au REEE, à leur REER et au CELI», énumère-t-il.


Autrement dit, sur l’échelle des priorités, l’assurance maladie grave pour enfants se situe tout en bas.


«Les chances que votre enfant fasse des études postsecondaires sont grandes. Les risques qu’il attrape le cancer avant sa majorité sont infimes », rappelle Denis Preston.


En fait, le risque qu’une personne souffre du cancer avant l’âge de 19 ans tourne autour de 0,08%, selon les statistiques canadiennes sur le cancer.


 Remboursable ou pas?


Pour les parents qui en ont les moyens, il existe plusieurs options. L’une d’elles est d’inclure un avenant dans leur contrat d’assurance maladie grave à eux. «C’est le plus intéressant pour les parents qui ont plus de deux enfants. Pour le même prix, tous les enfants de la famille en bénéficient», explique Nancy Elkas. Le coût de l’avenant se situe entre 27$ et 40$.


Sinon, les parents peuvent choisir un contrat individuel pour chaque enfant. Dans ce cas, le moins cher consiste à opter pour une assurance non remboursable, qui couvrira l’enfant jusqu’à sa majorité. Pour moins d’une vingtaine de dollars par mois, il est possible de se procurer une assurance de ce type, avec une police de 25 000 ou de 50 000 dollars.


Plus dispendieuses, les assurances remboursables ont l’avantage de permettre de récupérer, au bout de 20 ans, la totalité des primes payées. En somme, c’est une épargne qui protège d’un risque au lieu de fructifier. « C’est sûr qu’en plaçant cet argent, on aurait des intérêts, mais on reste gagnant, car on est couvert en échange », indique Jean-François Castonguay.


Frédéric Houle est également un fervent partisan de ces polices remboursables : « à la vingtaine, l’enfant se retrouve avec plusieurs milliers de dollars qu’il peut utiliser pour ses études, pour acheter un véhicule ou pour se marier. » Comptez entre 45 et 50 dollars par mois pour une assurance remboursable de 50 000 dollars.


Denis Preston se montre moins enthousiaste. Il rappelle que ce type d’assurance ne doit pas être considéré comme une alternative au REEE pour financer les études. «Le REEE donne droit à des subventions gouvernementales de 20% en plus de fructifier à l’abri de l’impôt. L’assurance, au contraire, est taxée à 3,48% par Québec. C’est incomparable.»


Les parents peuvent par contre maintenir le contrat pour continuer de protéger l’enfant pendant toute sa vie sans qu’il ait à payer de primes une fois le délai des 20 ans écoulé. Le montant de l’assurance n’est pas ajusté à l’inflation, mais il est toujours possible de souscrire une assurance complémentaire pour augmenter la couverture.


Avant d’acheter une couverture supplémentaire, l’assuré devra d’abord avoir répondu au plus pressant : l’assurance vie, l’assurance en cas d’invalidité, son épargne retraite et l’épargne pour les études de ses propres enfants.


 

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